ToraX : Sources Antérieures et Annexes

Cette partie n’est qu’un rappel des connaissances, sources et références historiques et archéologiques connues à ce jour. Avant ces révisions, je propose deux rappels visant à ouvrir un peu nos esprits aux concepts de religion et de monothéisme.

Le plus ancien système religieux connu, provient du chamanisme.[1]Sa pratique est entendue près de 10000 ans avant l’ère actuelle.

La plus ancienne trace de monothéisme provient d’Égypte. Il s’agit du culte d’Aton[2], le disque solaire. Sous l’influence d’Amenhotep IV, rebaptisé Akhenaton et date du XIVe siècle AEC.


[1] Grand livre du chamanisme, origines, rites et coutumes, S. Chancel, éd. Exclusif, 2005.

[2] N. Grimal, Histoire de l’Égypte ancienne. Éd. Fayard 1995.

Sumer et Méditérannée antique.

Sumer[1] et civilisation sumérienne[2] se sont établies en Mésopotamie, région située entre le Tigre et l’Euphrate. Il s’agit de la région où se situe l’actuel Irak. Elle a prospérée du IVe au IIe millénaire avant l’ère courante. Ils développèrent le premier système d’écriture connu vers 3250AEC. En parallèle commenceront le développement des civilisations cananéennes et égyptiennes. Nombre de mythes sumériens ont été transposés dans le ‘houmash.


[1] S. N. Kramer, L’histoire commence à Sumer, Flammarion, coll. « Champs », 1993

[2] J.-L. Huot, Les Sumériens, entre le Tigre et l’Euphrate, Armand Colin, coll. « U », 1996

Moïse et le berceau : La légende de Sargon Ier d’Akkad.

Époque Langue Écriture Support Lieu Conservation
env. VIIe s. AEC araméen araméen parchemin Babylone British Museum

Le Roi Sargon d’Akkad[1], dont le règne est estimé aux alentours du XXIVe-XXIIIe s. AEC, unifia la Mésopotamie autour de la cité d’Akkad.

Extrait : « Ma mère était grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville natale est Azupiranu [« ville du safran » ?], sur les bords de l’Euphrate. Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et m’enfanta en secret. Elle me déposa dans une corbeille de roseaux, dont elle scella l’ouverture avec du bitume. Elle me lança sur le fleuve sans que je puisse m’échapper. Le fleuve me porta ; il m’emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d’eau. Aqqi le puiseur d’eau me retira [du fleuve] en plongeant son seau. Aqqi le puiseur d’eau m’adopta comme son fils et m’éleva. Aqqi le puiseur d’eau m’enseigna son métier de jardinier. Alors que j’étais jardinier la déesse Ištar se prit d’amour pour moi et ainsi j’ai exercé la royauté pendant cinquante-six ans. »[2]

Sargon d’origine modeste, aurait été avant son ascension au trône suite à un coup d’état, grand échanson de la maison royale. Un grand échanson fut compagnon de cellule de Joseph, avant qu’il ne devienne vice-roi d’Égypte.[3]


[1] R. Drews, “Sargon, Cyrus and Mesopotamian Folk History”, Journal of Near-Eastern Studies n° 33 (1974), p. 387–393

[2] D. L. Lewis, The Sargon Legend, Cambridge University Press, Cambridge (Mass.), 1978

[3] Gn41.

Romulus et Rémus 

Époque Langue Écriture Support Lieu Conservation
VIIIe s. AEC latin latin parchemin Rome British Museum

La légende de la fondation de Rome, s’appuie sur le conte de « Romulus et Rémus » [1], jetés à l’eau dans un panier flottant et recueillis par une louve.

Analogies reprises ultérieurement par les rédacteurs du pentateuque :

Enfant livré au fleuve dans un panier flottant, recueilli par une lignée royale, conditionnant son destin de leader.


[1] Tite-Live, Histoire romaine. De la fondation de Rome à l’invasion gauloise, (traduction Annette Flobert) Garnier-Flammarion, Paris, 1995.

Création du monde : Enuma Elish.

Époque Langue Écriture Support Lieu Conservation
env. XXIIe s. AEC akkadien cunéiforme tablette d’argile Mésopotamie British Museum

Étymologie : Enuma Elish – nom babylonien – « Lorsqu’en haut»

Décrit par 7 tablettes d’argile de la création[1], découvertes au XIXe s. dans les décombres de ce que fut la bibliothèque d’Assurbanipal de l’ancienne Ninive, proche de Mossoul de l’actuel Irak. Leur composition est estimée au XIIe s. AEC.

Résumé[2] : Au commencement des temps, seul un volume indistinct d’eaux originelles constitue l’univers. L’eau douce est Apsu. L’eau salée est Tiamat : « la mer primordiale ». Ces deux essences génèrent d’autres êtres supérieurs. La lignée tierce irritera Apsu de par son attitude perturbatrice et bruyante, qui appuyé par un de ses conseillers Mummu, décrète leur annihilation. Un des futurs condamné de la lignée tierce, Ea, a vent du décret. Il réussira à endormir profondément Apsu avant de le tuer et séquestrera Mummu. Victorieux, Ea engendrera Marduk, supérieur à ses congénères de manière innée. Le collège des êtres supérieurs en effervescence et inquiet, encourage la vindicte de Tiamat épouse d’Apsu assassiné. La génération rebelle doit être éradiquée grâce à une troupe de créatures monstrueuses crées par Tiamat et commandé par Kingu. Marduk acceptera de mener le combat en échange de la régence des êtres supérieurs. A l’instar de son père Ea, jadis victorieux, Marduk terrasse Tiamat. C’est partir du cadavre de Tiamat fendu en deux comme un poisson, qu’il formera les cieux, la terre et ce qu’elle contient dont montagnes et fleuves dont le Tigre et l’Euphrate, puis les astres, dont la lune qui règlera le mois et le soleil qui règlera le jour. Le sang de Kingu sous la supervision de Nintu « Maîtresse de la Naissance », mélangé à de l’argile produisit l’homme. La tour d’Esagil fut bâtie pour servir de demeure à Marduk.

Analogies reprises ultérieurement par les rédacteurs du pentateuque :

Création du monde. Séparation des « Eaux ». Formation de l’homme à partir d’argile. Début de l’histoire en Mésopotamie autour du Tigre et de l’Euphrate. La tour de Babel.


[1] The Enuma Elish, The Seven Tablets of Creation, L.W. King  [1902], éd. Kindle pub. Evinity Publishing Inc, 2009.

[2] J. Bottéro et S.N. Kramer, Lorsque les dieux faisaient l’homme, Gallimard, 1989.

La tour de Babel : Esagil

Passage évoqué dans l’Enuma Elish.

Temple principal du dieu Marduk construit dans le secteur consacré de Babylone. Il s’agissait d’une ziggourat, tour en paliers. Esagil signifie « temple au pinacle surélevé ». On trouve sa trace dans la légende de « Enuma Elish » de la création du monde. Elle fut bâtie par les anciens êtres supérieurs, les annunaki, vaincus par Marduk : « les annunaki édifièrent un sanctuaire et ils élevèrent le sommet de l’Esagil, et après avoir une tour à degrés ils établirent en elle une nouvelle demeure pour Marduk. »

Analogies reprises ultérieurement par les rédacteurs du pentateuque :

La tour de Babel.

Jardin d’Éden : Enki et Ninhursag et L’épopée de Gilgamesh

Époque Langue Écriture Support Lieu Conservation
env. XXe s. AEC akkadien cunéiforme tablette d’argile Mésopotamie musée du Louvre

Résumé[1] : Enki créa un paradis agricole irrigué et paisible en Dilmun. Il s’unit à Ninhursag qui donne naissance après neufs jours/mois à Ninnisi. Après avoir conversé avec son confident Isimud, il s’unit à Ninnisi qui conçu Ninkura. Selon le même mode opératoire Enki s’unit à Ninkura qui enfanta Ninimma qui enfanta Uttu avec qui Enki s’unit contre son gré après avoir mis en place un stratagème pour l’approcher du fait qu’elle ait été avertie des us d’Enki par Nintur. Ninhursag extraira la semence d’Enki du ventre d’Uttu et en fit 8 plantes qu’elle planta dans le jardin. Voyant cela Enki curieux, assisté par son messager Isimud, gouta aux plantes. Ninhursag maudit Enki. Un renard se présente face à Enlil père d’Enki et négocie une récompense pour réussir à amener Ninhursag devant lui. Enlil promet de planter deux Arbres et de faire vénérer le renard. Après un entretien avec Ninhursag s’unit à nouveau à Enki, après lui avoir accordé la vie. Concernant 8 maladies dont fut frappé Enki, Ninhursag les extirpa en créant Abu/Abulu/Absham du crâne, Ninsikila/Nintulla des cheveux, Ningiriu/Ningiriutud/Ninkautu/Ninsutu du nez/visage, Ninkasi de la bouche, Nazi de la gorge/sexe, Azimua/Dazima du bras, Ninti/Nintil des côtes, Ensag/Enshagme des flancs/intelligence. Chaque progéniture se verra affecter une tâche Absham : Maître des plantes ; Ninsikila : Seigneur de Magan ; Ningiriu : épouse de Ninasu/Ninzu le médecin suprême ; Ninkasi : possession des cœurs ; Nazi, Maîtresse du tissage épouse de Nindara/Umundara ; Azimua : épouse Ningeszida/Ningishzida ; Ninti : Maîtresse des mois « itis » ; Ensag : seigneur de Dilmun.

Analogies reprises ultérieurement par les rédacteurs du pentateuque :

Extraction costale permettant la vie. Jardin d’Éden. Couple primordial. Procréation incestueuse.


[1] Le Mensonge universel (Enki & Ninhursag), Pierre Jovanovic, éditions Le Jardin des Livres, Paris, 2007.

L’épopée de Gilgamesh :

Époque Langue Écriture Support Lieu Conservation
env. XXe s. AEC akkadien cunéiforme tablette d’argile Mésopotamie British Museum

Résumé[1] : Gilgamesh monarque régnant en Uruk est dénoncé aussi prestigieux qu’intransigeant. Les êtres supérieurs décidèrent de lui opposer un alter-ego décrit comme preux, Enkidu, qu’Aruru façonne dans la steppe à l’image d’Anu à partir d’argile. Après divers détours Enkidu rencontre et affronte Gilgamesh. Ex aequo à l’issue de l’affrontement, ils se rendront hommage et se lieront d’amitié. De cette amitié suivra des expéditions épiques telles que les victoires sur le géant Humbaba de la forêt de cèdres et sur le taureau céleste envoyé par Anu. En représailles, Enkidu sera emporté par la maladie selon la volonté d’Enlil. Gilgamesh s’élancera alors à la recherche d’un moyen d’immortalité auprès d’Utanapishtim, rendu immortel pour son rôle dans le déluge. Après qu’Utanapishtim ait conté à Gilgamesh le récit du déluge il lui indique où trouver la plante de Jouvence, qui lui sera dérobée par un serpent alors qu’il se baignait.

Analogies reprises ultérieurement par les rédacteurs du pentateuque :

Jardin d’Éden. Plante associée à l’immortalité. Serpent.


[1] J. Bottéro, L’Épopée de Gilgameš, le grand homme qui ne voulait pas mourir, Gallimard, coll. « L’aube des peuples », 1992 et L’Épopée de Gilgamesh : texte établi d’après les fragments sumériens, babyloniens, assyriens, hittites et hourites. – Traduit de l’arabe et adapté par A. Azrié. – Paris : Berg International, 2001.

Les lois toraïques : Le Code d’Hammourabi.

Époque Langue Écriture Support Lieu Support
XVIIIe s. AEC akkadien cunéiforme stèle de basalte Mésopotamie antique musée du Louvre

Le Code de Hammourabi[1] est un texte de loi des plus anciens connus, composé sous l’impulsion du roi babylonien qui lui donna son nom vers 1750 AEC, soit 5 siècles avant le prétendu don de la Torah.  De nombreux articles du code d’Hammourabi ont été transposés dans le pentateuque tant dans leur fond et/ou leur forme. Indépendamment des variantes au sujet des peines encourues ou des amendes, les thèmes sont identiques.

Quelques extraits :

§ 117 : Si une dette a contracté (sic) un homme, et s’il a donné pour de l’argent ses femmes, fils, fille et les a livrés à la sujétion, durant trois ans ils serviront dans la maison de leur acheteur et coacteur, dans la quatrième année, il les remettra en liberté.

§ 153 : Si l’épouse d’un homme, en vue d’un autre mâle, a fait tuer son mari, on mettra cette femme à la potence.

§ 154 : Si un homme a eu commerce avec sa fille, on chassera cet homme du lieu.

§ 157 : Si un homme a dormi après son père, dans le sein de sa mère, on les brûlera tous deux.

§ 196 : Si un homme a crevé l’œil d’un homme libre, on lui crèvera un œil.

§ 197 : S’il a brisé un membre d’un homme libre, on lui brisera un membre.

§ 200 : Si un homme a fait tomber les dents d’un homme de même condition que lui, on fera tomber ses dents.

§ 206 : Si un homme a frappé un autre homme dans une dispute, et lui a causé une plaie, cet homme, jurera : “ je ne l’ai pas fait sciemment ”, et il payera le médecin.

§ 209 : Si un homme a frappé une fille d’homme libre et a fait tomber son intérieur (avorter), il payera, pour son fruit, dix sicles d’argent.

§ 251 : Si le bœuf d’un homme, a frappé (souvent) de la corne, lui a fait connaître son vice et s’il n’a pas rogné ses cornes ni entravé son bœuf, si ce bœuf a poussé de la corne un fils d’homme libre et l’a tué, il payera une demi-mine d’argent.

Analogies reprises ultérieurement par les rédacteurs du pentateuque :

Sexualité. Esclavage. Talion.


[1] A. Finet, Le Code de Hammurabi, Paris, 2002, et  B. André-Salvini, Le Code de Hammurabi, Paris, 2004

Création de l’homme et Déluge : L’Épopée d’Atrahasis.

Étymologie : Atrahasis[1] – nom akkadien « ḫaṭṭu ḫasīsu »-« le sceptre de l’ingéniosité »

Associations dérivées : Utanapishtim dans l’épopée de Gilgamesh, Noa’h dans le Tanakh, Noé dans l’Ancien testament, Nûh dans le Coran.

Époque Langue Écriture Support Lieu Vestige
XVIIIe s. AEC akkadien cunéiforme tablettes d’argiles Mésopotamie British Museum

Résumé [2]: Les êtres supérieurs disposaient d’une hiérarchie bien définie. La caste supérieure étaient dénommés « Annunaki ». Leurs subalternes « Igigi ». Ces derniers estimant leur assujettissement inéquitable, se refusèrent de travailler en allant jusqu’à briser leurs outils afin de forcer la mise en place d’une solution. Alors risquant d’être affamée, la caste supérieure se réunit. Le régent de la caste supérieure « Enlil » voulu éradiquer ses subalternes. Le frère du régent « Ea » argumentant que cela obligerait les dominants à se mettre à la tâche du fait de la disparition de leurs ouvriers envisagea de créer une espèce de troisième rang à la solde des deux autres. Il fut unanimement décidé de créer l’homme à l’image des êtres supérieurs en les limitant leurs pouvoirs, en particulier en les créant mortels. La vocation de cette nouvelle espèce inférieure sera de pourvoir aux besoins des supérieurs via la mise en place de sacrifices. C’est à partir d’argile, du sang de We-ilu et du crachat de Ninmah que l’homme fut formé. La paix retrouvée au sein des castes supérieures, celle-ci notèrent toutefois que leur nouvelle création certes, efficace, était toutefois bruyante et de surcroit pullulante. Dans le but de moduler le vacarme et la démographie humaine galopante, le régent Enlil conduit un génocide partiel grâce à la combinaison de famines et de pandémies. Son frère Ea, instigateur de la création de l’homme, se positionnant en protecteur, prévenait les hommes par l’intermédiaire d’un d’entre eux : Atrahasis dit « l’éminemment sage ». Enlil, à bout de nerfs, décida de l’exécution d’un déluge : « La rumeur des humains est devenue trop forte. A cause de leur tapage continuel je n’arrive plus à dormir. Nous leur avons déjà envoyé maladies, fièvres, épidémies et pestilences pour les décimer, mais très vite ils se sont à nouveau multipliés. Nous leur avons envoyé sécheresse, famines et autres fléaux sans plus de résultat. A chaque fois d’ailleurs, ENKI le prince les a aidés à s’en sortir. Maintenant il faut en finir une fois pour toute et envoyer sur les hommes le Déluge afin qu’il n’en reste pas un. ». Parallèlement, il privera Ea de contact avec les hommes. Ce dernier désapprouve : « J’ai créé l’homme dans l’intérêt des dieux, ne me demandez pas d’approuver un tel cataclysme. Comment pourrais-je porter la main sur mes créatures ! » Il communiqua donc avec son intermédiaire Atrahasis à l’aide de songes afin de l’avertir de l’imminence du déluge.  Pour cette raison, il lui commanda de fabriquer une arche de bois étanchéifiée au bitume, dans laquelle il recueillait l’ensemble des espèces terrestres destinées au repeuplement : « ATRAHASIS, jette à bas ta maison, détourne-toi de tes biens pour te sauver la vie. Construit un grand bateau selon l’épure que j’ai tracée sur le sol. Cette embarcation aura forme équilatérale de 60 mètres de côté. Le bateau sera entièrement clos et toituré solidement. Que son calfatage soit épais et résistant. Tu appelleras ton vaisseau Sauve -Vie. Après y avoir chargé ton froment, tes biens, tes richesses, embarques-y ta femme, ta famille, ta parenté et tes ouvriers ainsi que des animaux sauvages, grands et petits, et des oiseaux du ciel » Dès l’arche chargée et verrouillée, le déluge s’abattit durant 6 jours et 7 nuits. La libération des vannes du ciel fut confiée à Nergal, la submergation des barrages célestes fut confié à Ninurta, la diffusion d’un « silence de la mort » mutant toute lumière en ténèbres, fut confié à Adad. Le déluge recouvrit toute la terre au-dessus des montagnes autant que cette même terre fut entièrement enflammée par les Annunaki. Horrifiés par l’ampleur du désastre, ils vinrent eux-mêmes, à se réfugier au ciel d’Anu. Après 7 jours de cataclysme, l’arche s’échoua sur les pentes de la montagne Nishir. C’est seulement dix jours plus tard que Atrahasis reprenant conscience, libéra une colombe, puis une hirondelle puis un corbeau qui contrairement aux deux premières, ne revint pas, ayant trouvé une assise sèche. Atrahasis libéra les espèces réfugiées dans l’arche tous azimuts. Il produit ensuite une offrande sacrificielle composée de nourriture et de boisson répartie dans sept vases consacrés, ainsi que d’un encens composé de myrte, de cèdre et de cymbe. Les êtres supérieurs apprécièrent particulièrement l’odeur qu’ils trouvèrent agréable. Le régent des êtres supérieurs, en dépit de l’échec de son plan de destruction totale, finit par comprendre le bien fondé de se sauvetage et n’en tint pas rigueur ni à Ea ni à Atrahasis. L’élimination de l’homme aurait en effet ramené les êtres supérieurs », à la case départ, dépourvus de main d’œuvre. Après avoir obtenu d’Ea la dissémination d’affections limitantes pour l’homme telles que maladie ou stérilité, Enlil rétribua Atrahasis du don de l’immortalité en lui permettant de vivre au coté d’Ea, dans le jardin de Dilmun placé à l’endroit où jaillissent les grands fleuves.

Analogies reprises ultérieurement par les rédacteurs du pentateuque :

Décret divin d’annihilation de l’homme pour sa conduite. Désignation d’un émissaire humain destiné au sauvetage. Arche « boîte » de sauvetage. Sauvetage des espèces. Sacrifices agréables aux divinités. Jardin/Paradis.


[1] A.T. Clay, P. Tice : Atrahasis: An Ancient Hebrew Deluge Story, Book Tree, 2003.

[2] J. Bottéro et S.N. Kramer, Lorsque les Dieux faisaient l’Homme, Paris, Gallimard – Bibliothèque des histoires, 1989.

Évènement majeur ayant influé sur le mythe du déluge : l’éruption minoenne

On entend par éruption minoenne, l’explosion du volcan de l’île de Santorin, qui hébergeait à l’époque une partie de la civilisation d’origine crétoise constituée par le roi Minos. Cet évènement est estimé avoir eu lieu aux environs des XVIe-XVe s. AEC.

Les conséquences reportées, outre la dislocation de l’île de Santorin et la constitution d’une caldera, sont nombreuses.[1]

D’un point de vue descriptif pur, il est possible d’extraire d’un tel évènement cataclysmique un certains nombre de manifestations observables. De ces dernières, il est fort simple d’extrapoler les interprétations d’observateurs antiques, empreints de mythologie, du pourtour méditerranéen du XVIe s. AEC.

  • Tremblements, grondements, vibrations.
  • Fumées, nuées, nuages de cendres obscurcissant le ciel.
  • Éclairs au sein de la masse de cendres, ou entre cette dernière et d’autres masses nuageuses avoisinantes.
  • Colonnes de feu, projection de magma, chute d’une « grêle incendiaire ».
  • Émulsion de limons (rouges) dans les cours d’eau.
  • Exode massif d’espèces animales, insectes, batraciens, carnassiers…
  • Raz-de-marée balayant le littoral, toujours précédé d’un retrait des eaux exposant le sol marin sur une distance et pendant un temps significatifs.

Colportés à travers les siècles, transformés et réattribués de manière sélective et enjolivée, ce genre de manifestation n’aura pu qu’inspirer des auteurs fantastiques de tous bords. Ceci, tout en leur permettant l’affirmation, plus ou moins honnête, que de tels évènements se sont produits, témoins oculaires à l’appui. Le réarrangement, au gré des auteurs, n’en sera que plus crédible.

Mythe du déluge : variantes.

Le déluge est un thème récurrent qu’on pourrait quasiment qualifier d’universel. On peut en citer quelques-uns des plus célèbres, ce thème ayant été abordé par tant de récits, la compilation intégrale des différents déluges recensés constitueraient un ouvrage consistant.

Version grecque

Le déluge de Deucalion[2] : Voyant les hommes sombrer dans la cupidité et la luxure tout en négligeant leur culte au dieux, Zeus décrète leur anéantissement en guise de punition. Le moyen choisi sera un déluge et le résultat la destruction de toute trace d’humanité et de civilisation hormis Deucalion et sa femme Pyrrha. La barque s’échoua après qu’il eut cessé de pleuvoir au sommet du Parnasse où Zeus les épargna, leur confiant le soin de repeupler la terre en projetant des cailloux sur leurs arrières.         

Version maya

Popol Vuh[3] : L’humanité aura vu se succéder trois races distinctes. La première constituée d’hommes de glaise. La seconde d’hommes de bois. La dernière dont l’humanité descend, d’homme de paille. A l’époque ou la seconde race sombra dans l’impiété. Après que le ciel se soit obscurcit suivant une averse de feu, une pluie ténébreuse s’abattit sur terre. Dans le même temps animaux, arbres, pierres ainsi qu’objets inanimés, tous emprunts à la révolte privèrent les hommes de tout refuge, le vouant à l’anéantissement.

Version indienne

            Shatapatha Brâhmana[4] : Un poisson doté de la parole annonce à Manou la survenu d’un déluge duquel il viendra le sauver.


[1] D.M.Pyle, « The global impact of the Minoan eruption of Santorini, Greece », Environmental Geology, 30, 1-2, 1997, pp. 59-61.         

[2] Les Métamorphoses, Ovide, Traduction : Danièle Robert, éd. Actes Sud, 2001.

[3] Pop Wuh, Paris, Gallimard, collection “A l’aube des peuples”, 1990 et Pierre Desruisseaux et Daisy Amaya, Pop Wooh : Popol Vuh, le Livre du Temps, Histoire Sacrée des Mayas Quichés, Le Castor astral, 1985.

[4] ShatapathaBrâhmana (1-8-1) (cf. Mythes et Légendes extraits des Brâhmanas, trad. J. Varenne, Paris, 1967, p. 37-38).

De ce Gan sumérien est issu plus tard le “Gannatu” Akkadien (le parc) sumérien dans le terme “Edinu” (la plaine, la campagne).L’Éden sumérien se nomme “Nidduki”, équivalent de “dilmun” en akkadien.

« S’il n’y a pas eu de patriarches, ni d’Exode, ni de conquête de Canaan – ni de monarchie unifiée et prospère sous David et Salomon -, devons-nous en conclure que l’Israël biblique tel que nous le décrivent les cinq livres de Moïse, et les livres de Josué, des Juges et de Samuel, n’a jamais existé? »

Israël Finkelstein, (directeur de l’Institut d’archéologie de Tel-Aviv) auteur de “La Bible dévoilée”.


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