Torax : Les Versets Diaboliques – Le Deutéronome

Introduction

Moïse raconte… c’est ainsi que devrait être nommé le dernier volet du ‘houmash. Le texte présente Moîse s’exprimant à la première personne qui relate les évènements déjà racontés dans l’exode. Bien évidement, l’auteur aura ici beaucoup de mal à éviter des discordances lourdes de sens. Cette partie du texte à manifestement été rédigée pour faire adhérer des idiots ou des croyants à des évènements prétendus réels et passés. C’est là que la supercherie dévoile son essence.

Les premiers versets évoquent de quoi il s’agit.

« Ce sont là les paroles que Moïse adressa à tout Israël en deçà du Jourdain, dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Pharan et Tofel, Labân, Hacéroth et Di-Zahab. Il y a onze journées depuis le Horeb, en passant par le mont Séir, jusqu’à Kadêch-Barnéa. Or, ce fut dans la quarantième année, le onzième mois, le premier jour du mois, que Moïse redit aux enfants d’Israël tout ce que l’Éternel lui avait ordonné à leur égard. Après avoir défait Sihon, roi des Amorréens, qui résidait à Hesbon, et Og, roi du Basan, qui résidait à Astaroth et à Edréi ; en deçà du Jourdain, dans le pays de Moab, Moïse se mit en devoir d’exposer cette doctrine, et il dit… »TO.

Nous serions donc en l’an 40, le mois 11 et le jour 1, d’un référentiel non précisé. On doit supposer que l’auteur évoque l’errance réparatrice de 40 ans décrétée par Yehvah afin d’éliminer les craintifs de la première génération sortie d’Égypte (Nb14.30-33) alors qu’ils se trouvaient dans le désert de Paran, à Kadêch(Nb13.26), donc 39 ans, 11 mois et 1 jour après. Le texte précise qu’après le départ du Sinaï, le peuple arriva dans le désert de Paran, à 2 ans, 2 mois et 20 jours de l’exode. Auront suivi les évènements relatifs aux plaintes pour de la viande et à la fourniture de celle-ci(11..), Les plaintes de Myriam et d’Aaron et les 7 jours de quarantaine de Myriam(12..), l’exploration de Canaan durant 40 jours (Nb13..). Nous devons donc ajouter au moins 47 jours aux 2 ans, 2 mois, 20 jours écoulés depuis la sortie de Goshen, ce qui nous donne 2 ans, 5 mois et 3 jours. Si nous majorons de jours supplémentaires correspondant aux évènements sans durée précise spécifiés, survenus entre temps, on peut avancer que le décret de 40 ans d’errance à été prononcé au moins 2 ans et demi après la sortie de Goshen. Au total l’errance devra être de 42 ans et demi au moins. De ce fait, au moment du récit que nous traitons, il restera encore un peu plus de 2 ans et demi d’errance pour les Israélites, à ce point.

Le texte est d’autant plus clair sur la teneur du propos : 1.6, « L’Éternel notre Dieu nous avait parlé au Horeb en ces termes… »TO

Moïse propose donc de citer la parole de Yehvah. Ainsi, on doit s’attendre à une transposition exacte des propos dits divins et à une exactitude et une précision des faits sans défaut.

Afin d’examiner avec clarté et concision les divergences entre l’histoire telle qu’elle est rapporté et le récit initial des évènements, nous userons du terme « rédante » pour signifier ce qu’énonce le texte initial et la rédaction antérieure et le terme « nouverse » pour signaler la nouvelle version remaniée. Nous affecterons à « Rédante » le sigle ◖, et à « Nouverse » le sigle ◐.

Si la pertinence signalétique est ici contestable tant on pourrait se demander ce que des sigles d’almanach viendrait y faire, que l’on sache que je ne souhaite en rien soutirer à Cyrano ne serait-ce qu’un soupçon de son affection pour l’astre à brillance vespérale. Je ne cherche quàà symboliser non pas lumière sortie de l’ombre ni éclaircissement d’un sujet issu des mystères d’une face cachée. Je n’aspire plus que simplement à n’exprimer que même sur l’obscurantisme on peut prétendre à des éclairages qui plutôt qu’éclairants assombrissent d’autant plus le sens et l’essence de ce qu’ils prétendaient mettre en lumière.

Dt1.6-8 – Ordre de départ du Sinaï.

◐ Dt1.6-8 ◖ Ex.33.1-2
« Assez longtemps vous avez demeuré dans cette montagne. Partez, poursuivez votre marche, dirigez-vous vers les monts amorréens et les contrées voisines, vers la plaine, la montagne, la vallée, la région méridionale, les côtes de la mer, le pays des Cananéens et le Liban, jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate. Voyez, je vous livre ce pays ! Allez prendre possession du pays que l’Éternel a juré à vos pères, Abraham, Isaac et Jacob, de donner à eux et à leur postérité après eux. »TO « Va, pars d’ici avec le peuple que tu as conduit hors du pays d’Égypte et allez au pays que j’ai promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob, disant : ‘Je le donnerai à votre postérité.’ J’enverrai devant toi un ange, par lequel j’expulserai le Cananéen, l’Amorréen, le Héthéen, le Phérézéen, le Hévéen et le Jébuséen. » TO
     

Dt1.9-18 – Désignations d’une hiérarchie dirigeante.

◐ Dt1.9-18

[1] « Dans ce temps-là, je vous parlai ainsi : “Je ne puis assumer, moi seul, votre charge. L’Éternel, votre Dieu, vous a fait multiplier, et vous voilà, aujourd’hui, nombreux comme les étoiles du ciel. Veuille l’Éternel, Dieu de vos pères, vous rendre mille fois plus nombreux encore et vous bénir comme il vous l’a promis ! Comment donc supporterais-je seul votre labeur, et votre fardeau, et vos contestations ! [1’] Choisissez parmi vous, dans vos tribus, des hommes sages, judicieux et éprouvés ; je les établirai vos chefs.” Et je désignai les principaux de vos tribus, hommes sages et éprouvés, et je vous les donnai pour chefs, soit [1’’] commandants de chiliades, de centuries, de cinquantaines et de dizaines, soit commissaires de vos tribus. Je donnai alors à vos juges les instructions suivantes : “Ecoutez également tous vos frères et prononcez équitablement, entre chacun et son frère, entre chacun et l’étranger. Ne faites point, en justice, acception de personnes ; donnez audience au petit comme au grand, ne craignez qui que ce soit, car la justice est à Dieu! Que si une affaire est trop difficile pour vous, déférez-la moi et j’en prendrai connaissance.” Et je vous prescrivis, dans ce même temps, tout ce que vous aviez à observer.»TO

◖Ex.18.17-26

[1] « Le beau-père de Moïse lui répliqua : “Le procédé que tu emploies n’est pas bon. Tu succomberas certainement et toi-même et ce peuple qui t’entoure; car la tâche est trop lourde pour toi, tu ne saurais l’accomplir seul. Or, écoute ma voix, ce que je veux te conseiller et que Dieu te soit en aide! Représente, toi seul, le peuple vis-à-vis de Dieu, en exposant les litiges au Seigneur ; notifie-leur également les lois et les doctrines, instruis-les de la voie qu’ils ont à suivre et de la conduite qu’ils doivent tenir. [1’] Mais, de ton côté, choisis entre tout le peuple des hommes éminents, craignant Dieu, amis de la vérité, ennemis du lucre et place-les à leur tête comme [1’’]  chiliarques, centurions, cinquanteniers et décurions. Ils jugeront le peuple en permanence ; et alors, toute affaire grave ils te la soumettront, tandis qu’ils décideront eux-mêmes les questions peu importantes. Ils te soulageront ainsi en partageant ton fardeau. Si tu adoptes cette conduite, Dieu te donnera ses ordres et tu pourras suffire à l’œuvre ; et de son côté, tout ce peuple se rendra tranquillement où il doit se rendre. Moïse écouta l’avis de son beau-père et effectua tout ce qu’il avait dit. Ils jugeaient le peuple en permanence ; les cas difficiles, ils les rapportaient à Moïse et les causes simples, ils les décidaient eux-mêmes. “» TO

Discordance de style narratif

On ne trouve pas de trace d’ordres verbaux de Moïse dans la rédante alors qu’il les cite comme prononcées dans la nouverse.

Discordance chronologique

Moïse cite cet évènement après le départ du Sinaï dans la nouverse (supra Deutéronome 1.6-8), soit, une fois la loi dont les dix commandements livrés sur table. Dans la rédante, l’évènement s’est produit avant l’énonciation des dix commandements (Exode 18.17-26). Le départ du Sinaï est signalé bien après l’Exode (Nombres 10.11). [1] – ◐ : Moïse prétend que l’idée et la décision de nommer une hiérarchie judicaire émane de lui. / ◖ : C’est son beau-père Jethro qui lui suggère. [1’] – ◐ : Moïse déclare nommer de lui-même et d’emblée les dirigeants. ◖ : Il déclare avoir proposé au peuple de choisir pour immédiatement après, signaler qu’il les a désigné de lui-même. [1’’] – Les hiérarchies ne correspondent pas. Les commissaires font ici leur apparition alors qu’ils n’étaient pas évoqués dans la rédante. ◐ : « …commandants de chiliades, de centuries, de cinquantaines et de dizaines… commissaires. »TO / ◖ : « …chiliarques, centurions, cinquanteniers et décurions. »TO

Dt1.19 – Départ du Horeb : maquillage traductionnel.

וַנִּסַּע מֵחֹרֵב, וַנֵּלֶךְ אֵת כָּל-הַמִּדְבָּר הַגָּדוֹל וְהַנּוֹרָא הַהוּא אֲשֶׁר רְאִיתֶם.

« Nous partîmes du Horeb, nous traversâmes tout ce long et redoutable désert que vous savez(⚠)… »TO

⚠ « …vous savez… » est une exécrable traduction pour רְאִיתֶם – rayitem, qui ne signifie rien d’autre que « vous avez vu ». Au-delà du galvaudage traductionnel, le narrateur tenterait-il de convaincre ? « … vous avez vu ! Vous vous souvenez ? ». Ce qui pose un petit problème du fait que la partie du peuple qui aurait pu voir quoique ce soit à été exterminée dans le désert pendant 40 ans. Toutefois d’après le référentiel temporel cité, nous serions à 39 ans 11 mois et 1 jour, ce qui autorise à penser que l’immense majorité du peuple maudit est déjà morte, et que le reliquat mourra avant le mois suivant. Même si il avait vu quelque chose, il n’en témoignerait pas plus à l’arrivée. Un peu plus de justesse aurait voulu que l’on s’adresse à tout le peuple en leur citant leurs aïeux qui ont vu, ceux qui ont vu plutôt que tenter de faire croire par le récit que l’ensemble peuple arrivé à ce stade a vu… Surtout que l’on ne parle même pas des évènements mais de « …ce long et redoutable désert… »

Quant au mont Horeb nommé ici, il est constamment appelé וְהַר סִינַי – har sinay, « Mont Sinaï », au moment des évènements de l’exode, sauf en Ex33.6 à la suite de l’épisode du veau d’or.

Dt1.20-21 : Arrivée à Kadêch-Barnéa.

◐ Dt1.20-21

« Et je vous dis : “Vous voici arrivés au pied des monts amorréens, que l’Éternel, notre Dieu, nous donne. Regarde ! L’Éternel, ton Dieu, t’a livré ce pays ; va, prends-en possession, comme te l’a dit l’Éternel, Dieu de tes pères ; sois sans peur et sans faiblesse !” » TO

◖?

Aucune correspondance ne révèlent une telle citation de Moïse, dans ou aux alentours des territoires amorréens.

Ajout soudain

Diverses évocations éparses tendent à produire ce genre d’affirmation si on les résume. En aucun cas les propos affichés n’ont été tenus.

Dt1.22-23 – Désignation des explorateurs.

◐ Dt1.20-21

« Mais vous vîntes vers moi, tous, en disant : “Nous voudrions envoyer quelques hommes en avant, qui exploreraient pour nous ce pays et qui nous renseigneraient sur le chemin que nous devons suivre et sur les villes où nous devons aller. La proposition me plut, et je choisis parmi vous douze hommes, un homme par tribu. »TO

◖Nb13.1-3

« L’Éternel parla ainsi à Moïse : Envoie toi-même des hommes pour explorer le pays de Canaan, que je destine aux enfants d’Israël; vous enverrez un homme respectivement par tribu paternelle, tous éminents parmi eux.” Et Moïse les envoya du désert de Pharan, selon la parole de l’Éternel ; c’étaient tous des personnages considérables entre les enfants d’Israël. »TO

Divergences

Alors que la rédante en Nombre 13, décrit clairement que Yehvah ordonne à Moïse d’envoyer les explorateurs, la nouverse affirme que le peuple suggéra à Moïse, l’expédition et qu’il acquiesça.

Dt1.24-25 – Expédition des explorateurs.

◐Dt1.24-25

«Ils partirent, s’avancèrent sur la montagne, atteignirent la vallée d’Echkol, et explorèrent cette contrée. Puis ils prirent de ses fruits, qu’ils nous apportèrent, et nous rendirent compte… »TO

◖Nb13.21-3

« Et ils s’en allèrent explorer le pays, depuis le désert de Cîn jusqu’à Rehob, vers Hémath. Ils s’acheminèrent du côté du midi, et l’on parvint jusqu’à Hébrôn, où demeuraient Ahimân, Chêchaï et Talmaï, descendants d’Anak. Hébrôn avait été bâtie sept ans avant Tanis d’Égypte. Arrivés à la vallée d’Echkol, ils y coupèrent un sarment avec une grappe de raisin, qu’ils portèrent à deux au moyen d’une perche, de plus, quelques grenades et quelques figues. On nomma ce lieu vallée d’Echkol, à cause de la grappe qu’y avaient coupée les enfants d’Israël.»TO

Précisions ajoutées

La nouverse condense ici, le récit du voyage alors décrit dans la rédante avec une bien plus grande précision géographique.

Dt1.26-33 – Le peuple effrayé se désiste.

◐ Dt1.25-33

[1] « …ils rendirent compte en disant : “Il est bon, le pays que l’Éternel, notre Dieu, nous donne. Mais vous refusâtes d’y monter, désobéissant ainsi à la voix de l’Éternel, votre Dieu ; et vous murmurâtes dans vos tentes et vous dîtes : [2] C’est par haine pour nous que l’Éternel nous a fait sortir de l’Égypte ! C’est pour nous livrer au pouvoir de l’Amorréen, pour nous anéantir ! [2’] Où veut-on que nous allions ? [3] Nos frères ont abattu notre courage, en disant : Il y a là une race plus grande et plus forte que la nôtre, des villes considérables et fortifiées jusqu’au ciel, et nous y avons même vu des enfants d’Anak.” [4] Et je vous répondis : “Vous n’avez pas à trembler ni à les craindre. L’Éternel, votre Dieu, qui marche à votre tête, lui-même combattra pour vous, tout comme il l’a fait contre l’Égypte, sous vos yeux, et aussi dans ce désert, où tu as vu l’Éternel, ton Dieu, te porter comme un père porte son fils, durant tout le trajet que vous avez fait, jusqu’à votre arrivée en ce lieu-ci. Lui qui précède votre marche, choisissant les lieux propices à vos stations, la nuit par le feu, pour vous montrer la route à suivre, et le jour par la nuée !»TO

◖Nb13.26-29,31-33 ; 2.2-3,6-9

« Ils allèrent trouver Moïse, Aaron et toute la communauté des enfants d’Israël… et lui firent ce récit: … [3] Mais il est puissant le peuple qui habite ce pays ! Puis, les villes sont fortifiées et très grandes, et même nous y avons vu des descendants d’Anak ! Amalec habite la région du midi ; le Héthéen, le Jébuséen et l’Amorréen habitent la montagne, et le Cananéen occupe le littoral et la rive du Jourdain.»TO, « Mais les hommes qui étaient partis avec lui, dirent : [3] Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous.” Et ils décrièrent le pays … en disant aux enfants d’Israël : Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer est un pays qui dévorerait ses habitants ; quant au peuple que nous y avons vu, ce sont tous gens de haute taille. Nous y avons même vu les Nefilîm, les enfants d’Anak, descendants des Nefilîm : nous étions à nos propres yeux comme des sauterelles, et ainsi étions-nous à leurs yeux.” Tous les enfants d’Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, et toute la communauté leur dit : [2] Que ne sommes-nous morts dans le pays d’Égypte, ou que ne mourons-nous dans ce désert ! Et pourquoi l’Éternel nous mène-t-il dans ce pays-là, pour y périr par le glaive, nous voir ravir nos femmes et nos enfants ? [2’] Certes, il vaut mieux pour nous retourner en Égypte.” [1] Et Josué, fils de Noun, et Caleb, fils de Yefounné… parlèrent à toute la communauté des Israélites en ces termes : Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer, ce pays est bon, il est excellent. [4] Si l’Éternel nous veut du bien, il saura nous faire entrer dans ce pays et nous le livrer, ce pays qui ruisselle de lait et de miel. Mais ne vous mutinez point contre l’Éternel ; ne craignez point, vous, le peuple de ce pays, car ils seront notre pâture : leur ombre les a abandonnés et l’Éternel est avec nous, ne les craignez point !” »TO

Dissonnance chronologique

Les propos rapportés de la nouverse ne suivent pas l’ordre chronologique des propos tenus dans la rédante. [1] – ◐ : Les enfants d’Israël complimentent le pays. / ◖ : Josué et Caleb, seuls, complimentent le pays face au réquisitoire unanime des israélites. [2] – ◐ : Le peuple craint d’être livrés aux amorrites. / ◖ : Il craint de mourir dans le désert. [2’] – ◐ : Les israélites évoquent l’option de retourner en Égypte. / ◖ : Ils se demandent où ils peuvent bien se rendre. [3] – ◐ : Le récit défaitiste ne nomme que les enfants d’Anak. / ◖ : La description initiale des détracteurs est très étoffée citant même de nombreux peuples outre les descendants d’Anak : Amalec, le Héthéen, le Jébuséen, l’Amorréen, le Cananéen et même les Nefilim. [4] – ◐ : Moïse tente de plaider et de tempérer les pleurnichards. / ◖ : Le plaidoyer est celui de Josué et Caleb et non de Moïse.

Dt1.35-37 – Colère et décret yehvahique contre son peuple.

◐ Dt1.35-37,39

«L’Éternel entendit vos paroles, et il s’irrita, et il proféra ce serment : [1] Si jamais un seul de ces hommes, de cette génération mauvaise, voit l’heureux pays que j’ai juré de donner à vos pères!… [2] Seul, Caleb, fils de Yefounné, le verra ; ce sol qu’il a foulé, je le donnerai à lui et à ses enfants, parce qu’il est resté fidèle au Seigneur.»TO, « [3] Et vos familles, dont vous avez dit : “Elles nous seront ravies”, [3+] et vos enfants, qui ne discernent pas encore le bien du mal, ceux-là entreront dans ce pays ; je le leur donnerai à eux et ils le posséderont. »TO

◖Nb14.29-31,

« Vos cadavres resteront dans ce désert, vous tous qui avez été dénombrés, [3’] tous tant que vous êtes, âgés de vingt ans et au-delà, qui avez murmuré contre moi ! [1] Jamais vous n’entrerez, vous, dans ce pays où j’avais solennellement promis de vous établir ! [2] Il n’y aura d’exception que pour Caleb, fils de Yefounné, et Josué, fils de Noun. [3] Vos enfants aussi, dont vous disiez : “Ils nous seront ravis”, je les y amènerai, et ils connaîtront ce pays dont vous n’avez point voulu.»TO

Divergences de versions

[1] – D’une version à l’autre Moïse ne fait pas proférer le même serment à Yehvah. [2] – La parole yehvahique justifiant les seuls rescapés diverge autant. [3] – Le sens et la forme des propos varient d’une version à l’autre. ◐ : Les familles seront ravies / ◖ : Les enfants seuls seront ravis. [3+] – ◐ : Moïse précise cette fois que seuls les enfants discernant le bien et le mal seront épargnés. / ◖ : Le décret d’extermination initial concernait les hommes de plus de vingt ans.

Cet âge de discernement doit-il se baser sur l’âge de raison que nous admettons à 7 ans ou à la majorité religieuse yahwiste fixée à 13 ans ? Dans les deux cas, l’espérance de vie durant l’errance dans le désert n’est plus de 20+40=60 ans mais de 13+40= 52 voire 7+40=47

Dt1.37 – Le désaveu de Moïse.

◐Dt1.37

« Contre moi aussi l’Éternel s’irrita à cause de vous, au point de dire : “Tu n’y entreras pas, toi non plus ! ». TO

◖Nb20.12-13

«…aussi ne conduirez-vous point ce peuple dans le pays que je leur ai donné. Ce sont là les eaux de Meriba…»TO

Contradiction

La nouverse inclus le décret yehvahique d’exclusion de Moïse de la terre promise à l’issue de la contestation des explorateurs. Il suggère ici, qu’il a été interdit de terre promise à cause de cette contestation. Ceci est absolument faux, en vertu des évènements décris dans la rédante. Le décret d’exclusion de Moïse, et d’Aaron pour rappel, se édicté à la suite de l’incident du rocher et des eaux de Meriba. Le narrateur de la nouvelle version semble de plus en plus avoir perdu le fil de l’histoire.

Dt1.40 – Redirection.

 ◐  Dt1.40

«…pour vous, changez de direction et acheminez-vous vers le désert, du côté de la mer des Joncs.»TO

◖Nb14.25

«Or, l’Amalécite et le Cananéen occupent la vallée : demain, changez de direction et partez pour le désert, du côté de la mer des Joncs. »TO

Omission

La nouvelle mouture omet de rappeler la présence d’Amalécites et de Cananéens.

Dt1.41-44 – Campagne militaire échouée.

◐  Dt1.40-44

« Alors vous vous écriâtes, en me disant : [1] Nous avons péché contre le Seigneur ; nous voulons monter et combattre, comme nous l’a ordonné le Seigneur, notre Dieu.” Et chacun de vous ceignit ses armes et vous vous disposâtes à gravir la montagne. Mais l’Éternel me parla ainsi : [2] Dis-leur : Ne montez pas, ne livrez point de combat, car je ne serai point avec vous ; ne vous exposez pas aux coups de vos ennemis.” Je vous le redis, mais vous n’en tîntes pas compte ; vous désobéîtes à la parole du Seigneur et vous eûtes la témérité de vous avancer sur la montagne. [3] L’Amorréen, qui occupe cette montagne, marcha à votre rencontre ; et ils vous poursuivirent comme font les abeilles, et ils vous taillèrent en pièces dans Séir, jusqu’à Horma.  »TO

◖Nb14.40-45

«Puis, le lendemain de bon matin, ils se dirigèrent vers le sommet de la montagne, disant : [1] Nous sommes prêts à marcher vers le lieu que l’Éternel a désigné, car nous avons péché. Moïse leur dit : [2] Pourquoi transgressez-vous la parole de l’Éternel ? Cela ne vous réussira point ! N’y montez pas, car l’Éternel n’est pas au milieu de vous ; ne vous livrez pas aux coups de vos ennemis. Car l’Amalécite et le Cananéen sont là sur votre chemin, et vous tomberiez sous leur glaive ; aussi bien, vous vous êtes éloignés de l’Éternel, l’Éternel ne sera point avec vous !” Mais ils s’obstinèrent à monter au sommet de la montagne ; cependant, ni l’arche d’alliance du Seigneur ni Moïse ne bougèrent du milieu du camp. [3] L’Amalécite et le Cananéen, qui habitaient sur cette montagne, en descendirent, les battirent et les taillèrent en pièces jusqu’à Horma.»TO

Divergences de versions

[1] L’affirmation des enfants d’Israël varie entre les deux versions. [2] ◐ : Yehvah ordonne à Moïse, qui réduit le sermon qu’il avait prononcé dans la rédante. Il omet encore une fois Amalécites et Cananéens en ajoutant toutefois faussement qu’il a répété la mise en garde. / ◖ : Moïse met directement en garde le peuple de ne pas aller au combat et cite clairement Amalécites et Cananéens. [3] – ◐ : On parle ici d’Amorréen et de Séir. / ◖ : Amalécites et cananéens sont cités sans évoquer Séir. Il semble inadéquat de proposer que les Amorréens soient une conjugaison d’Amalécites et de Cananéens. Cela reviendrait par exemple à prétendre que les suisses représentent l’ensemble des gitans et français réunis. La variante s’expliquerait ici du fait de l’existence contemporaine de Cananéens et d’Amalécites au rédacteur. La politique imposant manœuvres et concessions, ce dernier soucieux de ne pas titiller des peuplades avoisinantes tout en conservant le récit d’exploits légendaires, transmute le nom desdits vainqueurs de l’ancien récit au bénéfice d’un peuple lointain évoqués par les mésopotamiens et éliminés par ceux-ci, près d’un millénaire avant (vers 1600AEC), une rédaction nouvelle du deutéronome.

Si l’histoire révisée modifie les protagonistes, elle oublie de modifier le lieu de confrontation, bien connu de nos services.

Nb21.1 : « …et lui livra les Cananéens ; et on les frappa d’anathème, eux et leurs villes, et l’on donna à ce lieu le nom de Horma. »TO

Il s’agit bien du même « Horma », חָרְמָה – ‘harmah, qu’en Nb14.45 et Dt1.44. A ceci près que, dans cette version, ce sont les cananéens et non les israélites qui se font tailler en pièce, à ce même endroit. Du fait qu’il n’y ait jamais eu qu’un seul passage par station de l’exode, il n’y a donc eu qu’un seul faisceau d’évènements qui devraient être relatés de manière unique ou identique, mais surtout constante et absolument jamais, diamétralement opposée. Cherchez l’erreur…

Dt1.46 – Précision (in)utile concernant une durée de station : autre occasion de se taire.

« Vous demeurâtes de longs jours à Kadêch… Vous savez combien de jours vous y avez demeuré. »TO

On pourrait trouver vilain de la part du narrateur de faire mention d’une durée de station dont seuls les stationnés connaissent la durée, sans nous en dire plus. Cette traduction est deplus incorrecte. La traduction secondaire est aussi amusante : « Vous êtes restés longtemps à Kadêch Barnéa, aussi longtemps que vous êtes restés [dans tous les autres lieux] »TS

Ce « dans tous les autres lieux », n’est qu’un ajout de la traduction secondaire tentant de donner un sens utile au verset. Cet ajout est textuellement absent du verset en hébreu. La traduction secondaire était pourtant conforme au texte avant cet ajout inopportun.

On retrouve la tendance à improviser et à inventer, dès lors que le texte ne veut plus rien dire et qu’on essaye absolument d’y donner un sens même erroné.

Le laïus nouveau de Moïse omettra quelques épisodes comme la révolte de Coré, la mort de Myriam et d’Aaron entre-autres révoltes et répressions.

Dt2.4-6 – Première rencontre avec les autochtones : Ésaü.

◐ Dt2.4-6,8

[1] « Et toi, ordonne au peuple ce qui suit : Vous touchez aux confins de vos frères, les enfants d’Ésaü, qui habitent en Séir. Ils vous craignent, mais tenez-vous bien sur vos gardes, ne les attaquez point ! Car je ne vous accorde pas, de leur pays, même la largeur d’une semelle, attendu que j’ai donné la montagne de Séir comme héritage à Ésaü. [1] Les aliments que vous mangerez, achetez-les-leur à prix d’argent : l’eau même que vous boirez, payez-la leur à prix d’argent.», [2] « Nous nous détournâmes ainsi de nos frères, les enfants d’Ésaü, qui habitent le Séir, du chemin de la plaine, d’Elath et d’Asiongaber. Changeant de direction, nous traversâmes le désert de Moab. »TO

◖Nb20.14,18-22

[1] «Moïse envoya, de Kadêch, des députés au roi d’Édom : Édom lui répondit : [1+] “Tu ne traverseras point mon pays, car je me porterais en armes à ta rencontre.” [1] Les enfants d’Israël lui dirent : “C’est par la chaussée que nous voulons monter, et si nous buvons de ton eau, moi ou mes bestiaux, j’en paierai le prix ; mais il n’en sera rien, je ne ferai que traverser à pied.” Il répliqua : [1+] “Tu ne passeras point !” Et Édom s’avança à sa rencontre, en grande multitude et à main armée. [2] Édom ayant donc refusé à Israël la permission de traverser son territoire, Israël prit une autre direction. Ils partirent de Kadêch, et les enfants d’Israël en masse arrivèrent à Hor-la-Montagne.»TO

Contradiction induite

Pour rappel et afin d’éviter tout doute et de dissiper la confusion potentiellement induite par les variantes rédactionnelle, citons Gn25.30 : « Ésaü dit à Jacob : Laisse-moi avaler, je te prie, de ce rouge, de ce mets rouge, car je suis fatigué. C’est à ce propos qu’on le nomma Édom. »TO. Il s’agit donc bien du même élément : Ésaü = Édom.

[1] – ◐ : Le narrateur fait dire de Yehvah à Moïse de ne pas attaquer Ésaü et de payer les éventuelles ponctions de vivres. / ◖ : On évoque l’envoi de messagers par Moïse exprimant les conditions fixées par « les enfants d’Israël”.  [1+] La rétorque immédiate d’une escalade militaire appuyant un refus formel de passage et le pré-positionnement d’une « grande multitude et à main armée »TO comme révélée dans le passage du deutéronome, reflète mal la nouvelle affirmation : « Ils vous craignent… »TO. [2] – Même si on peut considérer que les zones et directions générales d’évolution soient semblables pour les trajets, passé et nouvellement déclaré, la nuance entre « le désert de Moab » et « de Kadêch à Hor-la-Montagne » est du même ordre qu’entre « l’Aquitaine » et « De Bayonne à Périgueux ». D’autant plus que sur un millénaire, les bordures tant de Moab que de l’Aquitaine furent fluctuantes. Un territoire évoqué de manière contemporaine et ce qu’il fut plus de 1000 ans auparavant peut générer des variantes géographiques considérables. De l’Aquitaine actuelle, de Pyrénées à Dordogne et de celle Carolingienne des Marches d’Espagne à celle de Bretagne, les prétentions et citations territoriales sont muables et mouvantes. Que dire du très mal défini et mal circonscrit territoire de Moab et son évolution durant un millénaire antique ?

Dt2.9-14 – Contournement de Moab.

Le contournement de Moab précède les confrontations à venir avec Si’hon et Og. La version nouvelle du deutéronome omet le raid contre le roi Cananéen d’Arad dans le Néguev (Nb21.1-3) ainsi que la malédiction des serpents (Nb21.4-9).

◐ Dt2.8-9,13

[1] « Changeant de direction, nous traversâmes le désert de Moab. [1+] Et l’Éternel me dit : “Ne moleste pas Moab et n’engage pas de combat avec lui: je ne te laisserai rien conquérir de son territoire, car c’est aux enfants de Loth que j’ai donné Ar en héritage. Donc, mettez-vous en devoir de passer le torrent de Zéred.” Et nous passâmes le torrent de Zéred.»TO

◖Nb21.11-13

[1] «Partis d’Oboth, ils campèrent à lyyê-Haabarîm, dans le désert situé devant Moab, vers le soleil levant. De là ils repartirent et campèrent dans la vallée de Zéred. De là ils repartirent et campèrent sur la rive de l’Arnon située dans le désert et partant du territoire des Amorréens ; car l’Arnon est la frontière de Moab, entre Moab et le territoire amorréen».TO

Contradictions et ajouts

[1] A moins que le désert de Moab ne fasse pas partie de Moab, le texte affirme que le territoire a toutefois été traversé.  [1+] La mise en garde yehvahique qui apparait dans la version nouvelle est absente du récit passé. Les versets 10.11.12 évoquent d’anciens peuples régionaux ayant été terrassés : Emîm, Rephaïtes, Anakéens, Horéens… pour lesquels nous n’avons trouvé aucune trace historique ou archéologique réelle.

Dt2.12 : Séir et Horéens : maladresse narrative.

Le texte dans son ensemble présente les commandements et leur histoire destinés « au pays que Yehvah donne pour y prendre possession » : « …quand ils seront, eux aussi, en possession du pays que l’Éternel, votre Dieu, leur destine de l’autre côté du Jourdain… »TO(Dt3.20), «…afin que vous viviez et que vous arriviez à posséder le pays que l’Éternel, Dieu de vos pères, vous donne… »TO (4.1), « …afin que vous vous y conformiez dans le pays où vous allez entrer pour le posséder… »TO (4.5)… etc.

Un passage maladroit, comme d’autres qui suivront au milieu des incohérences en cours de démonstration, trahit le rédacteur.

« De même, dans le Séir habitaient autrefois les Horéens ; mais les enfants d’Ésaü les dépossédèrent, les exterminèrent et s’établirent à leur place, comme l’a fait Israël pour le pays de sa possession, que l’Éternel lui a donné. »TO

Si le « lui a donné »TO ne prête plus à conséquence tant on considère la promesse faite par Yehvah, « l’a fait Israël »TO ne souffre ici d’aucune erreur de traduction. Il s’agit bien d’un passé formel et accompli, en rien prédictif et conditionnel comme les affirmations trouvées par ailleurs dont quelques exemples courants sont répercutés ci-dessus. Ces bévues sont des signes marquants d’une évocation d’évènements prétendus passés, relatés a posteriori.

Dt2.14-17 – Évocation de 38 ans d’errance : extinction des pécheurs.

« La durée de notre voyage, depuis Kadêch-Barnéa jusqu’au passage du torrent de Zéred, avait été de trente-huit ans. A cette époque, toute la génération guerrière avait disparu du milieu du camp, comme l’Éternel le leur avait juré. La main du Seigneur les avait aussi frappés, pour les anéantir du milieu du camp, jusqu’à leur entière extinction. Or, lorsque tous ces gens de guerre eurent disparu, par la mort, du milieu du peuple, l’Éternel me parla ainsi… »TO

Le texte situe donc nos égarés à quelques dizaines de kilomètres à l’est-sud-est de la mer morte. Comme signalé en introduction, le décret de 40 ans d’errance à été promulgué deux ans et demi après la sortie de Goshen. Malgré ce fait évident la narration semble tenir à ses 40 années symboliques affichées au détriment des 42 ans et demie, a minima, que le texte lui-même révèle. Le suspens durera jusqu’à la fin, quant à savoir combien de temps les rédacteurs admettent finalement avoir fait passé les hébreux dans le désert. Ce passage tend à nous faire comprendre que yehvah a réussit l’éradication programmée avant son échéance. Si tel est le cas, comment justifier les années d’errances à venir, c’est-à-dire au moins deux ans.

Dt2.18-19 : Traversée de Moab… ou pas ?

« Tu vas dépasser maintenant la frontière de Moab, Ar ; tu vas arriver … »TO

Ar est en Moab comme certains versets le confirment : «…Ne moleste pas Moab… c’est aux enfants de Loth que j’ai donné Ar en héritage. »(Dt2.9), «  … les Moabites habitants d’Ar… »TO(Dt2.29).

Si les moabites habitent Moab/Ar, le texte révèle contradictoirement que les hébreux sont bien passés par Moab.

Revenant sur Nb21.20, nous trouvons à propos du cheminement des hébreux : « … de Nahalïel à Bamoth ; et de Bamoth, au plateau qui est dans la campagne de Moab… »TO. Je cite pour information le verset 15.1 d’Isaïe : « … dans la nuit, Ar-Moab est assailli… »TO

Suit, la consigne de ne pas affronter Ammon de 2.19 à 2.23. Si l’interdit d’attaquer Moab et Ammon fait son apparition ici, alors absent du récit antérieur, le texte évoque d’autres peuplades inconnues jusqu’alors et sorties de nulle-part, tels qu’Avéens et Kaftorîm.

Dt2.24 : Confrontation avec Sihôn.

◐ Dt2.24-36

[0]  « Allez, mettez-vous en marche, et passez le torrent de l’Arnon. Vois, je livre en ton pouvoir Sihôn, roi de Hesbon, l’Amorréen, avec son pays ; commence par lui la conquête ! Engage la lutte avec lui ! D’aujourd’hui, je veux imprimer ta crainte et ta terreur à tous les peuples sous le ciel, tellement qu’au bruit de ton nom, l’on frémira et l’on tremblera devant toi.” [1] Et j’envoyai, [1’]   du désert de Kedêmoth, une députation à Sihôn, roi de Hesbon, avec ces paroles pacifiques : [1’’]  Je voudrais passer par ton pays. Je suivrai constamment la grande route, je n’en dévierai ni à droite ni à gauche. Les vivres que je consommerai, vends-les moi à prix d’argent ; donne-moi à prix d’argent l’eau que je veux boire. Je voudrais simplement passer à pied. [1+] Ainsi en ont usé avec moi les enfants d’Ésaü, habitants de Séir, et les Moabites habitants d’Ar, pour que je puisse atteindre, par le Jourdain, le pays que l’Éternel, notre Dieu, nous destine.” [2] Mais Sihôn, roi de Hesbon, ne voulut pas nous livrer passage ; car l’Éternel, ton Dieu, avait raidi son esprit et endurci son cœur, pour le faire tomber en ton pouvoir, comme aujourd’hui… Sihôn s’avança à notre rencontre avec tout son peuple, pour le combat, à Yahça. [3] L’Éternel, notre Dieu, le livra à notre merci et nous le battîmes, lui, ses fils et tout son peuple. Nous ne prîmes pour nous que le bétail, ainsi que le butin des villes que nous avions conquises. [3’] Depuis Aroer, qui est au bord du torrent d’Arnon, et la ville située dans cette vallée, jusqu’au Galaad pas une place n’a pu tenir devant, nous : l’Éternel, notre Dieu, nous a tout livré.»TO

◖Nb21.21-24,26,32

[1] «Israël envoya [1’] des députés à Sihôn, roi des Amorréens, pour lui dire : [1’’] Je voudrais passer par ton pays. Nous ne traverserons ni champs ni vignobles, nous ne boirons point de l’eau des citernes ; nous irons par la route royale, jusqu’à ce que nous ayons passé ta frontière.” [2] Mais Sihôn ne permit point à Israël de traverser son territoire ; et Sihôn rassembla tout son peuple, marcha à la rencontre d’Israël, vers le désert et atteignit Yahça, où il livra la bataille à Israël. [3] Israël le passa au fil de l’épée, [3’] et il conquît son pays depuis l’Arnon jusqu’au Jaboc… [4+]  Car Hesbon était devenue la ville de Sihôn, roi des Amorréens,… Israël s’établit donc dans le pays des Amorréens.» Moïse envoya explorer Yazêr ; on s’empara de ses dépendances, et l’on déposséda les Amorréens qui y demeuraient… »TO

Divergences

[0] ◐ : Yehvah ordonne à Moïse d’entrer en guerre afin de faire valoir les hébreux comme peuple universellement craint. / ◖ : Aucune trace de cette prétendue injonction yehvahique. [1] ◐ : Moïse envoie une députation avec des paroles pacifiques et s’exprime au singulier… / ◖ : Israël envoie des députés et s’exprime au pluriel… nous…  [1’] La définition du destinataire varie dans sa forme entre les deux versions. ◐ : du désert de Kedêmoth, … à Sihôn, roi de Hesbon. / ◖ : à Sihôn, roi des Amorréens.  [1’’]   L’énoncé du texte varie, la nouverse propose une compensation pour ce qui serait consommé sur le territoire alors que la rédante garantie un passage sans prélèvement d’aucune sorte. [1+] La nouverse trahit une fois de plus le passage par Édom et Moab, pourtant démenti d’un verset à l’autre. « Ainsi en ont usé avec moi les enfants d’Ésaü, habitants de Séir, et les Moabites habitants d’Ar… »TO / [2] ◐ : Yehvah endurcit le cœur de Sihôn roi de Hesbon. /  ◖ : simple refus de Sihôn. [3] ◐ : annonce une victoire au sens général (nous bâttimes) avec prise de butin. / ◖: souligne un passage au fil de l’épée sans prise de butin. [3’] Le territoire conquit n’est pas décrit de la même manière. ◐ : … depuis Aroer au bord de l’Arnon jusqu’au Galaad. / ◖:  Depuis l’Arnon jusqu’au Jaboc. [4+] La rédante précise que Hesbon était devenue la ville de Sihôn, roi des Amorréens, et qu’Israël s’établit dans le pays des Amorréens, avant que Moïse envoit explorer et capturer Yazêr. Ces informations sont absentes de la nouverse. 

Dt3.1-3 – Confrontation avec Og – partie I : synoptique.

◐ Dt2.24-36

« Nous nous dirigeâmes alors, en montant plus haut, du côté du Basan. Og, roi du Basan, s’avança à notre rencontre avec tout son peuple, pour livrer bataille, vers Edréi. Et l’Éternel me dit : “Ne le crains point, car je le livre en ton pouvoir, lui et tout son peuple, et son pays ; et tu le traiteras comme tu as traité Sihôn, roi des Amorréens, qui résidait à Hesbon.” Et l’Éternel, notre Dieu, nous livra pareillement Og, roi du Basan, avec tout son peuple ; et nous le défîmes au point de n’en pas laisser survivre un seul. » TO

◖Nb21.33-35

« Puis ils se dirigèrent, en montant plus haut, vers le Basan. Og, roi du Basan, s’avança à leur rencontre avec tout son peuple, pour leur livrer bataille, à Edréi. Mais l’Éternel dit à Moïse : “Ne le crains point, car je le livre en tes mains, lui et tout son peuple, et son pays ; et tu le traiteras comme tu as traité Sihôn, roi des Amorréens, qui résidait à Hesbon.” Et ils le battirent, ainsi que ses fils et tout son peuple, tellement qu’ils n’en laissèrent survivre aucun ; et ils conquirent son territoire. »TO

Ajouts

La transposition est très globalement concordante et identique. C’est sans compter les ajouts surprenants de la nouverse que nous allons rapidement traiter. J’appelle l’attention sur le fait qu’à ce stade et dans les deux versions : aucun n’a survécu. Ce n’est en rien un rappel de la barbarie sans borne des israélites, déjà acquise, mais un préambule à des contradictions à venir.

Dt3.4-5 – Confrontation avec Og – partie II : conquête.

« Nous prîmes alors toutes ses villes ; il n’y a pas une place que nous ne leur ayons prise : soixante villes formant tout le district d’Argob*, le royaume d’Og en Basan. C’étaient toutes villes fortifiées de hauts remparts, avec portes et verrous, sans compter les villes ouvertes, très nombreuses. Nous les frappâmes d’anathème, comme nous l’avions fait pour Sihôn, roi de Hesbon, condamnant toute ville où étaient des êtres humains, y compris femmes et enfants. »TO

*Argob : localisation géographique apparaissant pour la première fois dans le texte.

La nouverse ose se risquer à préciser la capture de 60 villes fortifiées « de hauts remparts, avec portes et verrous » sans compter les villes ouvertes. Estimons un total de 100 villes. Cette affirmation force à se tourner vers les archéologues, qui face à l’ampleur des structures évoquées n’auraient eu aucun mal à retrouver les vestiges de plusieurs dizaines de villes détruites en deux ans[1] tout au plus, sur un territoire correspondant à la Corse[2], incluant des cités aux infrastructures défensives imposantes. Malheureusement, je ne dispose à ce jour, d’aucune trace archéologique des évènements prétendus. Cela nous amènerait à 100 villes pour 10000km², soit un quadrillage d’une ville tous les 10km. Cette densité de population sur un tel territoire semi-désertique pourrait surprendre. Sans exiger la mise en évidence de l’ensemble de la destruction citée, je me contenterais de seulement 10% d’évidence. Mais là encore, personne n’a retrouvé ne serait-ce que 6 puissantes cités fortifiées détruites en deux ans.

Je pense qu’il est temps de fournir quelques éléments de comparaison historiques, afin de mieux comprendre la tristesse fantasmagorique du texte. Un tableau nous aidera à comparer des batailles antiques s’étant réellement déroulées et étant donc réellement documentées, contemporaines et ultérieures aux évènements prétendus du ‘houmash.

Bataille Lieu Date Parties Troupes Victoire
Megiddo Megiddo XVe s. AEC Égypte/Cananéens 10000/-10000 Égypte
Préconquête de Canaan Contiguïtés péricananéennes 1275AEC-1273AEC Israël/Autochtones 600000[3]/ ? Israël
Qadesh Qadesh 1274 AEC Égypte/Hittites 20000(+2000 chars / 37000(+3500 chars) Égypte
Thermopyles Thermopyles 480 AEC Grèce/Perse 7000 / 300000* Perse
Platée Platée 479 AEC Grèce/Perse 100000*/300000* Grèce
Cap Mycale Cap Mycale 479 AEC Grèce/Perse 40000/60000 Grèce
Tanagra I Tanagra 457 AEC Athènes/Sparte 14000/11500 Sparte
Gaza Gaza 312 AEC Égypte/Antigonides 18000
(+4000 cavaliers) /12500
(+4400 cavaliers + 43 éléphants de guerre)
Égypte
Siège de Jérusalem Jérusalem 70 EC Rome/Judéens 70000/24000 Rome
Siège de Massada Massada 73EC Rome/Judéens 8000/1000 Rome
Siège de Jérusalem Jérusalem 1099EC Croisés/Fatimides 12000(+1500 chevaliers)/1000 Croisés
Siège de Jérusalem Jérusalem 1187EC Croisés/Sarazins 6000/60000 Sarazins

* Ces chiffres sont nettement revus à la baisse, au moins au tiers, en fonction des estimations modernes.

Contre toutes les références historiques, Israël aura disposé de la plus puissante force terrestre antique. Alors que les plus grands empires, grecs et perses combattaient avec quelques dizaines de milliers de combattants le tout puissant proto-empire mochien d’Israël éradiquait ses ennemis au recours de centaines de milliers de combattants. Il s’agit là d’un constat affligeant du point de vue de l’ambition expan-sionniste. En effet, avec un tel potentiel militaire, pourquoi se contenter de conquérir un territoire perdu et vide de ressources alors que les empires perses, grecs, romains, qui n’ont jamais dans toute leur histoire disposé d’un tel effectif, auraient conquis le monde. Bien qu’au final, tous ces empires ont terminés leur épopée antique comme Israël : disloqués.

Dt3.11 – Confrontation avec Og – partie III : résurrection.

◐ Dt3.11

«  De fait, Og seul, roi du Basan, était resté des derniers Rephaïtes…» TO

« De tous les Rephaïm, seul Og survécu. »TS

◖Nb21.35

« … Og, roi du Basan, s’avança à leur rencontre …Et ils le battirent, ainsi que ses fils et tout son peuple, tellement qu’ils n’en laissèrent survivre aucun ; et ils conquirent son territoire. »TO

 (◐) Dt2.36

“… Og, roi du Basan, avec tout son peuple ; et nous le défîmes au point de n’en pas laisser survivre un seul. » TO

Contradictions

Tant la rédante que les versets précédents et proches de la nouverse, nous signale que Og et tout son peuple est mort. Cela n’empêche pas le rédacteur de faire jaillir Og survivant non pas en diablotin de sa boite mais en géant sur son lit de fer : « … son lit, un lit de fer, se voit encore dans la capitale des Ammonites : il a neuf coudées de long et quatre de large, en coudées communes. »TO. Si nous conservons la coudée de 50cm, comme pour l’arche de Noé, cela nous donne un lit de 4,50mx2. Les Rephaïm étant décris comme une tribu de géants, on peut se demander combien mesurait Og. D’Og à Ogre, il y a peu. Serait-ce là l’inspiration de Grimm ? Au détail près que dans le ‘houmash, ce sont les enfants d’Og qui se font massacrer.

Dt3.14 – Yaïr baptise ses bourgs : nouvelle bourgde narrative.

« Yaïr, descendant de Manassé, s’empara de tout le district d’Argob, jusqu’aux confins de Ghechour et de Maaca, et lui donna son nom, appelant le Basan Bourgs de Yaïr, comme on l’appelle encore aujourd’hui. »TO

Tout en admettant que la remarque puisse sembler litigieuse, la notion de litige s’applique au style narratif lui-même. Notons le « …comme on l’appelle encore aujourd’hui… ». Si l’on se rappelle que ces évènements sont d’après le récit, sensés dater de moins de deux ans, la formule « encore aujourd’hui » semble très incongruente. Cette formule évoque, il faut bien l’admettre, une forte notion d’antériorité lointaine. Dans un contexte descriptif contemporain, cela parait plus qu’inadéquat, mais bel et bien déplacé. Prenons un exemple : Strasbourg. Le nom de la ville fut évoqué ainsi aux environs du VIe siècle par Saint Grégoire, stratiburg est devenue Straßburg, « comme on l’appelle encore aujourd’hui ». / Projet urbain 387, à été rebaptisé «Villeneuve en Campagne » il y a moins de deux ans : c’est ainsi qu’on le nomme depuis/désormais/à présent. Le « comme on l’appelle encore aujourd’hui » fait immanquablement référence à une ancienneté admise et non à une nouveauté. Cet insignifiant détail lexical, suggère donc une rédaction ultérieure lointaine qui tente maladroitement de paraître contemporaine aux évènements décris.

Un peu plus loin en 3.18 on retrouve la même intention maladroite visant à évoqué un évènement venant de se produire toujours selon le texte : « Je vous donnai, en ce temps-là, l’ordre suivant… »TO. Selon toute cohérence le propos tenu aurait du être « Je vous ai donné dernièrement, l’ordre suivant… ».

Dt3.24-27 – Supplication de Moïse pour entrer en Canaan.

« Seigneur Éternel déjà tu as rendu ton serviteur témoin de ta grandeur et de la force de ton bras ; et quelle est la puissance, dans le ciel ou sur la terre, qui pourrait imiter tes œuvres et tes merveilles ? Ah ! Laisse-moi traverser, que je voie cet heureux pays qui est au delà du Jourdain, cette belle montagne, et le Liban !” Mais l’Éternel, irrité contre moi à cause de vous, ne m’exauça point ; et l’Éternel me dit : “Assez ! Ne me parle pas davantage à ce sujet. Monte au sommet du Pisga, porte ta vue au couchant et au nord, au midi et à l’orient, et regarde de tes yeux ; car tu ne passeras point ce Jourdain.»TO

◐ Dt3.24-27

[+] « Seigneur Éternel déjà tu as rendu ton serviteur témoin de ta grandeur et de la force de ton bras ; et quelle est la puissance, dans le ciel ou sur la terre, qui pourrait imiter tes œuvres et tes merveilles? Ah ! Laisse-moi traverser, que je voie cet heureux pays qui est au delà du Jourdain, cette belle montagne, et le Liban !” [1]Mais l’Éternel, irrité contre moi à cause de vous, ne m’exauça point ; [2] et l’Éternel me dit : “Assez ! Ne me parle pas davantage à ce sujet. Monte au sommet du Pisga, [3] porte ta vue au couchant et au nord, au midi et à l’orient, et regarde de tes yeux ; car tu ne passeras point ce Jourdain.»TO

◖Nb27.12-14

« [2] L’Éternel dit à Moïse : “Monte sur cette hauteur des Abarîm, [3] pour contempler le pays que j’ai donné aux enfants d’Israël. Quand tu l’auras contemplé, tu iras rejoindre tes pères, toi aussi, comme l’a fait Aaron ton frère ; [1] parce que vous avez contrevenu à ma parole dans le désert de Cîn, lors de la querelle soulevée par la communauté, au lieu de faire éclater devant eux ma sainteté par les eaux.” Ce sont les eaux de Meribath-Kadêch, au désert de Cîn.»TO

Ajouts et divergences

[+] – Il n’y a pas de trace de la supplication dans la rédante. [1] – ◐ : Moïse affirme que Yehvah lui en veut à cause des actions du peuple. / ◖ : Yehvah punit Moïse à cause de l’incident des eaux de Meriba. [2] – ◐ Après une interruption sèche, Yehvah ordonne à Moïse de monter au sommet du Pisga. / ◖ : Yehvah ordonne d’emblée à Moïse de monter sur cette hauteur des Abarîm. [3] – ◐ : Yehvah enjoint Moïse à regarder à l’ouest, au nord, au sud et… à l’est ! Moïse se trouvant à l’est du Jourdain et le pays promis se trouvant à l’ouest du Jourdain, quel intérêt et quel sens y a-t-il à porter son regard en arrière sur une région non destinée et non concernée par la promesse ? / ◖ : Yehvah propose uniquement à Moïse de contempler. Dans tous les cas, les propos rapportés de Yehvah, ne sont pas les mêmes.

Au sujet de sa punition, Moïse réitèrera l’affirmation de la faute du peuple et non de la sienne en Dt4.21.

Dt4.2 – Interdit de modification de la Loi.

« Maintenant donc, ô Israël ! Écoute les lois et les règles que je t’enseigne pour les pratiquer, afin que vous viviez et que vous arriviez à posséder le pays que l’Éternel, Dieu de vos pères, vous donne. N’ajoutez rien à ce que je vous prescris et n’en retranchez rien, de manière à observer les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris. »TO

Ce verset va trouver toute son importance dans les énonciations de la loi, à suivre. Si le narrateur lui-même exhorte à ne rien modifier de la parole divine, nous avons déjà pu constater depuis le début du chapitre que de la rédante à la nouverse, les divergences sont plus que significatives. Il en sera de même concernant les lois elles-mêmes, là où la parole de Yehvah devrait être reportée strictement de manière parfaitement invariable elle sera transformée par l’auteur. L’idée maitresse n’est pas simplement de transposer une affirmation avec conservation du sens, elle consiste à citer Yehvah. L’auteur aurait pu se contenter de reporter le sens des propos. Il aura commis l’erreur de prétendre reporter les propos. Une citation, précisément introduite par « Yehvah dit en ces termes », ne devrait souffrir d’aucune variation même infime.

Le plus grand écueil pour la crédibilité de la parole yehvahique est la reprise maladroite des « Dix Commandements » revus et corrigés qui apparaissent dans les versets suivants. (Cf. Exode 20 : Les Dix Commandements.)

Dt4.5-8 – Éloge des lois et du peuple : grinçantes affirmations.

« Voyez, je vous ai enseigné des lois et des statuts, selon ce que m’a ordonné l’Éternel, mon Dieu, afin que vous vous y conformiez dans le pays où vous allez entrer pour le posséder. Observez-les et pratiquez-les ! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu’ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront : “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation !” En effet, où est le peuple assez grand pour avoir des divinités accessibles, comme l’Éternel, notre Dieu, l’est pour nous toutes les fois que nous l’invoquons ? Et où est le peuple assez grand pour posséder des lois et des statuts aussi bien ordonnés que toute cette doctrine que je vous présente aujourd’hui ? »TO

Il y aurait, ici, une divergence d’appréciation. Il faut bien comprendre que le deutéronome à été rédigé pour se suffire à lui-même. Ainsi, ce texte réussirait presque à faire abstraction des horreurs passées en dépit des nombreux massacres qu’il revendique pourtant. Dès lors que l’on raccorde cette partie aux tronçons précédents, toute crédibilité de ce qui y est évoqué s’effondre dans un fracas d’illogisme et d’incohérences.

Ces versets d’éloges, sont tout simplement décalés et déplacés. Jusqu’à présent, les révélations immorales, cruelles et barbares du texte, à propos de ce peuple, de son dieu et de ce qu’il ordonne, ne se comptent plus. Comment l’auteur ose-il encore parler de sagesse, d’intelligence, de grande nation, de dieu accessible, de lois et de statuts bien ordonnés. Outre les incohérences, anachronismes, falsifications, prétentions militaires et démographiques démesurées, comme déjà évoqué, ce texte est un fatras législatif, nébuleux, contradictoire, redondant, dispersé et sanguinaire. Pire encore, on insulte ici les essences même de la sagesse et de l’intelligence en l’associant aux actes et aux considérations racontées : meurtres, incestes, prostitutions, mutilations sexuelles, esclavagisme, massacres animaux en vue de répandre leur sang et de bruler leur chair en un acte et dans un lieu considéré comme saints, infanticides, fratricide, génocides… Est humainement raisonnable et digne de vanter, de se targuer, et de s’auto-satisfaire d’atrocités ? L’insanité mentale en arriverait à son paroxysme. Il ne manquerait plus, pour couronner l’aberration, de reporter cette histoire dans des rouleaux qu’on pourrait embrasser tout en dansant avec…

 Le comble est écrit dans le verset suivant :

« Mais aussi garde-toi, et évite avec soin, pour ton salut, d’oublier les événements dont tes yeux furent témoins, de les laisser échapper de ta pensée, à aucun moment de ton existence ! Fais-les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants ! »TO

Selon les dernières affirmations, tous les adultes qui auraient été témoin des évènements sont censés être décédés à l’exception de Moïse, de Josué et de Caleb. Ce détail mis a part, le devoir de mémoire et de transmission ordonnés ici laissent pantois. Je poserai trois questions dont je laisse le soin de la réponse à chacun. Combien d’individus psychologiquement équilibrés et normalement intelligents oseraient-ils porter à la connaissance d’enfants un tel récit ? A partir de quel âge un enfant qu’on souhaite voir devenir psychologiquement équilibré et normalement intelligent peut-il entendre ce récit ? Jusqu’à quel âge un enfant psychologiquement équilibré et normalement intelligent peut-il croire ce récit ?

Avant toute réponse je recommande toutefois de considérer la valeur de la liberté d’expression et de la liberté de culte. Fin de commentaire.

Dt4.10-12 – Rappel du contexte d’édiction des 10 commandements : variations.

◐ Dt4.10-12

“N’oublie pas ce jour où tu parus en présence de l’Éternel, ton Dieu, au [1] Horeb, lorsque l’Éternel m’eut dit : [+]”Convoque ce peuple de ma part, je veux leur faire entendre mes paroles, afin qu’ils apprennent à me révérer tant qu’ils vivront sur la terre, et qu’ils l’enseignent à leurs enfants.” Vous vous approchâtes alors, et vous fîtes halte au pied de la montagne ; [2] et la montagne était embrasée de feux qui s’élevaient jusqu’au ciel, et voilée de nuages et de brume. Et l’Éternel vous parla du milieu de ces feux ; [3] vous entendiez le son des paroles, mais vous ne perceviez aucune image, rien qu’une voix.»TO

◖Ex19.16,18 ; 20.15

« le matin venu, il y eut des tonnerres et des éclairs et une nuée épaisse sur la montagne et un son de cor très intense… la [1] montagne de Sinaï était [2] toute fumante, parce que le Seigneur y était descendu au sein de la flamme ; sa fumée montait comme la fumée d’une fournaise et la montagne entière tremblait violemment… [3] Or, tout le peuple fut témoin de ces tonnerres, de ces feux, de ce bruit de cor, de cette montagne fumante et le peuple à cette vue, trembla et se tint à distance. TO

Ajouts et divergences

[1] – ◐ : Horeb. / ◖ : montagne de Sinaï. [+] Aucune trace de ces propos yehvahiques dans la rédante. Traduction inexacte ! וְכָל-הָעָם רֹאִים אֶת-הַקּוֹלֹת – vekhol ha’am roim et hakolot, signifie « …et tout le peuple, ils virent les voix… »VR. [2] – ◐ : montagne embrasée de feux qui s’élevaient jusqu’au ciel, et voilée de nuages et de brume. / ◖ : tonnerres, éclairs, nuée épaisse, son de cor, fumée montante d’une fournaise, tremblements violents, feux. [3] – ◐ : Aucune image perçue, seulement une voix. / ◖ : Le peuple vit les voix.

Dt4.16-18 – Interdiction de représentation : divergence.

◐ Dt4.16-18

« Craignez de vous pervertir en vous fabriquant des idoles, représentation ou symbole de quoi que ce soit : image d’un individu mâle ou femelle ; image de quelque animal terrestre ; image d’un volatile quelconque, qui vole sous le ciel ; image de ce qui rampe sur le sol, ou de tout poisson qui vit dans les eaux au-dessous de la terre. »TO

◖Ex20.4

« Ne représente pas ces dieux par une statue gravée ou une image de tout ce qui se trouve en haut dans le ciel, en bas sur la terre, ou dans l’eau au dessous de la terre. Ne te prosterne point devant ces dieux et ne les adore pas. »TO

Différences

La nouverse révise plus complètement et strictement le champ de non représentation. Loin des formes abstraites évoquées dans la rédante, la nouverse condamne clairement définitivement toute perspective graphique et par là même, arts et sciences. L’avantage est de simplifier la décoration et les cursus d’étude : tableaux blancs et livres de d’anatomie, de biologie, de zoologie… sans images. La botanique semble épargnée. Quant aux livres de coloriages pour enfant, ils peuvent être blancs à l’instar des crayons de (non)couleur qui les accompagnent. Ce qui est finalement très économique car on peut se contenter d’un cahier d’une seule page, qui peut même se transmettre d’un enfant à l’autre et d’une génération à l’autre tant il ne s’altère pas. Des variantes existent : un crayon rouge pour un cahier rouge, un crayon vert pour un cahier vert… Mais jamais, ô grand jamais, une quelconque possibilité de contraste, au cas où par accident, on obtienne une forme approchée du vivant.

Dt4.19 – Interdiction d’idolâtrie : divergence.

◐  Dt4.19

« Tu pourrais aussi porter tes regards vers le ciel et, en voyant le soleil, la lune, les étoiles, toute la milice céleste, tu pourrais te laisser induire à te prosterner devant eux et à les adorer… »TO

◖Ex20.5,19

« Ne te prosterne point devant ces dieux et ne les adore pas. »TO, « Ne faites une représentation de rien de ce qui est avec moi.»TS

Différences

Dans le même ordre d’idée que le commentaire précédent, la nouverse étoffe en citant des astres à ne pas adorer, tout en conservant le sens des entités métaphysiques à ne pas représenter. Les termes employés sont cependant très différents.

Dt4.19-20 – Appartenance à Yehvah : de l’élection à l’adoption.

« … le soleil, la lune, les étoiles, toute la milice céleste… or, c’est l’Éternel, ton Dieu, qui les a donnés en partage à tous les peuples sous le ciel. Mais vous, l’Éternel vous a adoptés, il vous a arrachés de ce creuset de fer, l’Égypte, pour que vous fussiez un peuple lui appartenant, comme vous l’êtes aujourd’hui. »TO

Nous trouvons ici une variante de ce qui fut jusqu’alors rapporté sur l’Égypte, c’est-à-dire l’esclavage, par le biais de la tournure nouvelle : « creuset de fer »TO.

Le plus important à noter repose sur deux révélations. C’est à dire que Yehvah ne se positionne pas comme divinité universelle, mais plutôt, exclusive au peuple qu’il a « adopté » pour lui appartenir. Nous découvrons enfin le fondateur de la très mal connue, Société Protectrice des Petits Peuples égarés. Pour les autres peuples qui regretteraient, car il existe des psychopathes masochistes un peu partout, de ne pas pouvoir servir une divinité aussi « spéciale » que Yehvah, il reste une consolation : le soleil, la lune, les étoiles et toute la milice céleste. Cette milice céleste reste toutefois à définir. Mais vu ce qu’on apprend sur un du genre qui nous intéresse, je cite en l’espèce yehvah, si les autres sont du même acabit, cela réserve quelques grands moments de plaisir aux éventuels adorateurs.

Dt4.21,24 – Traits de caractère yehvahiques : Jalousie et Colère.

« L’Éternel(yehvah) s’est courroucé contre moi… »TO

Moïse souligne à nouveau. Ce qui nous sera. L’insistance de Moïse à rappeler la tendance colérique de son dieu présentée maintes fois dans le récit, force à mettre en lumière le non-sens d’un tel sentiment chez un quelconque modèle supérieur divin..

 « Car l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), est un feu dévorant, une divinité(el) jalouse! »TO. Repris en Dt9.3.

La jalousie yehvahique est évoquée dans les deux versions des dix commandements dans Exode et Nombres.

Le nom « Jaloux » lui est attribué par le texte en Exode 34.14. Cette affirmation de dieu jaloux sera reprise une dernière fois en Dt6.15 sans plus jamais apparaître à l’issue dans tout le Tanakh.

Cette fois, le rédacteur ajoute à jaloux, « feu dévorant ». J’insiste sur cette affirmation pitoyable d’une divinité jalouse et colérique. Un telle considération ruine de manière irréparable le prestige et le panache d’un individu quelconque et n’en est que plus affligeant à propos d’un être prétendu supérieur. J’estime que quelques citations choisies et commentées, permettront de mieux cristalliser la teneur du reproche.

Jalousie

  • « La jalousie est essentiellement bête et brutale. », Honoré de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées.
  • « (La jalousie) n’est qu’un sot enfant de l’orgueil, ou c’est la maladie d’un fou. », Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro.
  • « Le véritable Amour et la véritable ambition font incapables de jalousie. ». Mémoires de Christine, reine de Suède.
  • « La féodalité a été fondée sur des sentiments nobles : loyauté, protection, service. Les autres systèmes politiques se fondent sur des sentiments méprisables : égoïsme, convoitise, jalousie, lâcheté. » Nicolás Gómez Dávila, Escolios a un texto implícito, traduit par Michel Bibard.
  • « Jalousie nous dévore. Nous sommes son plat du jour. », Charles de Leusse, Respire. 
  • « La dictature est la forme la plus complète de la jalousie. », Curzio Malaparte, Technique du coup d’État.
  • « La jalousie est aussi un démon qui ne peut être exorcisé, et reviens toujours incarner une nouvelle forme. », Marcel Proust, A la recherche du temps perdu.
  • « Dans un ordre établi, dans une morale raisonnée, la jalousie n’est qu’une faiblesse ou une sottise. », Etienne Pivert de Senancour, De l’amour considéré dans les lois réelles et dans les formes sociales de l’union des sexes.
  • « Oh! attention, monseigneur, à la jalousie ; c’est le monstre aux yeux verts qui tourmente la proie dont il se nourrit. », William Shakespeare, Othello.
  • « La jalousie est mille fois plus terrible que la faim, parce que c’est une faim spirituelle. », Miguel de Unamuno, Du sentiment tragique de la vie.

Colère

  • « La colère, qui désire un mal sous la raison du bien, est un péché singulier. », Sébastien Lapaque, Jour de colère.
  • « Jamais le sage ne se met en colère. », Cicéron, Pro murena.
  • « Quand le sage est en colère, il cesse d’être sage. », Le Talmud !!, Traité Pesa’him.
  • « On n’est pas homme tant qu’on se laisse dominer par la colère. », Proverbe oriental.
  • « La colère n’a rien de grand ni de noble. Il n’y a vraiment grand que ce qui, en même temps, est calme. », « La raison veut décider ce qui est juste ; la colère veut qu’on trouve juste ce qu’elle a décidé. », Sénèque.
  • « Qu’il est pitoyable, l’être trop faible qui soudainement se fâche. Il ne sait plus, l’instant de colère passé, comment se comporter. », Gilles Archambault, La vie à trois.
  • « Devant Dieu, l’homme fait le dos rond, il s’abîme dans sa petitesse. Ainsi pense-t-il offrir moins de prise à la colère divine. », Michel Tournier, Vues de dos.
  • « La Bible dit que l’homme a été fait à l’image de Dieu – et il est vrai que l’homme et le Dieu se ressemblent jusque dans leurs colères. », Christian Bobin, Le Très-Bas.
  • « Celui qui, sous l’effet de la colère, déchire ses vêtements, brise ses ustensiles ou dilapide son argent, qu’il t’apparaisse comme s’il était un idolâtre.
  • Car c’est ainsi que fonctionne le yétsèr ha-ra’ (“penchant au mal”) : Il te dit un jour fais ceci, et le lendemain fais cela, jusqu’à ce qu’il t’ordonne d’adorer les idoles. L’homme s’exécute alors et va les adorer », (Chabbath 105b).
  • « Ne cède pas à ton irritation, car la colère repose dans le sein des sots », (Ecclésiaste 7, 9).
Synthèse caractérisant la Chose.

Yehvah, souffrant de faim spirituelle, tel un pécheur idolâtre état de fait, somme toute interloquant pour un être voulu d’essence spirituelle, est un monstre aux yeux verts qui s’est attribué comme proie dont il se nourrit, un peuple aussi faible que crédule. Ni grand ni noble, emprunt inspiration démoniaque impossible à exorciser car changeante et d’un penchant au mal le poussant par ses actes à forcer ce que lui seul veut juste. Il aura donc fondé un système méprisable, une dictature, sans ordre établi, sans morale raisonnée. Orgueilleux, sot, bête, brutal, faible, pitoyable, faible, malade fou, vide de sagesse, sans véritable amour ni véritable ambition, ne sachant comment se comporter.

Dt4.26 – Moïse menace : fausse note à consonance idolâtre.

« …j’en prends à témoin contre vous, aujourd’hui, les cieux et la terre… »TO

Nous sommes ici au milieu d’une mise en garde contre l’idolâtrie. On peut trouver maladroit de la part de Moïse d’invoquer comme entités personnifiées, car prétendues « témoins », les cieux et la terre.

Dt4.28 – Description d’un dieu sensitif.

Le contexte est celui de l’éloge à un dieu merveilleux, accomplissant prodiges et miracles, ayant libéré avec force et phénomènes surnaturels son peuple d’Égypte, garantissant pérennité pour obéissance et destruction pour infidélité.

« Là, vous serez soumis à ces dieux, œuvre des mains de l’homme, dieux de bois et de pierre, qui ne voient ni n’entendent, qui ne mangent ni ne respirent. »TO

Le verset suggère clairement qu’à la différence des dieux fabriqués de matières inertes, Yehvah lui, voit, entend, mange et respire. Ce n’est là qu’une confirmation des multiples évocations du texte allant en ce sens. Fait-il ajouter qu’il parle, car ayant fait entendre sa voix au peuple et passant son temps à « dire en ces termes. » On était en droit d’attendre une communication extra-sensorielle, non verbalisée, empathique ou télépathique. Toutefois, il parle et dispose d’une bouche et d’un souffle pour le faire. Je lance ici les bases d’un problème technique pointu : quelle doit être la taille de la tétine correspondant à sa bouche, pour le faire taire en cas de crise ?

Revenant au texte, celui-ci stipule régulièrement que Yehvah voit les comportements, entend les plaintes de son peuple, respire les odeurs agréables des sacrifices, le fait de manger reste encore flou à ce stade.

Après sa psychologie malsaine, ses dépendances physiques, réduisent ce dieu tant humanisé, de par ces attributs, à un être qui est tout sauf supérieur. Cette supériorité devient toute relative. Bien plus encore, elle est facilement annulable d’un point de vue humain. Dès lors qu’avec un peu de travail sur soi et d’acquisition de sagesse on peut transmuter définitivement les sentiments de colère et de jalousie, on devient de facto, psychologiquement et comportementalement supérieur à ce dieu. Ce, sans toutefois ne jamais nier ni mal apprécier la déception, la désapprobation ou la contrariété, lorsque ces sentiments sont conduits pour générer solutions constructives.

Quant à la création de l’univers dite ex nihilo, je demande encore à voir. On peut l’écrire, la raconter, essayer d’y faire croire, cependant, cela reste une chimère. Pour ma part, je peux créer ou plutôt fabriquer, certes ex materia. Par exemple, je pourrais emprunter deux pages d’un livre que j’ai devant moi et que je destine au recyclage pour fabriquer une petite boîte coulissante, dans laquelle je laisserai entrer une coccinelle complice, le temps de la libérer devant le regard émerveillé d’un enfant. Je défie Yehvah d’en faire autant.

Dt4.41-. – Désignations de villes refuges pour meurtrier : contradiction.

Sans que cela présente un intérêt majeur, on fait ici, citer à Moïse le nom de 3 villes refuges pour meurtriers involontaires, à l’est du Jourdain. Le nombre total de ville à désigner est au nombre de 6[4], à établir en « terre promise »[5]. Alors que trois tribus ont déjà fait défection refusant d’entrer en Canaan, Moïse doit revoir les injonctions yehvahiques et attribuer hors de terre sainte, une partie des villes refuges. Cette répartition demeure très déséquilibrée, car si l’on affecte 3 villes à 2 tribus et demie, hors de la « terre sainte », il ne reste que 3 villes pour 9 tribus et demie pour le territoire béni qui devrait donc être prioritaire. Ce ne sera pas le cas au final.

« C’est alors que Moïse désigna trois villes en deçà du Jourdain, à l’orient, pour servir de refuge au meurtrier qui ferait mourir son prochain sans préméditation et sans avoir été précédemment son ennemi, afin qu’en se réfugiant dans une de ces villes, il pût sauver sa vie. C’étaient : Bécer, dans le désert, dans le plat pays appartenant à la tribut de Ruben ; Ramoth, en Galaad, à la tribu de Gad, et Golân, dans le Basan, à celle de Manassé. »TO

Dt5.. – Dix Commandements : le remake.

On trouve donc ici la nouvelle mouture des « Dix Commandements » dissonants par rapport à la première version. Cf. Ex20.. : Les dix Commandements. Je rappelle ici encore une fois qu’aucune divergence concernant l’immuable parole divine ne peut exister. Cette impossibilité est confortée par le texte lui-même.

5.5 : « Moi, je me tenais, en ce temps-là, entre l’Éternel et vous, pour vous exposer la parole de l’Éternel, parce que, terrifiés par la flamme, vous n’approchâtes point de la montagne ; et il disait : »TO

On rapporte bien les paroles qu’il est sensé avoir prononcé.

5.18 : «Ces paroles, l’Éternel les adressa à toute votre assemblée sur la montagne, du milieu des feux, des nuées et de la brume, d’une voix puissante, sans y rien ajouter ; puis il les écrivit sur deux tables de pierre, qu’il me remit.”TO

 10.1,4,5 : « En ce temps-là, l’Éternel me dit : “Taille toi-même deux tables de pierre pareilles aux premières… J’écrirai sur ces tables les paroles qui étaient sur les premières que tu as brisées… Et l’Éternel grava sur les tables la même inscription, les dix paroles qu’il vous avait fait entendre sur la montagne…”TO

Si la « MÊME » inscription des paroles qui étaient sur les premières tables, sont sans conteste possible, gravées sur les secondes, aucune variation ne doit apparaître. Ce n’est pas le cas.

Dt5.18-24 – Le peuple terrifié délègue Moïse comme unique médiateur.

◐ Dt5.18-24,26-27

« [1] Or, quand vous eûtes entendu cette voix sortir du sein des ténèbres, tandis que la montagne était en feu, vous vîntes tous à moi, les chefs de vos tribus et vos anciens, en disant : [2] “Certes, l’Éternel, notre Dieu, nous a révélé sa gloire et sa grandeur, et nous avons entendu sa voix du milieu de la flamme ; nous avons vu aujourd’hui Dieu parler à l’homme et celui-ci vivre ! Mais désormais, pourquoi nous exposer à mourir, consumés par cette grande flamme ? Si nous entendons une fois de plus la voix de l’Éternel, notre Dieu, nous sommes morts. Car est-il une seule créature qui ait entendu, comme nous, la voix du Dieu vivant parler du milieu du feu, et soit demeurée vivante ? Va toi-même et écoute tout ce que dira l’Éternel, notre Dieu ; et c’est toi qui nous rapporteras tout ce que l’Éternel, notre Dieu, t’aura dit, et nous l’entendrons, et nous obéirons.” [3] L’Éternel entendit les paroles que vous m’adressiez, et il me dit : “J’ai ouï la voix de ce peuple, les paroles qu’il t’adresse : tout ce qu’ils ont dit est bien dit. Va, dis-leur de rentrer dans leurs tentes ; toi ensuite, tu resteras ici avec moi, et je te dirai toute la loi, et les statuts et les règles que tu dois leur enseigner, afin qu’ils les observent dans le pays dont je leur destine la possession. »TO

◖Ex20.14-17

« [1] Or, tout le peuple fut témoin de ces tonnerres, de ces feux, de ce bruit de cor, de cette montagne fumante et le peuple à cette vue, trembla et se tint à distance. Et ils dirent à Moïse : [2] “Que ce soit toi qui nous parles et nous pourrons entendre mais que Dieu ne nous parle point, nous pourrions mourir.” [+] Moïse répondit au peuple : “Soyez sans crainte ! c’est pour vous mettre à l’épreuve que le Seigneur est intervenu ; c’est pour que sa crainte vous soit toujours présente, afin que vous ne péchiez point.” [3] Le peuple resta éloigné, tandis que Moïse s’approcha de la brume où était le Seigneur. »TO

Divergences

[1] – ◐ : La voix sortie des ténèbres et la montagne alors en feu poussent peuple, chefs de tribu et anciens à parler à Moïse. / ◖ : Tonnerres, feux, bruit de cor, montagne fumante, font trembler et rester à distance le peuple qui parlera à Moïse. [2] – Pour une conclusion dont le sens est identique, à savoir : Moïse sera le seul intermédiaire, les propos sont différents tant en teneur et termes qu’en longueur de la rédante à la nouverse. [+] – Seulement dans la rédante, apparaît la remarque de Moïse faite au people, avançant que Yehvah cherche à l’éprouver et à l’effrayer. [3] – ◐ : Yehvah énonce qu’il apprécie les propos du peuple avant d’enjoindre Moïse à faire rentrer tout le monde dans les tentes avant de venir se présenter. / ◖ : Le peuple reste simplement éloigné et Moïse, seul, s’approche

Dt7.1 – Populations à chasser : démesure démographique.

Le chapitre précédent se cantonnait à ressasser les habituelles harangues sur le devoir d’aimer ce dieu, de transmettre, de porter ou de fixer ces paroles de loi, de se préserver de l’idolâtrie, au point que cela en devient rébarbatif.

Ici en revanche, on nous signale un détail important concernant le volume de population cananéenne que les hébreux vont devoir affronter.

« Lorsque l’Éternel, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays où tu te rends pour le conquérir ; quand il aura écarté de devant toi ces nombreuses peuplades, le Héthéen, le Ghirgachéen, l’Amorréen, le Cananéen, le Phérézéen, le Hévéen et le Jébuséen, sept peuplades plus nombreuses et plus puissantes que toi. »

Si on s’appuie sur l’estimation de la population entendue des hébreux en s’arrêtant au chiffre de 3500000[6] individus, et si il est prétendu que les peuples à chasser sont supérieurs en nombre, cela nous conduit à un total d’au moins 7×3500000= 24500000 personnes. Le texte prétend que la population locale de l’époque plus de 3 fois supérieure à la population israélienne actuelle[7] et près de 9 fois celle de l’Égypte antique à la période des évènements.

Il faut aussi comprendre que la population Cananéenne autochtone à bénéficié d’un bond démographique durant les 40 dernières années du récit. Ceci est du à l’apparition soudaine des Ghirgachéens. On comprend ce fait en comparant la promesse yehvahique actuelle et celle faite au pied du Sinaï, 40 ans plus tôt.

Ex34.11 : « Voici, j’écarterai de devant toi l’Amorréen, le Cananéen, le Héthéen, le Phérézéen, le Hévéen et le Jébuséen. »TO. Aucune trace ici du Ghirgachéen. Du fait que la parole yehvahique soit véridique et incontestable, on ne peut que conclure que non seulement les Ghirgachéens n’existaient pas au moment de l’exode mais qu’ils ont réussit à s’immiscer au sein des populations cananéennes, en déjouant la clairvoyance yehvahique qui aurait normalement du, en vertu de son caractère divin, projeter leur apparition. On trouve en Gn19-21 : « Ce jour-là, l’Éternel conclut avec Abram un pacte, en disant : “J’ai octroyé à ta race ce territoire, depuis le torrent d’Égypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate : le Kénéen, le Kenizzéen, le Kadmonéen; le Héthéen, le Phérézéen, les Rephaim; l’Amorréen, le Cananéen, le Ghirgachéen et le Jébuséen. »TO Indépendamment des variations régulières du territoire décrit et des peuples sensés l’occuper, on remarque que les Ghirgachéens occupaient déjà la région au temps d’Abram. Ils devaient certainement se trouver à l’extérieur du territoire cananéen finalement circonscrit et donc être venu s’y installer entre deux déclarations yehvahiques. Ce qui confirme notre hypothèse. Trêve de plaisanteries, on constate une fois de plus que les différents tronçons ne concordent pas, du fait d’un auteur ayant perdu le fil ou d’auteurs n’ayant pas corrélé les affirmations. La validation des affirmations texte revient une fois de plus à une insulte scientifique.

Ce texte ramène donc les archéologues à n’avoir été que des incapables éhontés. Près de 25000000 d’individus répartis en 7 populations dont plus des deux-tiers n’ont laissé aucune trace historique ou archéologique probante, sur un des territoires les plus fouillé au monde, est plutôt ahurissant. D’autant plus qu’il faut plusieurs millénaires à une population pour atteindre ne serait-ce qu’un million d’occupants. De qui se moque-t-on ? A quoi servent les chercheurs et les scientifiques, s’ils sont aussi incapables de révéler, ne serait qu’une infime bribe d’une minuscule trace, alors que le ‘houmash, lui, révèle en un seul verset qui sera admis et considéré comme une vérité historique. A quoi servent les stratigraphies, les datations isotopiques, les géo-scanners, les armées de gratte-cailloux, qui s’épuisent à chercher, à corréler, à creuser jusqu’au sang pour ne jamais rien trouver ou démontrer après des siècles d’investigations acharnées ? Décidément… que serions nous sans la Torah ?

Dt7.2 – Populations à exterminer : le plus grand génocide de l’histoire.

Ce commentaire ne s’adresse qu’à ceux qui voient en ce texte une référence historique. Si, selon eux, les évènements ont bien eu lieu et les données fournies sont fiables et incontestables, l’affirmation du verset suivant est on ne peut plus claire.

« …quand l’Éternel, ton Dieu, te les aura livrés et que tu les auras vaincus, tu les frapperas d’anathème. Point de pacte avec eux, point de merci pour eux ! »TO

Rappelons que « anathème » signifie extermination totale. La solution initiale au problème Cananéen induit l’extermination totale de 24500000 personnes. Ce qui représente bien le plus grand génocide de toute l’histoire. Cette considération inclut non seulement la masse d’individus massacrés mais surtout le délai prétendu de leur exécution : deux semaines d’après les textes de Josué. Cela nous amène à 1633000 morts par jour. Ces conclusions ne sont basées que sur les éléments que fournit le texte. Je n’ai rien trouvé de comparable dans l’histoire.

            L’ampleur de l’énormité révèle bien plus que de l’irréalisme ou de la fantasmagorie chez l’auteur, mais bien de l’inconscience totale. Plus encore alors que le texte lui-même va s’empêtrer dans ses propres considérations démographiques d’un verset à l’autre.

Dt7.3-4 – Interdiction de mixitude : contradiction immédiate.

« Ne t’allie avec aucun d’eux : ta fille, ne la donne pas à son fils, et sa fille, n’en fais pas l’épouse du tien ! Car il détacherait ton fils de moi, et ils adoreraient des divinités étrangères, et la colère du Seigneur s’allumerait contre vous, et il vous aurait bientôt anéantis. »TO

Alors que le verset précédent déclare l’anathème de la population à conquérir, ceux-ci mettent en garde contre toute union mixte. Soit l’auteur perd complètement le fil de ce qu’il raconte, soit il suggère une éventualité nécrophilique. Jusqu’à preuve du contraire, il paraît difficile de se marier avec un mort.

Dt7.5 – Destruction de monuments de culte : annihilation spirituelle.

Le texte revient à nouveau à une logique de destruction, non plus seulement physique, au cas où cela n’aurais pas suffit, mais spirituelle par le biais de la liquidation des supports cultuels matériels.

« Non, voici ce que vous devrez leur faire : vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs monuments, vous abattrez leurs bosquets, vous livrerez leurs statues aux flammes. »TO. La notion est reprise en 7.24-25 : « Les images de leurs divinités, vous les détruirez par le feu… abomination à l’Éternel, ton Dieu… déteste-la, repousse-la avec horreur, elle est vouée à l’anathème ! »

Comme nous l’avions déjà compris, nous assistons à une démonstration de tolérance religieuse.

Dt7.6-8 – Rappel de l’élection et de ses motifs.

« Car tu es un peuple consacré à l’Éternel, ton Dieu : il t’a choisi, l’Éternel, ton Dieu, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre.”

Le traducteur est décidément trop modeste en ne rendant pas assez complètement le sens du verset, toutefois correct sensu lato. Le début du verset, כִּי עַם קָדוֹשׁ אַתָּה, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ, « Car peuple saint tu es, pour Yehvah ton dieu »VR. Si on avait voulu signifié consacré, il eut fallu user de מֵקוֹדָשׁ – meqodash et non de קָדוֹשׁ – qadosh.

Quant au spécial, reporté à peuple, généralement admis, à tort ou a raison, mais résolument impossible à sortir des esprits, il provient du terme סְגֻלָּה – sgulah, « précieuseté ». On retrouve ce terme à divers endroits, avec, sans surprise des traductions différentes. סְגֻלָּה : Ex19.5, « Trésor », Dt14.2, « spécial », Dt26.18, « privilégié ». Le terme élu n’est pas utilisé, rapporté à « peuple », par le traducteur. « Élu », dans la traduction française, n’est employé qu’associé à un endroit ou un individu, mais jamais au peuple. On peut alors, tout compromis accepté entre texte et traduction, qualifier ce peuple selon Yehvah de « trésor spécial privilégié ». `Dt14.2

La dérive provient certainement du fait que d’après le texte et en général Yehvah « a choisi » le peuple. « A choisi » est la traduction correcte de בָּחַר – bakhar, qui signifie aussi élire.

Quant au motif du choix, il est évoqué dans les versets suivants, Dt7.7-8.

« Si l’Éternel vous a préférés, vous a distingués, ce n’est pas que vous soyez plus nombreux que les autres peuples, car vous êtes le moindre de tous ; c’est parce que l’Éternel vous aime, parce qu’il est fidèle au serment qu’il a fait à vos aïeux; voilà pourquoi il vous a, d’un bras puissant, arrachés et sauvés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Égypte. »TO

Ainsi, Yehvah aime ce peuple en plus d’être fidèle à ses aïeux. C’eut pu être touchant si on oubliait seulement qu’en Ex25.42, Yehvah nomme et affecte ce peuple comme esclave. Sans compter le volume d’individus qu’il aura fait périr de diverses manières.

Entre deux lubies yehvahique, le texte affirme que ce peuple est le moins nombreux de tous. A nouveau contradictoire si on compare ses 3 millions et demi de ressortissants au peuple madianite qu’il a massacré qui comptait seulement 100000 individus[8].

En moins de huit versets, l’auteur aura perdu 3 fois le fil de sa narration et la cohérence démographique de ses affirmations.

Le texte poursuit par la sempiternelle éloge de Yehvah, le plus beau des dieux, qu’il faut servir avec crainte en cas d’infidélité et sans crainte des ennemis qu’il balayera devant son peuple qu’il bénira en cas d’obéissance…

Dt7.20 – Mesures d’extermination complémentaires : achèvement radical « biologique ».

« De plus, l’Éternel, ton Dieu, suscitera contre eux les frelons, pour achever les survivants qui se seraient dérobés à toi. »TO

Il est vrai qu’en termes d’armement biologique, on pense aux agents pathogènes. On apprend ici que Yehvah dispose d’une arme de finalisation exterminatoire qu’on peut sans conteste qualifier de « Bio ». Il faut bien concéder à Yehvah le caractère avant-gardiste du concept de guerre plus écologique. Plus tristement, le verset rappelle bien qu’il faut achever les conquis. En vertu du fait qu’il évoque en 7.19 : « … des grandes épreuves que tes yeux ont vues ; de ces signes et de ces prodiges, de cette main puissante et de ce bras étendu, par lesquels t’a émancipé l’Éternel, ton Dieu. Ainsi fera-t-il de tous les peuples que tu pourrais craindre… »TO, plus que la main à pâte, il propose de mettre la main à la peste.

Dt7.22 – Mesure dans les mesures d’extermination : volte-face stratégique et incohérence.

« L’Éternel, ton Dieu, écartera ces peuples de devant toi, mais peu à peu ; tu ne pourras pas les détruire rapidement, car les bêtes sauvages se multiplieraient autour de toi. Mais l’Éternel, ton Dieu, les mettra à ta merci ; il répandra parmi eux un grand trouble, jusqu’à ce qu’ils soient détruits. Il mettra leurs rois dans ta main, et tu effaceras leur mémoire sous le ciel ; pas un ne te tiendra tête, de sorte que tu les extermineras tous. »TO

Si, force de le voir répété, nous avons bien compris la volonté d’extermination des peuples conquis, il s’agit cette fois de prendre le temps de le faire, ce qui est notablement contradictoire avec les exploits de la Blitzkrieg à venir qu’orchestrera Josué.

Dt8.5 – Châtiments yehvahiques : père modèle ou pire modèle ?

Après que l’histoire n’ai jamais laissé planer le moindre doute sur la mort et la désolation qu’a essaimé Yehvah au sein de son propre peuple, on peut lire une énormité.

« Tu reconnaîtras donc en ta conscience que si l’Éternel, ton Dieu, te châtie, c’est comme un père châtie son fils. »TO

La question de savoir pourquoi le peuple n’a pas engagé de poursuites pour maltraitance infantile a trouvé sa réponse dans le texte : ils ont été éradiqués dans le désert.

A ceux qui souhaiteraient prendre Yehvah pour modèle parental, on peut rappeler ses méthodes pédagogiques dans l’ordre alphabétique : Alimentation empoisonnée. Alimentation monotone et réduite. Contagions diverses. Engloutissement par la terre. Hydratation minimale. Immolation. Livraison à ennemis. Marche forcée de 40 ans dans le désert. Répression par l’épée. Répression par la lapidation. Répression par le pal. Serpents venimeux.

D’ailleurs l’histoire a montré que le modèle de culte du chef, orchestrée par une direction privilégiée et unique mettant en place un système d’endoctrinement et de répression sévère, a été utilisé. La surprise peut provenir du fait que, même si la ressemblance suggère l’inspiration, ce genre d’individu n’avait aucune affinité pour les références yehvahique, loin s’en faut.

Notons, pour anecdote, ce qu’énonce le verset précédent en 8.4 à propos de l’errance dans le désert : « Tes vêtements ne se sont pas usés sur toi, tes pieds n’ont pas été meurtris, durant ces quarante années. »TO

Si les vêtements inusables évoqués pourraient être un prototype issu d’une mélange composite de type téflon-titane-kevlar, la qualité des souliers devaient être tout autant exceptionnelle. On peut sereinement affirmer que pour la multitude[9] de la génération condamnée à mourir dans le désert, l’état de leurs pieds devait leur faire une belle jambe.

Dt9.1-2 : Autochtones Cananéens : nouvelles précisions.

« Écoute, ô Israël : tu franchis maintenant le Jourdain, pour aller déposséder des nations plus grandes et plus puissantes que toi aux villes importantes, dont les remparts touchent le ciel ; une peuplade nombreuse et géante, des enfants d’Anak ! Et tu sais toi-même, tu l’as souvent ouï dire, qui peut tenir tête aux enfants d’Anak ? »TO

1o. Villes importantes dont les remparts touchent le ciel. Nous trouvions déjà durant la guerre à Og[10], le témoignage par le texte de nombreuses et lourdes fortifications. Le texte réitère ici en signalant cette fois des remparts qui touchent le ciel. Vu la population géante, attendue d’environs 25 millions[11], cela suggère de nombreuses structures urbaines colossales. Dont, pour ne rien changer, nul n’a trouvé de traces à ce jour, ni de cadavres, ni de fondations.

2o. Proverbe oublié.  « Qui peut tenir tête aux enfants d’Anak ? ». La réponse n’est autre que : « Les enfants de l’Arnaque. »

Dt9.4-8 – Valeur du peuple : le meilleur du pire.

Entre deux, l’auteur insiste sur son habituelle rengaine qui consiste à vanter son dieu, bannir l’idolâtrie et promettre prospérité et abondance aux bons suivants.

Ici, Yehvah relativise la valeur de son « moindre peuple trésor spécial privilégié[12] ».

«…c’est à cause de la perversité de ces peuples que l’Éternel les dépossède à ton profit. Non, ce n’est pas à ton mérite ni à la droiture de ton cœur que tu devras la conquête de leur pays : c’est pour leur iniquité que l’Éternel, ton Dieu, dépossède ces peuples à ton profit, et aussi pour accomplir la parole qu’il a jurée à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob. Rappelle-toi, n’oublie jamais, combien tu as mécontenté l’Éternel, ton Dieu, dans le désert ! Depuis le jour où tu es sorti du pays d’Égypte, jusqu’à votre arrivée en ce lieu-ci, vous avez été rebelles envers le Seigneur ! Au Horeb même, vous avez mécontenté le Seigneur, et il s’irrita contre vous, au point de vouloir vous anéantir. »TO

Peut-on encore soutirer une fierté quelconque d’une sélection, non pas du fait qu’on soit le meilleur, mais plutôt que les autres soient pire ? Tout n’est qu’une question d’ego.

Dt9.12-14 – Moïse alerté pour le Veau d’Or : variations.

Après qu’il insisté sur le mécontentement yehvahique, Moïse évoque ascension du Sinaï et tables de pierres avant d’évoquer la manière dont Yehvah l’avertit le Veau d’Or. Encore et toujours, les propos immuable de yehvah sont différents d’une version à l’autre.

◐ Dt9.12-14

« et il(Yehvah) me dit alors : [1] “Va, descends d’ici en toute hâte, car on a perverti ton peuple, que tu as [2] conduit hors de l’Égypte ; [3] ils ont tôt abandonné la voie que je leur avais prescrite, ils se sont fabriqué [4] une idole !” Puis, l’Éternel me parla ainsi : “J’ai observé ce peuple : or, c’est un peuple rétif. [5]Laisse-moi, je veux les anéantir, [6] je veux effacer leur nom sous le ciel, [7] et faire naître de toi une nation plus grande et plus nombreuse que celle-ci.”»TO

◖Ex32.7-10

« Alors l’Éternel dit à Moïse : [1] “Va, descends !   car on a perverti ton peuple que tu as [2] tiré du pays d’Égypte ! [3]De bonne heure infidèles à la voie que je leur avais prescrite, ils se sont fait [4]   un veau de métal [+] et ils se sont courbés devant lui, ils lui ont sacrifié, ils ont dit : ‘Voilà tes dieux, Israël, qui t’ont fait sortir du pays d’Égypte!’”L’Éternel dit à Moïse : “Je vois que ce peuple est un peuple rétif. Donc, [5] cesse de me solliciter, [6] laisse s’allumer contre eux ma colère et que je les anéantisse, [7] tandis que je ferai de toi un grand peuple !”»TO

Altérations

Une autre mauvaise répercussion de la parole yehvahique. [1] – ◐ : Descend en toute hâte ! / ◖ : Descend ! [2] – ◐ : …conduit hors… / ◖: …tiré du pays… [3] – ◐ : …ils ont tôt abandonné… / ◖ : De bonne heure infidèles… [4] – ◐ : …idole… / ◖ : …veau de métal. [+] La partie du texte qui révèle que le peuple servit et se prosterna devant le Veau d’Or en proclamation qu’il était le dieu qui les extrait d’Égypte est retiré de la nouverse. [5] – ◐ : Laisse-moi… / ◖: …cesse de me solliciter… [6] – ◐ : …je veux effacer leur nom sous le ciel…/ ◖ : … laisse s’allumer contre eux ma colère… [7] – ◐ : …faire naître de toi une nation plus grande et plus nombreuse… / ◖: …tandis que je ferai de toi un grand peuple.

Dt9.20 – Moïse intercède pour Aaron : étoffement.

Nous sommes dans une phase colérique de Yehvah, suite à l’épisode du veau d’or. Moïse se présente comme sauveur au prix de grands efforts, et ajoute à sa tentative de valorisation ce qui suit.

« Aaron aussi avait gravement irrité l’Éternel, qui voulait l’anéantir : j’intercédai pour Aaron aussi dans ce temps-là. »TO

Aucune trace de mise en cause ou de menace contre Aaron dans le passage original en Exode. De facto, aucune trace de l’intercession de Moïse. La nouverse étoffe.

Dt9.21 – Répurgation du veau d’or : variation.

◐ Dt9.21

« Et votre ouvrage impie, ce veau que vous aviez fabriqué, je m’en saisis, le jetai au feu, le mis entièrement en pièces et le réduisis en menue poussière ; puis je répandis cette poussière dans le torrent qui descend de la montagne. » TO

◖Ex32.20

« Puis il prit le veau qu’on avait fabriqué, le calcina par le feu, le réduisit en menue poussière qu’il répandit sur l’eau et qu’il fit boire aux enfants d’Israël. » TO

Différences

La nouverse affirme que les résidus du veau furent jetés dans le torrent alors que la rédante précise qu’ils furent dilués dans le but d’être administré per os. On ne sait donc plus comment la seule divinité qui n’ait ressemblé à quelque chose dans cette histoire aura terminée son existence matérielle. Le procédé a le mérite d’être radical dans les deux cas. Si les événements avaient eu lieu ultérieurement, la pauvre bête aurait peut-être risqué la crucifixion. Heureusement que Moïse dans sa grande sagesse et sa grande clairvoyance à songé à l’inesthétique que cela aurait représenté pour les peintres de la Renaissance. Je fais ici référence à la période historique et non à la résurrection du Christ, soit dit pour ceux qui confondraient.

Dt9.23 – Kadêch-Barnéa : l’histoire re-révisée.

« Et quand l’Éternel voulut vous faire partir de Kadêch-Barnéa, en disant : “Allez prendre possession du pays que je vous ai donné”, vous avez désobéi à la parole de l’Éternel, votre Dieu, vous n’avez pas eu foi en lui, vous n’avez pas écouté sa voix ! »TO

Seul l’envoi d’explorateurs est parti de Kadêch-Barnéa, aucun ordre d’occuper Canaan n’a été donné à cet endroit dans la rédante.

Dt9.26 – Évocation de noms divins erronés : infraction traductionnelle au 3e commandement[13].

וָאֶתְפַּלֵּל אֶל-יְהוָה, וָאֹמַר, אֲדֹנָי יְהוִה

« …et j’implorai le Seigneur, et je dis : “Seigneur(yehvah)-Elohim(adonay)! »TO

« …je priai Yehvah et dit : Monseigneur Yehvah… »VC

La traduction du binôme dénominatif yehvahique est altérée par la traduction. Nous avons pris l’habitude de voir Yehvah traduit par « dieu, l’éternel, le seigneur… ». En revanche, elohim est quasi systématiquement traduit par « dieu », décliné ou non et adonay par « Seigneur », ce qui est pour le cas quasiment correct. Enfin la traduction d’adonay par elohim est plus qu’une maladresse ou une erreur : c’est un affront. Affront est du même ordre que celui qui consiste à nommer une éminence ou une sainteté, « monsieur ». Jusqu’alors, elohim était affecté à la caste céleste supérieure et adonay à « seigneur », tant forme de politesse que patron territorial. De fait nous constatons un usage inapproprié et abusif d’un dénominatif divin sacré, répréhensible par la loi elle-même.

Dt10.6 – Mort d’Aaron : variations.

« Or, les enfants d’Israël partirent de Beéroth-Benê-Yaakân pour aller à Mocêra : là est mort Aaron, là il a été enseveli, et son fils Eléazar l’a remplacé dans le sacerdoce. De là, ils allèrent à Goudgoda, et de Goudgoda à Yotbatha, contrée abondante en cours d’eau. »TO

L’étape de « Beéroth-Benê-Yaakân »TO ressemble certes mais varie légèrement de celle des Nombres, בְּנֵי יַעֲקָן – bnei ya’akan : « Benê-Yaakan »[14]. Quant à moserah, « Mocêra »TO, signalée comme l’endroit où est mort Aaron, elle est totalement nouvelle et inconnue. On pourrait tenter de rapprocher Mocêra de Mossêroth. Toutefois la rédante référence elle-même la sépulture d’Aaron à Hor-la-Montagne[15]. Le verset évoque ensuite une étape de Goudgoda à Yotbatha. Goudgoda ressemblerait à Hor-Haghidgad. Yotbatha en revanche est identique. Ainsi le reproche de mauvaise transposition typographique, certes fondé pourrait pousser à indulgence. Un tableau va alors nous aider à étayer l’invalidité de toutes les options et l’échec de cohérence de la nouverse.

Dt Chronologie
du texte
Étape Nb Chronologie
du texte
Étape
10.6 Beéroth-Benê-
Yaakân : בְּאֵרֹת בְּנֵי-יַעֲקָן – beerot-bnei-ya’aqan
+1 33.32 Benê-Yaakan : בְּנֵי יַעֲקָן –
bnei ya’akan 
27
10.6 Mocêra : מוֹסֵרָה – moserah +2 ? A? – Mossêroth : מֹסֵרוֹת –
moserot
26(-1 !!)
  +2 33.37 B? – Hor-la-Montagne : הֹר הָהָר – hor hahar 33(+5 !!)
10.7 Goudgoda : גֻּדְגֹּדָה – gudgodah +3 33.33 Hor-Haghidgad : חֹר הַגִּדְגָּד –
‘hor hagidgad
28
10.7 Yotbatha : יָטְבָתָה – yatvatah +4 33.34 Yotbatha : יָטְבָתָה – yatvatah 29

Hypothèse A :

Beéroth-Benê-Yaakan=Benê Yaakan, Mocêra = Mossêroth, Goudgoda = Hor-Haghidgad, Yotbatha = Yotbatha. (Bien que le texte invalide de lui-même cette option en associant clairement Mocêra à Hor-la Montagne : sépulture d’Aaron.) Impossible !  Car cela nous force à une séquence d’étapes chronologiquement conflictuelle : 27 à 26 !!!, (26 à 28… ???).

Hypothèse B :

Beéroth-Benê-Yaakan=Benê Yaakan, Mocêra = Hor-la-Montagne, Goudgoda = Hor-Haghidgad, Yotbatha = Yotbatha. Impossible ! Cela génère un bon en avant suivi d’un conflit chronologique : 27 à 33, 33 à 28 !!!, (28 à 29 ???).

Dt10.22 – Promesse de fécondité : un créateur qui perd le compte.

« Tes ancêtres étaient soixante-dix âmes quand ils vinrent en Égypte ; et maintenant l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), t’a multiplié comme les étoiles du ciel. »TO

Jusqu’à présent on trouvait des promesses de démographie future évasives, que nous n’avons pas relevées.

Cette fois-ci, il s’agit d’un compte. On part d’un chiffre entendu et connu pour ce qui doit arriver à un chiffre entendu et connu. Particulièrement de la part du « créateur de l’univers ». Se profilent alors deux possibilités concernant le nombre d’étoiles du ciel. Soit on considère le nombre d’étoiles visibles à l’œil nu, soit le nombre réel. Le nombre d’étoiles visibles est estimé à +/-6000 astres de magnitude 6 répartis sur les deux hémisphères dans des conditions idéales. Ce chiffre étant de loin dépassé par la population affichée dans le texte, il nous faut se reporter au nombre réel. Malheureusement ce nombre réel est inconnu. Il faut s’en remettre à une estimation de la NASA[16] : ~1021 étoiles, soit 1.000.000.000.000.000.000.000. Très prometteur pour un seul peuple, alors qu’actuellement, la population entière de la planète ne dépasse pas les dix milliards : 10.000.000.000.

La suite évoque, selon Moïse, son vécu, les rengaines yehvahiques de prendre la belle et fertile terre promise ainsi que le devoir de l’aimer et de lui obéir pour ne pas l’irriter, entre distinction des lévites et supplications de Moïse contre l’anéantissement du peuple. La récurrence principale est l’éloge de ce merveilleux dieu qui fit sortir d’Égypte son peuple à force de grands miracles… en promettant d’autres en échange d’adulation et de fidélité… bizarre biographie barbante d’un barbu bègue béni d’une bande de barbares baignant en bourbier.

Dt11.26-29 – Bénédiction et malédiction : options à la carte.

Entre deux divagations on tombe parfois sur des passages amusants.

« Voyez, je vous propose en ce jour, d’une part, la bénédiction, la malédiction de l’autre : la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l’Éternel, votre Dieu, que je vous impose aujourd’hui ; et la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel, votre Dieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd’hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point[1]. Or, quand l’Éternel, ton Dieu, t’aura installé dans le pays où tu vas pour le conquérir[2], tu proclameras la bénédiction sur le mont Garizim, la malédiction sur le mont Hébal[3]. Ces montagnes sont au delà du Jourdain, en arrière, dans la direction du couchant, dans la province des Cananéens habitants de la plaine, vis-à-vis de Ghilgal, près des chênes de Moré.”TO

C’est l’heure du quizz sur l’analyse. Initialement nommé « l’auteur est barré », trop bourru, nous avons choisi « l’auteur débloque », plus éloquent.

Quizz « l’auteur débloque »

[1]. Comment faire pour suivre un dieu étranger si on ne le connait pas ?

[2]. Distinguez-vous « être installé » dans un pays et « le conquérir » ?

[3].Donnez la différence entre « se faire bénir/maudire » et « se bénir/se maudire ».

Entre atténuation et attisement nous obtenons : atténuisement. (Pourquoi seul les rédacteurs auraient-ils le droit de divaguer/ diverger ? Cette fois nous obtenons : divaerguer.)

  1. Salut Aline ! Salut Corinne ! Quoi de neuf ? J’ai décidé de me mettre à un nouveau sport ! Ah ! Lequel ? Je n’en ai aucune idée, je ne le connais pas !
  2. Mon fils ! J’ai décidé de t’installer dans la chambre du haut… une fois que tu auras débarrassé les décombres, chassé les cafards, refait murs et plafond, tapissé, décoré, meublé… et bien sûr le tout à tes frais et si tu es sage seulement…
  3. Caïn rencontre Abel au temple. Salut Caïn ! Salut Abel ! Que fais-tu au temple ? Je suis venu me faire maudire pour mon attitude qui a brisé mon couple et vu partir Ève. Et alors ? Le prêtre n’a pas eu le temps de parler, je lui ai tout déballé moi-même : je suis qu’un crétin qui ne mérite que la solitude, la peine, la rancœur, la souffrance et la tristesse pour mon attitude et que je me souhaite ardemment ! Et toi ? Je venu faire bénir ma nouvelle idylle avec ton ex-femme… [L’éloge funèbre d’Abel fut prononcé le lendemain.]

Pour clore, d’après les experts et pour information non étayée et non étendue, les monts Garizim[17] et Hébal[18] se trouveraient… en territoires occupés.

Dt12.8 – Ne pas agir selon chacun : maladresse rédactionnelle !

« Vous n’agirez point comme nous agissons ici actuellement, chacun selon sa convenance. »TO

Jusqu’alors, particulièrement en termes de culte, il semblerait que le peuple soit dictatorialement enclin à se voir imposer une voie unique. Ce peuple n’a d’ailleurs pas encore eu l’occasion de se confronter à la tentation de l’idolâtrie cananéenne puisque n’étant pas encore entré sur le territoire à risque, ce qu’appuie le verset suivant : « C’est que vous n’avez pas encore atteint la possession tranquille, l’héritage que l’Éternel, ton Dieu, te réserve. Mais quand, le Jourdain passé, vous serez fixés dans le pays… »TO

Le rédacteur, déjà installé dans le pays, plus de six siècles après les évènements qu’il raconte, est déjà confronté à la diversité cultuelle du peuple qu’il veut unifier. L’injonction de ne pas agir « comme nous agissons ainsi actuellement », se reporte donc à l’époque de rédaction. Son affirmation est déplacée au sein de l’histoire narrée. Traitresse maladresse supplémentaire.

Dt12.11,13 -14 – Centralisation du culte : site non désigné.

« …c’est alors, au lieu choisi par l’Éternel(yehvah), votre Dieu(eloheikhem), pour y asseoir sa résidence, c’est là que vous apporterez tout ce que je vous prescris ; vos holocaustes et vos sacrifices, vos dîmes et vos offrandes, et tous les présents de choix que vous aurez voués au Seigneur(yehvah).… »TO, « Garde-toi d’offrir tes holocaustes en tout lieu où bon te semblera : mais uniquement au lieu que l’Éternel(yehvah) aura choisi dans l’une de tes tribus, là, tu offriras tes holocaustes, là, tu accompliras tout ce que je t’ordonne. »TO

Le culte doit être célébré au seul endroit de résidence prescrit par Yehvah. Bien sûr, tout le monde songera immédiatement à Jérusalem. Toutefois, Jérusalem n’apparaît nulle part dans toute la torah ! יְרוּשָׁלִָם – yerushalayim, « Jérusalem », n’apparaitra pour la première fois que dans Josué 15.8, au milieu des jalons définissant le territoire devant échoir à la tribu de Juda, non encore comme lieu de culte central. Il peut paraître surprenant que dans son livre de la Loi, Yehvah, ne mentionne pas directement l’endroit qu’il désire comme son lieu de résidence terrestre et de culte central. Surtout qu’en regard de l’histoire et de l’actualité, le lieu présumé est occupé par une magnifique mosquée, le dôme du Rocher. Achevée en 691, elle concoure à la splendeur du Vieux Jérusalem depuis plus de treize siècles. Soit le lieu choisi par Yehvah n’est pas le bon, soit il l’a déserté, soit il s’est converti. Avant de clore, je rassurerai le lecteur en annonçant que plus tard, le lieu de culte évoqué sera bel et bien désigné par la torah, mais ce ne sera pas Jérusalem, et de loin.

`Dt14.23 ; Dt15.20 ; Dt16.2 ; Dt16.6 ; Dt16.11 ; Dt16.15 ; Dt16.16 ; Dt17.8 ; Dt18.6 ; Dt26.2

Les versets de la fin du chapitre enjoigne à bien distinguer les abattages rituels et alimentaires, l’éviction du sang, la centralisation du culte, la préservation de mixitude et d’idolâtrie…

Dt13.. – Prophète idolâtre et villes pécheresses : lapidation et incendies.

Ce chapitre met engarde contre les faux-prophètes et prophètes d’autres dieux, les villes spirituellement contaminées et leurs sorts. Le bouillant être de chair qu’est le prophète étranger sera passé par la pierre et la cité pécheresse de pierre sera passée par le feu.

Si on en croit l’histoire, ces commandements ont connus des arrangements. Le Christ, qui fut pour certain considéré comme faux prophète, ne fut pas lapidé à mort mais périt sur la croix, et la ville dans laquelle il avait professé, Jérusalem, n’a pas été incendiée.

Dt14.3-21 – Lois alimentaires – nouvelle formule.

Les deux versets précédents évoquent règles funéraires en vertu de la « spécificité » du peuple.

Suivent, ce qui semble être un rappel des ressources animales autorisées à la consommation. En commençant par les quadrupèdes « qui vivent sur la terre ». Il existait peut-être à l’époque du récit des espèces disparues de quadrupèdes marins ou aériens ; démonstration qui reste à charge des paléontologues.

Quadrupèdes autorisés.

◐Dt14.21

« Voici les animaux dont vous pouvez manger : [+] le bœuf, le menu bétail, brebis et chèvre ; le cerf, le chevreuil, le daim, le bouquetin, l’antilope, l’aurochs, le zémer. [+’]Bref, tout quadrupède qui a le pied corné et divisé en deux ongles distincts, parmi les animaux ruminants, vous pouvez le manger.» TO

◖Lv11.2-3

« Parlez ainsi aux enfants d’Israël [!] : voici les animaux que vous pouvez manger, entre tous les quadrupèdes qui vivent sur la terre : tout ce qui a le pied corné et divisé en deux ongles, parmi les animaux ruminants, vous pouvez le manger.» TO

Ajouts

[!] : Yehvah précise les termes de ce qui doit être annoncé aux enfants d’Israël, en dépit de quoi certaines précisions seront ajoutées à la rédante. [+] : l’ajout concerne ici une liste d’animaux correspondant au profil général non exhaustif des quadrupèdes ruminants au pied corné divisé en deux ongles. Parmi eux on trouve le « zémer », qui n’est autre que la girafe. [+’] Le « Bref », n’a aucune correspondance dans le texte en hébreu. A quoi cela aura-t’il servi, en fin de compte, d’énumérer des espèces pour conclure par une sorte de « Bref ! Enfin vous savez quoi ! » ?

De manière plus scientifique et objective, il semblerait que les rédacteurs s’attachent à ne faire manger que de animaux appartenant à l’ordre des artiodactyles (artiodactyla, du grec artio=paire et dactylos=doigt) ruminants (ruminantia). Le but de l’énumération nominative d’espèces était-il de ne pas faire craindre des lassitudes alimentaires, en soulageant l’identification d’espèces ou l’imaginaire des futurs alimentés. Comme nous le verrons, le rédacteur sera encore plus précis concernant les espèces d’oiseaux interdites. Après tout, si l’ordre provient du créateur de ces espèces, il ne peut qu’être complet et précis, les connaissant théoriquement toutes puisque les ayant créés.

D’ailleurs, tous les descendants de Noé devraient connaître ces espèces, puis leur aïeul cité les a hébergé et sauvé dans son arche. Au-delà, son peuple pouvant peut-être un jour s’expatrier et s’étendre sur la planète, il aurait pu montrer sa toute omniscience biologique planétaire plutôt que de se contenter de 10 espèces, vaguement locorégionales, clairement définies dans le genre donné.

Le cas échéant, cela aurait du nous donner tout ou partie de la liste suivante des artiodactyles ruminants : antilope cervicapra, antilope d’Amérique, antilope de Clarke-Dibatag, antilope sing-sing, antilope tétracère, argali, barasinga, bateng, beira, bharal, biche-cochon, bison européen, bison nord-américain, bœuf musqué, bœuf, bongo, bouquetin d’Abyssinie, bouquetin de Nubie, bouquetin des alpes, bouquetin des Pyrénées, bouquetin du Népal, bubale caama, bubale de Liechtenstein, bubale roux, buffle d’Afrique, buffle d’asie, céphalophe et ses 16 espèces, cerf aboyeur, cerf axis, cerf d’eau de Chine, cerf d’Eld, cerf de Virginie, cerf des marais, cerf des pampas, cerf des Philippines, cerf du père David, cerf élaphe, cerf hémione, cerf Sika, chamois, chevalin, chèvre de montagne, chèvre de Taïwan, chèvre domestique, chèvre du Caucase, chèvre du Japon, chèvre sauvage, chevreuil, chevrotain indien, cobe de Lechwe, cobe de montagne, cobe des roseaux, daguet nain, daguet gris, daguet rouge, daim persan, daim, dik-dik, élan, éland, élaphode, gaur, gayal, gazelle, gazelle de Mongolie, gazelle de Waller, gazelle du Tibet, gazelle Przewalski, girafe, gnou bleu, gnou noir, goral à queue longue, goral, grand cobe des roseaux, grand koudou, guemal du Pérou, guig harnaché, hippotrague bleu, hippotrague noir, huemul, ibaral, impala, isard, kanchil de Java et 6 autres espèces associées, kob, kouprey, lechwe du Nil, mazame nain gris, mazame nain, mazame rufin, mouflon canadien, mouflon de Dall, mouflon des neiges, mouflons à manchette, mouton domestique, muntjac de Reeve, muntjac géant, muntjac gongshan, muntjac jaune de Bornéo, muntjac noir, muntjac de Fea, néotrague, nilgaut, nyala de montagne, nyala, okapi, ourébie, péléa, petit koudou, porte-musc alpin, porte-musc de Sibérie, porte-musc des forêts, porte-musc noir, pudu du nord, pudu du sud, renne, saïga, saola, serow, sitatunga, springbok, steinbok, tahr d’Arabie, tahr des Nilgiri, takin, urial, wapiti, yack, yanghir, zébu.

Du fait que le rédacteur soit allé chercher la girafe dont les biotopes les plus proches de Canaan se trouvent entre Soudan et Éthiopie, il aurait pu au passage inclure le tahr et le lechwe du Nil, les bouquetins de Nubie[19] et d’Abyssinie[20] voire le tahr d’Arabie ou le daim persan. En revanche, on ne voit le mouton nulle part.

Ensuite nous trouvons les espèces interdites car théoriquement non-conforme au cadre général d’admission de consommabilité (c’est-à-dire artiodactyles ruminants).

Quadrupèdes interdits.

◐Dt14.4-6

« Mais vous ne mangerez point les suivants, qui ruminent [1] ou[!] qui ont l’ongle fendu seulement[+] : [2] le chameau[a], le lièvre[b], la gerboise[c] (car ils ruminent, mais n’ont pas [3] l’ongle fendu : ils seront impurs pour vous); ni le porc, [4]parce qu’il a l’ongle fendu, mais ne rumine point: il sera impur[] pour vous. »TO

◖Lv11.4-7

« Quant aux suivants, qui ruminent [1] ou[!] qui ont le pied corné, vous n’en mangerez point: le [2]chameau[a], parce qu’il rumine mais n’a point [3]le pied corné: il sera immonde[] pour vous; la gerboise[c], parce qu’elle rumine, mais n’a point [3]le pied corné: elle sera immonde[] pour vous; le lièvre[b], parce qu’il rumine, mais n’a point [3]le pied corné: il sera immonde[] pour vous; le porc, [4]qui a bien le pied corné, qui a même le sabot bifurqué, mais qui ne rumine point: il sera immonde[] pour vous..»TO

Divergences

[1] – ◐ : « qui ruminent ou[!]qui ont l’ongle fendu seulement[+] »TO. שֶׁסַע שְׁתֵּי פְרָסוֹת – shesa’a shtei frasot, « fente deux sabots »VR / ◖ : « qui ruminent ou[!] qui ont le pied corné »TO. שֶׁסַע פְּרָסֹת – shesa’a prasot, « fente sabots ». La rédante plus généraliste définit donc « fente sabots » soit simplement sabots fendus, alors que la nouverse précise « fente deux sabots » soit sabots fendus en deux. [!] « ou »TO, est erroné, le texte hébreu inscrit un « et »VR. [+] « Seulement »TO, n’existe pas en hébreu. [2] Ordre d’énumération différent. ◐ : chameau, lièvre, gerboise, porc. / ◖ : chameau, gerboise, lièvre, porc. [3] – ◐ : « (l’ongle) fendu »TO, traduction incorrecte de הִפְרִיס – hifris, « corné »VR. / ◖ : « (pied) corné »TO, traduction incorrecte de פַרְסָה – « sabot »VR par « pied »TO mais traduction correcte des termes pourtant variés selon les espèces : מַפְרִיס ,  יַפְרִיס, הִפְרִיסָה, correspondant au sens général de « corné ». Dans la nouverse, « fendu » pour « corné » relève du cocasse concernant le lièvre et la gerboise. [a] – Chameau : ruminant sans sabots = vrai+vrai. [b]et[c] – Lièvre et Gerboise : ruminants sans sabots=faux+vrai. Ce sont des glires . [c] – Gerboise est traduit ici de שָּׁפָן – shapan, « daman ». [4] – La nouverse ignore la précision de la rédante concernant de porc : « qui a même le sabot bifurqué »TO, scindé aurait mieux convenu que bifurqué. [] – Variante traductionnelle. Si le terme hébreu טָמֵא est identique dans les deux versions, les traductions par, tantôt « immonde », tantôt « impur », nuancent grandement dénotation et connotation. טָמֵא – tame, n’est ni immonde, ni impur : il est « bouché », entendu comme obstruction aux influx spirituels et énergétiques.

Animaux aquatiques.

◐Dt14.9-10

« Voici ceux que vous mangerez, entre les animaux aquatiques : tout ce qui a des nageoires et des écailles, vous pouvez le manger ; mais tout ce qui est privé de nageoires et d’écailles, vous n’en mangerez point : c’est impur pour vous. »TO

◖Lv11.4-7

« Voici ce que vous pouvez manger des divers animaux aquatiques : tout ce qui, dans les eaux, mers ou rivières, est pourvu de nageoires et d’écailles, vous pouvez en manger. Mais tout ce qui n’est pas pourvu de nageoires et d’écailles, dans les mers ou les rivières, soit ce qui pullule dans l’eau, soit les animaux qui l’habitent, ils vous sont abominables.»TO

La nouverse est moins précise que la rédante pour laquelle le rédacteur aura pris soin de préciser que mers ou rivières sont considérées comme « dans les eaux », pour ceux qui chercheraient des poissons dans le sable.

Volailles.

◐Dt14.11-18

« [+]Tout oiseau pur, vous pouvez le manger. Voici ceux que vous ne mangerez point : 1l’aigle, 2l’orfraie, la 3valérie; le 4faucon, le 5vautour, [++]l’autour selon ses espèces[]; tous les 6corbeaux selon leurs espèces; 7l’autruche, 8l’hirondelle, la 9mouette, 10l’épervier selon ses espèces; le 11hibou, la 12hulotte, le 13porphyrion; le 14pélican, le 15percnoptère, le 16cormoran; la 17cigogne, le 18héron selon ses espèces, le 19tétras et la 20chauve-souris.»TO

◖Lv11.13-19

« Et voici, parmi les oiseaux, ceux que vous repousserez ; on ne les mangera point, ils sont abominables: 1l’aigle, 2l’orfraie, la 3vallérie; le 4faucon et le 5vautour selon ses espèces[]; tous les 6corbeaux selon leurs espèces; 7l’autruche, 8l’hirondelle, la 9mouette, 10l’épervier selon ses espèces; le 11hibou, le 12cormoran, la 13hulotte; le 14porphyrion, le 15pélican, le 16percnoptère; la 17cigogne, le 18héron selon ses espèces, le 19tétras et la 20chauve-souris.»TO

Interversions et ajouts

[+] – Le « Tout oiseau pur vous pourrez en manger », apparaît dans la nouverse sans préciser aucun critère de définition. L’ordre des espèces interdites citées diverge entre les deux versions :

Ordres des volatiles cités.

[++] – Une espèce supplémentaire fait son apparition dans la nouverse : l’autour. [] – ◐ : vautour. / ◖ : vautour selon ses espèces. La nouverse n’interdit plus les sous espèces du vautour, alors qu’elle ajoutera en rapport à la rédante, une nouvelle espèce, l’autour, incluant cette-fois les sous-espèces de ce dernier. Sachant qu’il ne s’agit pas d’un catalogue gastronomique, mais d’une identification voulue précise d’espèce spirituellment nuisibles si consommées, l’erreur est de taille. Selon telle ou telle lecture on risque de se rendre coupable d’impureté(◐) ou d’abomination(◖). La fiabilité de la parole divine est directement mise en cause, autant que la capacité de son émissaire à la transmettre ! C’est sourtout la capacité de transposition et de cohérence du rédacteur qui est à nouveau sur la sellette.

Insectes

◐Dt14.19-20

«Tout insecte ailé sera impur [] pour vous, l’on n’en mangera point ; mais tout volatile [ !] pur, vous pourrez le manger.»TO

◖Lv11.20-24

« Tout insecte ailé [+]qui marche sur quatre pieds vous sera une abomination[]. Toutefois, vous pourrez manger, parmi les insectes ailés [+] marchant sur quatre pieds, [++] celui qui a au-dessus de ses pieds des articulations au moyen desquelles il saute sur la terre. [+++]Vous pouvez donc manger les suivants : l’arbé[a] selon ses espèces, le solam[b] selon les siennes, le hargol[c] selon ses espèces et le hagab[d] selon les siennes. Mais tout autre insecte ailé [+] qui a quatre pieds, sera pour vous chose abominable.»TO

Omissions et différences

[+] – La nouverse omet carrément une caractéristique importante des insectes interdits : leur quadrupédie. Cela pose un problème entomologique de taille : aucun insecte ne dispose seulement de quatre pattes. Deplus, même si les orthoptères désignés (sauterelles, criquets, grillons…), dispose d’une paire de pattes dotées d’une capacité d’explosivité extensive leur conférant un potentiel saltatoire, ils utilisent cette paire de patte de manière intégrale et incluse à leur démarche reptante. Il est surprenant que le créateur de l’univers, du monde et des espèces citées, s’emmêle les pattes à ce point.

[++] – Une autre caractéristique importante est aussi omise : la présence d’articulations permettant le saut. [] – ◐ : impur, provenant de טָמֵא – tame, relativement acceptable selon ce que nous avons expliqué plus avant. / ◖ : abomination, provenant de שֶׁקֶץ – shekets, très bien traduit ici, alors qu’avant on croisait régulièrement abomination/abominable traduit de tame, « ~impur ». Dans tous les cas, ni en hébreu ni en français la valeur affectée aux insectes est loin d’être précisément et correctement semblable.

[+++] La rédante énumère les espèces autorisées alors que la nouverse en fait l’impasse. Si cela suppose qu’il faille se référer à la rédante, concernant les espèces autorisées, cela majore le conflit généré par la liste des oiseaux interdits cités précédemment, divergente entre les deux versions.   Ne s’en référer par mégarde, qu’à la nouverse uniquement, reviendrait à autoriser la consommation de tous les insectes dépourvus d’ailes. [a] – « arbé »TO, est consensuellement identifié à la sauterelle. [b] – « solam »TO, est identifié actuellement comme truxalis, variété de criquets africains dont on trouve des spécimens au nord du Soudan et au sud de l’Égypte. [c] – « hargol »TO, n’est actuellement identifié à rien de connu en entomologie. [d] – « hagab »TO, est identifié à la locuste. Avec au moins 75% des espèces identifiées, cela permet des brochettes de sauterelles variées en apéritif avant le gigot ! (Sans sauce lactée ni fromage avant dessert, rappelons le.) [ !] – « Tout volatile », כָּל-עוֹף – kol ‘of. La traduction correcte évoque bel et bien un volatile au sens de volaille. Là encore, le laxisme rédactionnel est porteur de confusion risquée.

Charognes

לֹא תֹאכְלוּ כָל-נְבֵלָה לַגֵּר אֲשֶׁר-בִּשְׁעָרֶיךָ תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ, אוֹ מָכֹר לְנָכְרִי–כִּי עַם קָדוֹשׁ אַתָּה, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ

14.21 : « Vous ne mangerez d’aucune bête morte(r) : donne-la à manger à l’étranger admis dans tes murs, ou vends-la à ceux du dehors, car tu es un peuple consacré à l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha). »TO

Faisons appel à la TS.

« Puisque tu es un peuple saint pour l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), vous ne pouvez manger tout [mammifère ou oiseau] qui n’a pas été convenablement égorgé. Tu peux le donner à manger à l’étranger résident dans vos villes ou tu peux le vendre à l’étranger. »TS

La différence tant de rendu que de sens est de taille pour un même verset. Il nous faudra une version brute puis rectifiée pour comprendre ce que les traducteurs tentent de masquer.

« Non mangerez toute charogne à l’immigrant qui dans tes murs sera donnée et mangée ou vend à l’étranger car peuple saint tu-es pour yehvah ton dieu. »VB

« Ne mangez d’aucune charogne ; elle sera donnée et consommée par l’étranger résidant dans tes murs, ou vendue à l’étranger, car tu es un peuple saint pour Yehvah ton dieu. »VR

Au final, rien ne se perd : les charognes sont donc abominables au peuple saint, mais très convenable pour l’étranger. Pour clore, aucune règle concernant la consommation des charognes n’apparait dans la rédante aux emplacements correspondants attendus. Seuls apparaissent en Lv11.24-28, l’impureté de contact transmissible par les cadavres d’animaux.

Reptiles

La nouverse omet complètement l’énumération des « reptiles » interdits faite dans la rédante[21].

Dt14.22-29 – Prélèvement des dimes : nouvelles modalités pratiques.

Jusqu’alors les répétitions des ordres d’imposition, en plus de son caractère assommant, se contentait d’exiger les prémices en nature, à livrer en temps et en heure au lieu d’office des prêtres à l’intention des prêtres. Sous prétexte de la difficulté de livraison en raison d’un éloignement compliquant son exécution logistique, une variante flexible mais tout aussi rentable est proposée en Dt24-26.

« Si le chemin, trop long pour toi… tu les convertiras en argent, tu réuniras la somme dans ta main [!]… Tu emploieras cet argent à telle chose qu’il te plaira, gros ou menu bétail, vins ou liqueurs fortes, enfin ce que ton goût réclamera, et tu le consommeras là, en présence de l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), et tu te réjouiras avec ta famille. »TO

Voici donc la déclaration inaugurale du « Cohen Market© » par « Levy and Sons™ », plus communément appelés « Marchands du Temple », parfaitement à l’image et conforme à la logique du « Yehvah Business® ».

[ !] : « …tu réuniras la somme dans ta main »TO / « L’argent dans ta main consistera en pièce frappées… »TS.

La TS rectifie avec justesse le sens du verset qui évoque bel et bien de la monnaie sonnante et trébuchante.

Rappelons que l’histoire se situe en l’an 1273AEC, soit six siècles avant l’apparition des premières monnaies frappées par les grecs[22].

Au-delà, sera évoquée une dime de la troisième année (14.28), et l’intention à porter au Lévite, présenté comme un malheureux car « sans patrimoine » et aligné avec l’étranger, la veuve et l’orphelin(14.29).

Dt15.1-3 – Rémission des dettes : statuts israélite et étranger différents.

Le texte enjoint à la remise de dette tous les sept ans entre israélites, alors qu’il est on ne peut plus clair concernant l’étranger.

15.3 : « L’étranger, tu peux le contraindre ; mais ce que ton frère aura à toi, que ta main l’abandonne. » TO

L’extension du concept abouti à ce qui suit.

15.6 : « …et tu pourras prêter à bien des peuples, mais tu n’emprunteras point ; et tu domineras sur bien des peuples, mais on ne dominera pas sur toi. »TO

Est-ce là un prélude ou une injonction à une destinée usurière à sens unique ?

Dt15.4,7-11 – Indigents : entre fantasme et réalité.

Le passage impose un devoir de charité envers le nécessiteux proposant une vision des choses utopiste immédiatement contredite par le texte lui-même.

לֹא יִהְיֶה-בְּךָ אֶבְיוֹן

15.4 : « …il ne doit pas y avoir d’indigent chez toi… »TO, est une traduction incorrecte. La phrase signifie « …il n’y aura pas d’indigent chez toi… » VR. Quant à savoir s’il s’agit d’un ordre ou d’une promesse, l’histoire et l’actualité ont montré que ni l’un ni l’autre n’ont été honorés. Actuellement, les sources intracommunautaires et nationales, répercutent 25% de la population israélienne vit sous le seuil de pauvreté (contre 7,5% en France) soit ~1.775.000 personnes, dont 1 enfant sur 3, soit ~850.000[23]. Il ne s’agit donc pas d’un ou deux cas isolés représentés par des réfractaires à l’insertion sociale, mais bel et bien de près de 2.000.000 de personnes. Le chiffre est d’autant plus surprenant que l’IDH[24]2011 d’Israël est de 0.888[25], plaçant le pays au 17e rang mondial3 devant la France (IDH2011 0.884 –Rang 20)3. La pauvreté ou la richesse, entendues au sens large et affecté à la connaissance recèle d’autres surprises, car Israël se situe au rang 60 des pays alphabétisés3, après la Mongolie et avant l’Ouzbékistan.

L’état de fait sera bel et bien avoué par le rédacteur en 15.11.

15.11 : « Or, il y aura toujours des nécessiteux dans le pays… »TO

Si on devait considérer que la préservation de la pauvreté est un ordre formel au même titre que la préservation de l’idolâtrie, il faudra admettre dans tous les cas, que l’un comme l’autre auront et existeront toujours. En outre, si le texte révèle, insiste et martèle que le combat contre l’idolâtrie et pour la fidélité à Yehvah est une priorité absolue engageant les moyens coercitifs et répressifs les plus brutaux, on peut se demander ce qu’il aurait pu en être du même engagement contre la pauvreté.

Le réalisme impose de comprendre que, la fidélité cultuelle étant la base des ressources de la nomenklatura dirigeante et que les pauvres coûtants plus qu’ils ne rapportent, il aura bien fallu fixer les priorités au plus rentable tout en visant à sous-poudrer d’un soupçon d’humanisme charitable à visée respectabilisante. Il est toujours plus facile de comprendre la logique des profiteurs que de ne pas la blâmer.

Dt15.12-18 – Affranchissement des esclaves hébreu : syndrome d’Asla[26] ?

Il est précisé ici l’obligation d’affranchir un esclave hébreu après six ans de services (15.12) sans omettre de lui faire un cadeau de départ(15.13-14).

Le cas a déjà été évoqué auparavant[27].

◐Dt15.12-17

« Si un Hébreu, ton frère, ou [+] une femme hébreue te sont [1] vendus, ils te serviront six ans ; et la septième année tu les renverras, libres, de chez toi. [2]Or, en libérant cet esclave de ton service, ne le renvoie pas les mains vides, mais donne-lui des présents, de ton menu bétail, de ta grange et de ton pressoir ; ce dont l’Éternel, ton Dieu, t’aura favorisé, fais-lui-en part. Il peut arriver que l’esclave te dise : [3]”Je ne veux point te quitter,” [++] attaché qu’il sera à toi et à ta maison, parce qu’il aura été heureux chez toi ; [4] alors tu prendras un poinçon, tu en perceras son oreille contre la porte, et il restera ton esclave indéfiniment. [+]Tu en useras de même pour ta servante.»TO

◖Ex21.2,5-6

« Si tu [1] achètes un esclave hébreu, il restera six années esclave et à la septième il sera remis en liberté [2] sans rançon (). Que si l’esclave dit : [3]”J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas être affranchi”, son maître l’amènera par-devant le tribunal [ !], [4] on le placera près d’une porte ou d’un poteau ; et son maître lui percera l’oreille avec un poinçon et il le servira indéfiniment.»TO

Divergences

[+] La nouverse, certainement dans un souci de rétablissement de la parité homme/femme, suite à de nombreuses plaintes déposées par le collectif des EHFB, intègre dans la loi d’affranchissement d’esclaves, les femmes.

[1] – ◐ : « te sont vendus ». / ◖ : « tu achètes ». On est confronté ici à « la bouteille à moitié enfoncée ou à moitié dégagée ». Alors que la rédante implique directement en tant qu’acteur conscient le propriétaire de l’esclave qui achète, la nouverse suggère un fatalisme passif dans le fait de se voir vendre des esclaves. L’acquéreur en serait presque ainsi victime. Dans tous les cas, la divergence de propos est encore flagrante.

[2] – Alors que la rédante propose de libérer l’esclave « sans rançon », la nouverse, plus humaniste, propose d’offrir un cadeau de départ. () « Sans rançon », traduit de חִנָּם – ‘hinam, « gratuitement » ! La TO tenterait-elle d’induire que l’esclave libéré est un extorqueur qui rançonne son futur-ex-propriétaire au moment de sa libération. Malheureusement, la torah n’explique rien à propos des peines encourues par les extorqueurs. Ce criminel d’esclave, va encore s’en tirer à bon compte ! Tout compte fait, faut-il libérer l’esclave avec ou sans cadeau ?

[3] – ◐ : « Je ne veux point te quitter ». / ◖ : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas être affranchi ». A nouveau, le rédacteur nous confronte à la logique de la demi-bouteille. Une version affirme, que l’esclave ne veut pas être libre, alors que l’autre affirme que l’esclave ne désire pas être séparé de son exploiteur. Laquelle croire ? La vie d’esclave est présentée comme tellement attirante et satisfaisante, qu’on se demande pourquoi les hébreux ne sont pas restés en Égypte. Alors que le syndrome d’Oslo caractérise l’attachement d’otages aux malfaiteurs qui les séquestres, nous assistons ici à l’attachement d’esclaves à leurs maîtres. Du fait qu’il s’agisse d’objets humains utilitaires voués à perforation auriculaire, il pourrait para^tre adéquat d’appeler ce syndrome, du nom d’Asla : objet utilitaire percé. Le bonheur de l’esclave (hébreu pour le cas traité, rappelons-le) évoque ici un paradis statutaire et sociale. Ainsi, « l’Île aux Enfants », n’a rien à envier à « L’Île aux Esclaves ». Il est vrai que la similitude est frappante, entre Éléazar le grand prêtre, accoutré de manière bouffante et chamarée, et Casimir, bedonnant et bigaré. La chanson du thème, chantée en chœur par les esclaves, est d’ailleurs très similaire. « Voici venu, le temps, des rires et des chants, dans l’Île aux Esclaves, c’est tous les jours le printemps ! C’est le pays joyeux des esclaves, heureux, les maîtres gentils, oui c’est un paradis… ». Ce n’est, toutefois, pas ce que chantent les esclaves humains, utilisés, exploités, abusés, battus et dénigrés par les esclavagistes israéliens, qui usent de dispositions légales comme par exemple, l’emploi d’assistants de vie, sous couvert de la caisse de santé nationale.

[ !] – « Tribunal »TO, traduit ici de אֱלֹהִים – elohim, généralement entendu comme « dieu ».

[4] – Alors que la rédante impose la présentation de l’esclave désirant rempiler face un un tribunal(?), dans le but de se faire poinçonner l’oreille sur ses portes, la nouverse ignore cette injonction et ainsi permet le poinçonnage local et domestique. A ce propos, il peut être interessant de remarquer que la perforation auriculaire est signe d’esclavage et d’appartenance. Cela pourrait susciter une réflexion à propos de l’habitude plus communément féminine, de se percer les oreilles afin d’y mettre des boucles, plus ou moins ornementales.

La suite évoque la consommation impérative des premiers-nés animaux devant « l’Eternel », à l’endroit qu’il « aura choisi », et l’exclusion des animaux présentant un défaut, à affecter à la consommation uniquement tout en évitant le sang.

Dt16 – Solennités annuelles : nouvelles variantes.

Le début du chapitre rappelle les trois festivités principales[28], pesa’h, shavuot et sukot. Deux nouveautés apparaissent, par rapport à la précédente énumération. Le tronçon insiste lourdement sur la nécessité d’exécuter les rituels, « à l’endroit choisi » par Yehvah. Les festivités proposent d’inclure, fils, fille, serviteur, servante, lévite, étranger, orphelin et veuve. La fin du chapitre rappellera la nomination de juges et l’interdiction de colonnes et d’arbres près de l’autel de Yehvah.

Dt17 – Idolâtrie – encore et toujours…

On retrouve à nouveau le sempiternel laïus sur l’idolâtrie et l’inquisition à mener contre celle-ci ainsi que les mesures de répurgation. La nouveauté réside dans le fait qu’il faille « deux ou trois témoins »TO pour incriminer avant lapidation les accusés. L’idolâtrie est ici introduite pour mieux déboucher sur le sujet de fond : une cour suprême lévite.

Dt17.8-13 – Mise en place d’une cour suprême lévite.

La portée du passage qui suit est considérable. Elle induit l’omnipotence décisionnelle des prêtres en ce qui concerne, l’interprétation, l’adaptation et l’application de la loi. Le cumul des parties législatives du texte, fourni un support pro format lacunaire et contradictoire, qui impose de lui-même une adaptation pratique. Celle-ci, est donc, conformément à ce qui se profilait sournoisement au fil des chapitres, confiée aux prêtres. La Junte théocratique, forte de la déclaration présente dans son texte sacré, bénéficie concrètement du transfert des pouvoirs législatif, exécutifs, judiciaire, jusqu’alors émanant et attribués au divin. Il va être intéressant de confronter les traductions principales. La comparaison va montrer une fois de plus, s’il s’en fallait, que la conclusion entendue par tous s’appuie pourtant sur des considérations des plus variables.

TO

« [1] Si tu es impuissant à prononcer sur un cas judiciaire, sur une question de (a)meurtre ou de (b) droit civil, ou de (c)blessure corporelle, sur un (d) litige quelconque porté [2] devant tes tribunaux, tu te rendras à l’endroit qu’aura choisi l’Éternel, ton Dieu ; [3] tu iras trouver les pontifes, descendants de Lévi, ou [!] le juge qui siégera à cette époque ; [4] tu les consulteras, et ils t’éclaireront sur le jugement à prononcer. Et tu agiras selon leur déclaration, émanée de ce lieu choisi par l’Éternel, et tu auras soin de te conformer à toutes [5] leurs instructions. [6]Selon la doctrine qu’ils t’enseigneront, selon la règle qu’ils t’indiqueront, tu procéderas ; ne t’écarte de ce qu’ils t’auront dit ni à droite ni à gauche. [7]Et celui qui, téméraire en sa conduite, n’obéirait pas à la décision du pontife établi là pour servir l’Éternel, ton Dieu, ou à celle du juge, cet homme doit mourir, pour que tu fasses disparaître ce mal en Israël ; [8] afin que tous l’apprennent et tremblent, et n’aient plus pareille témérité.»TO

TS

« [1] Si tu ne parviens pas à une décision dans un cas judiciaire impliquant la (a)peine capitale, les (b) litiges, les (c)marques lépreuses |ou tout autre cas| de (d) discussion [2] dans vos tribunaux locaux, tu te mettras en route et tu monteras au lieu qu’aura choisi l’éternel ton Dieu. [3]Tu approcheras des prêtres lévites et [!] |des autres membres de| la cour suprême qui siègera à cette époque. [4]Quand tu les consulteras, ils te rendront le jugement. Puisque cette décision provient du lieu que Dieu choisira, tu devras agir selon leur déclaration, et te conformer à toutes [5] leurs décisions. |De plus, de façon générale,| [6] tu dois observer la Torah comme ils l’interprètent pour toi et suivre les lois qu’ils t’indiqueront. Ne t’écarte ni à droite, ni à gauche de ce qu’ils te déclareront. [7]Si un homme se rebelle et refuse d’écouter le prêtre ou un autre juge chargé de servir là l’éternel, ton Dieu, |en tant que président de la cour suprême|, cet homme doit être mis à mort, afin de faire disparaître le mal en Israël. [8]Quand le peuple l’entendra, il craindra à l’avenir de se rebeller.»TS

Ajouts

Les ajouts de la TS sont signalés en italique entre barres : |ajouts|. [1] – TO : impuissant à prononcer. / TS : ne parvient pas à une décision. (a) – TO : meurtre. / TS : peine capitale. (b) – TO : droit civil. / TS : litige. (c) – TO : blessure corporelle. / TS : marque lépreuse. (d) – TO : litige quelconque. / TS : discussion. [2] – TO : devant tes tribunaux. / TS : dans vos tribunaux locaux. [3] – TO : tu iras trouver les pontifes, descendants de Lévi, ou [!] le juge qui siégera à cette époque. / TS : Tu approcheras des prêtres lévites et [!] |des autres membres de| la cour suprême qui siègera à cette époque. [!] – « ou »TO est incorrect, il s’agit d’un “et” selon le texte en hébreu. [4] – TO : tu les consulteras, et ils t’éclaireront sur le jugement à prononcer. / TS : Quand tu les consulteras, ils te rendront le jugement. [5] – TO : instructions. / TS : décisions. [6] – TO : Selon la doctrine qu’ils t’enseigneront, selon la règle qu’ils t’indiqueront, tu procéderas. / TS : |De plus, de façon générale,| tu dois observer la Torah comme ils l’interprètent pour toi et suivre les lois qu’ils t’indiqueront. Nous voilà au point d’orgue du passage. C’est bien ici que se verrouille la mise à disposition des prêtres de leur pouvoir décisionnel absolu quant à la manipulation de cette loi. C’est ainsi que l’on termine, par exemple, en costume et chapeau noir du XVIIIe siècle, des phylactères au front et au bras, des franges pendantes et le crâne rasé à l’exception de papillotes temporales, le tout, bien loin du texte autant que des coutumes sémitiques antiques. [7] – TO : Et celui qui, téméraire en sa conduite, n’obéirait pas à la décision du pontife… ou à celle du juge… / TS : Si un homme se rebelle et refuse d’écouter le prêtre ou un autre juge… |en tant que président de la cour suprême|… [8] – TO : afin que tous l’apprennent et tremblent, et n’aient plus pareille témérité. / TS : Quand le peuple l’entendra, il craindra à l’avenir de se rebeller.

Au-delà des divergences traductionnelles, le tout-pouvoir clérical, qui ne peut être contesté sous-peine de mort, sans autre forme de procès aura abouti à un grand n’importe quoi délirant dont suivront quelques exemples édifiants. La référence officielle actuelle en termes de halakha, la loi religieuse juive, n’est autre que le Choulkhan Aroukh, compilation de lois, elles-mêmes tirés du très chaotique talmud. Il s’agit en fait d’une sélection des multiples avis de multiples commentateurs selon de multiples points de vue… Non seulement la décision arbitraire du rédacteur du Choulkhan Aroukh, un certain rabbin du nom de Yossef Caro, de choisir telle ou telle formule législative plus qu’une autre, ne repose que sur son bon vouloir, mais la forme finale abouti à des statuts qui n’ont aucune origine, ni identifiable, ni cohérente dans le texte de référence, la Torah. Quoiqu’il en soit, cette référence existe en condensé : le Kitsour Choulkhan Aroukh. Edition minimale que tout pratiquant se doit de posséder. Toutefois, aucun pratiquant ne viendrait à s’interroger sur le « comment on en est arrivé là ».

« Il faut faire attention à ce qu’un homme ne s’avance pas entre deux femmes, entre deux chiens, ni entre deux porcs. De même les hommes ne laisseront pas passer entre eux, une femme, un chien, ni un porc. »[29] Comment ne pas s’insurger devant une telle affirmation et un tel amalgame ? Je suis convaincu que la comparaison entre un porc et un chien, outragera les cynophiles. A l’inverse, si cette loi vise à se prémunir contre l’agression d’espèces dangereuses pour l’homme, je ne vois pas ce que le porc, vient faire dans l’énumération. Qui plus est, c’est la seule des trois espèces citées qui soit consommable. Si il faut plus simplement considérer les espèces abjectes citées dans la torah et dont il faut s’éloigner, la règle retrouve alors tout son sens.

A propos du shabbat : « En ce qui concerne le pliage des vêtements, il y a de nombreuses règles divergentes ; on ne pliera donc aucun vêtement. »[30]. Après tout, lorsque personne ne sait exactement quoi faire, autant ne rien faire : ça repose au moins.

« Si quelqu’un porte une amulette, il devra interroger une autorité rabbinique pour savoir si il a le droit de sortir avec cette amulette le Chabbat, car toutes, n’ont pas la même valeur. Si une femme porte une pierre que l’on appelle « étoile protectrice » pour éviter d’avorter, il lui est permis de la porter le Chabbat. »[31].

Il semblerait que ce genre de superstitions et de magie domestique soient bannies par le texte de référence. A priori, cela n’empêche personne d’inscrire dans la loi une offense à la loi, mais surtout à ses principes les plus fondamentaux.

« Si un incendie se déclare le Chabbat, que Dieu nous en préserve, nos Maîtres, de mémoire bénie, ont craint que le propriétaire de la maison qui brûle et les membres de sa famille, en s’occupant à mettre à l’abri leur biens, dans leur précipitation et leur affolement, oubliant le Chabbat, n’éteigne l’incendie. »[32]. « Nos Maîtres de mémoire bénie », dans leur bienveillance suggèrent ‘ils que le juif est tellement cupide qu’il oserait éteindre un incendie le shabbat, pour sauver ses biens ! C’est totalement inacceptable. Rappelons donc, que dans ce cas, il est interdit d’éteindre un feu le shabbat et a fortiori, un incendie.

« Il est défendu de mettre un linge sur une plaie qui saigne le Chabbat, car le sang teint le linge ; à plus forte raison un linge rouge, car le sang lui donne une plus belle couleur. »[33]. Serait-ce encore une insinuation de cupidité ? En effet, tacher du linge de sang l’abîme et force à un nettoyage appuyé, ce qui est antiéconomique. En revanche, un décès pour cause d’hémorragie, hormis les frais d’enterrement, réduira les dépenses courantes engagées pour celui qui aurait vécu pour encore plusieurs années, ce qui est précisément économique.

« Chaque père à l’obligation d’initier ses enfants mineurs… le père devra les empêcher de commettre toute infraction… S’il ne s’amende pas au moyen de paroles, il devra le frapper avec un bâton, par exemple, mais ne lui donnera pas des coups trop sévères, comme le font les pauvres d’esprit… »[34]. Cette précision est utiles aux pédagogues qui pensent que frapper un enfant, avec ou sans bâton, est l’œuvre de pauvres d’esprits. Les riches d’esprit, non seulement peuvent, mais doivent frapper, toutefois mesurément.

Je n’évoquerai, ici, aucune règle sexuelle depuis que j’ai osé en parler à une fourmi. Elle semblait m’écouter, mais n’a pas répondu. Elle m’inspirait un souhait de deux ou trois bons millions d’années d’évolution supplémentaires afin d’atteindre un degré d’intelligence proche du sien. N’ayant pas compris le sens de l’idée, mais ayant dû faire face à son air dépité et son grand désarroi communicatif, je préfère ne pas aborder le sujet. Je ne l’ai jamais revue depuis.

Dt17.14-20 : Désignation du Roi.

Le texte stipule ici les modalités de désignations et les obligations du Roi.

17.14-15 : « …Je voudrais mettre un roi à ma tête, à l’exemple de tous les peuples qui m’entourent, tu pourras te donner un roi… »TO.

Les conditions validant la monarchie :

  • Approbation divine (17.15)
  • Membre du peuple (17.15)
  • Limitation du nombre de femmes, de trésors (17.17) et de chevaux(17.16)
  • Copie de la loi sous contrôle des prêtres lévites (17.18)

Il est ici conceptuellement contradictoire de voir un peuple qui à pour ordre et dessein de se distinguer royalement des autres peuples, enclin à imiter le système politique des peuplades environnantes. Jusqu’à présent, le système hiérarchique présenté était dans l’ordre descendant suivant : dieu, prophète-guide, prêtes, peuple. Ce système distinct des modèles monarchiques antiques courants, eut put être aussi original qu’efficace. Le rédacteur se verra contraint d’orienter son système afin qu’il soit crédible. En effet, la disparition progressive dans le temps (inexistence effective) de dieu en tant qu’acteur actif et influent, autant que celle du prophète-guide qui relaie la volonté divine, met en péril la crédulité et la docilité du peuple en attente de signes et de prodiges avérant et authentifiant la réalité divine. Le croyant affirmera que « l’éloignement divin » et la non-réapparition d’un Maître-Prophète est due à la responsabilité de prise en charge et d’autonomie du peuple sous la guidance bienveillante des prêtres, évidemment. L’authentique problème réside dans le fait qu’aucune manifestation divine envers aucun prophète, ni aucuns prodiges ni miracles. La légende fantastique est facilement imposable pour des populations sous-développées, non-instruites et contrôlées par la terreur. En revanche l’évolution instructionnelle, culturelle et intellectuelle des populations antiques les conduisent immanquablement à la remise en cause d’un dogme visant à l’obéissance aveugle à une divinité dans le cas même de l’absence de tous signes de sa part. La hiérarchie réelle ne se limitant qu’aux prêtres exploitant le peuple, ce dernier risquerait de légitimement s’émanciper de l’autorité cléricale. Autorité cléricale uniquement fondée sur la crainte du divin et de sa colère répressive. A force de passivité divine, il devient impossible aux oppressés de ne pas remettre en doute l’existence du dieu désignant les prêtres comme légataire de son autorité. Il faut donc ajouter un pilier au système fragile et bancal. C’est là tout l’intérêt d’un roi. Les règles définissant sa légitimité étant fixé par les prêtres, et plaçant le roi sous leur contrôle permanent, il devient le bras armé de l’hégémonie cléricale. Agent d’exécution administrative, civile et militaire prétendu choisi par le divin, il compose la seconde mâchoire de l’étau qui enserre le peuple, pour mieux juguler tout débordement émancipateur. Le roi devient ainsi, un secrétaire général de parti et chef des armées, dont l’éminence grise n’est autre que la nomenklatura lévite.

Dt18.1-8 – Privilèges des lévites : position stratégique et hypocrite du rappel.

Après le transfert de pouvoir décisionnel aux prêtres suivi de la sécurisation militaire et représentative de par la nomination du roi, le rédacteur, place ici les privilèges lévites en incluant une petite nouveauté.

« Il n’est accordé aux pontifes, descendants de Lévi, à la tribu de Lévi en général, ni part ni héritage comme au reste d’Israël : c’est des sacrifices de l’Éternel et de son patrimoine qu’ils subsisteront. Ils n’auront point d’héritage au milieu de leurs frères : c’est Dieu qui est leur héritage, comme il le leur a déclaré. Voici quel sera le droit dû aux pontifes par le peuple, par quiconque tuera une bête, soit de gros ou de menu bétail : il en donnera au pontife l’épaule, les mâchoires et l’estomac. Les prémices de ton blé, de ton vin, de ton huile, les prémices de la toison de ton menu bétail, tu les lui donneras. Car c’est lui que l’Éternel, ton Dieu, a désigné entre toutes les tribus, pour remplir, en permanence, son ministère au nom de l’Éternel, de père en fils, à jamais. Lorsque le Lévite, quittant l’une de tes villes, une localité quelconque en Israël où il habite, viendra, de son plein gré, à l’endroit élu par le Seigneur, il pourra servir au nom de l’Éternel, son Dieu, comme tous ses frères les Lévites, qui se tiennent là devant l’Éternel. Il jouira d’une portion égale à la leur, indépendamment de ses ventes sur les biens paternels. »TO

Une fois encore[35] le rédacteur insiste sur le fait que les lévites consomment les sacrifices et offrandes et se voient livrer les primeurs agricoles. Comme si cela n’était pas suffisant, il faut y ajouter « l’épaule, les mâchoires et l’estomac. »TO

L’imprécision concernant «l’épaule », induit avec facilité l’attribution des deux pattes antérieures. En outre une traduction moins répandue viserait à faire aussi correspondre la cuisse de l’animale à zro’a. Vue la facilité avec laquelle les prêtres se permettent d’étendre les affirmations du texte et de les généraliser à leur avantage, le bénéfice des quatre pattes n’est pas loin. D’ailleurs, la traduction de « mâchoires » est tout aussi discutables puisque que tiré de לְּחָיַיִם – le’hayaim, “joues”. Concernant l’estomac, si la traduction est conforme au sens moderne, de fortes présomption à propos des tendances anatomo-descriptives antiques suggèrent de considérer l’ensemble de la cavité abdominale lors de l’évocation de keivah. En outre, les ruminants possédant plusieurs organes gastriques, l’imprécision à défaut d’octroyer l’ensemble des abats abdominaux, pourra sans mal attribuer un bonus dans le cas cité. Quand bien même, les portions resteraient ciblées et précise, les prêtres continuent à percevoir de plus en plus de matière. Un autre avantage substantiel consiste dans l’embauche automatique d’un lévite qui viendrait se présenter au lieu de culte central et ainsi bénéficier de tous les avantages qui y sont associés, au même titre que les officiants déjà en poste. Un détail contradictoire attire l’attention : « indépendamment de ses ventes sur les biens paternels. » TO

Alors qu’un temps plus tôt le texte affirme encore que les lévites n’ont droit à aucun patrimoine, n’ayant que dieu pour héritage, on nous annonce la possibilité de vente de biens paternels. C’est sans compter l’ordre donné d’attribuer aux lévites « des villes et leurs dépendances »[36]. Le nombre et les noms de ces villes sera révélé dans Josué 21.1-42. Cité d’Arba, Hébron*, Libna, Yattir, Echtemoa, Holôn, Debir, Ayin, Youtta, Beth-Chémech, Gabaon, Ghéba, Anatot, Almôn, Sichem*, Ghézer, Kibçaïm, Béthorôn, Elteké, Ghibetôn, Ayyalôn, Gath-Rimmôn, Taanakh, Gath-Rimmôn!, Golân*, Beéchtera, Kichyôn, Daberath, Yarmout, En-Gannim, Micheal, Abdôn, Helkhat, Rehob, Kédech*, Hamot-Dor, Kartân, Yokneam, Karta, Dimna, Nahalal, Ramoth, Mahanaïm, Hesbon, Yazer. Le texte conclut de par : « Toutes les villes appartenant aux Lévites parmi les possessions des Israélites se montaient ainsi à quarante-huit villes, indépendamment de leurs banlieues. »TO Le premier problème réside dans le fait que sur quarante huit villes énoncées, le compte détaillé, n’en révèle que 45 ! Ce, sans compter deux villes dénommées Gath-Rimmôn, et deux autres dénommées Hébron. 21.23-25 : « … Puis, de la tribu de Dan : Elteké et sa banlieue, Ghibetôn et sa banlieue. Ayyalôn et la sienne, Gath-Rimmôn et la sienne : quatre villes. Et de la demi-tribu de Manassé : Taanakh et sa banlieue, Gath-Rimmôn avec la sienne : deux villes. »TO. 21.11,13 : « On leur donna donc la Cité d’Arba (père d’Anok), appelée aussi Hébron, dans la montagne de Juda…”TO,” Mais aux descendants du pontife Aaron l’on donna la ville même de Hébron avec sa banlieue…”TO. En outre, alors que 6 villes refuges doivent être désignées[37], la présente énumération n’en identifie que 4. Au delà des habituelles incohérences et contradictions, c’est toute la perfidie sournoise et hypocrite du rédacteur qui est mise en lumière ici. Alors qu’il ose, nous présenter les lévites comme des pauvres malheureux sans héritage, raison pour laquelle il faut s’en occuper comme l’étranger, la veuve et l’orphelin, il impose en contrepartie les avantages divers et privilèges de ces exploiteurs nantis. Si nous devions récapituler, ce que le texte leur confère simplement, nous obtiendrions ce qui suit.

  • Exclusivité d’office.
  • Tout pouvoir interprétatif, adaptif et décisionnel concernant la loi.
  • Consommation des offrandes (viandes, farine, huile, vin).
  • Consommation d’une part des abattages alimentaires.
  • Perceptions des dimes sur les productions agricoles.
  • Perception des primeurs agricoles.
  • Perception du rachat des vies et des premiers-nés.
  • Obligation de la virginité de l’épouse.
  • Droit constant à la participation et aux privilèges du culte central.
  • Transmission héréditaire des fonctions sacerdotales.
  • Exemption des astreintes militaires et des corvées agricoles, de fait.

L’affirmation misérabiliste qui souligne que les lévites « n’ont pas part à l’héritage territorial » des tribus a du mal à masquer que les lévites, n’ont aucun besoin de responsabilités territoriales supplémentaires. Cette charge incombe de fait aux sous-tribus soumises, actives et productives, pour le plus grand bénéfice des exploiteurs lévites.

Dt18.15-22 : Prophète : l’outil complémentaire indispensable.

Des versets 9 à 14, le texte met en garde contre l’usage de coutumes divinatoires qui pourraient influencer la conduite et le décisionnel du peuple, tout en instaurant l’obéissance au prophète pour seule conduite à tenir. Les modalités de fabrication d’un prophète, ou plutôt de la légende qui lui conférera véracité et autorité sont dévoilées dans le texte à suivre. Le rédacteur introduit toutefois un argument qui fait porter au peuple l’appel aux services d’un prophète. Cependant, lors des passages évoquant cet état de fait, on peut noter des variations et des évolutions concernant ce que les divers interlocuteurs (Yehvah, Moïse, le peuple) affirment[38].

Évènements originaux

◖Ex20.14-17

« Or, tout le peuple fut témoin de ces tonnerres, de ces feux, de ce bruit de cor, de cette montagne fumante et le peuple à cette vue, trembla et se tint à distance. Et [1] ils dirent à Moïse : [2] “Que ce soit toi qui nous parles et nous pourrons entendre mais que Dieu(elohim) ne nous parle point, nous pourrions mourir.”»TO

1ère Révision

◐I Dt5.18-24,26-27

« Or, quand vous eûtes entendu cette voix sortir du sein des ténèbres, tandis que la montagne était en feu, [1]vous vîntes tous à moi, les chefs de vos tribus et vos anciens, [1]en disant : [2] «Certes, l’Éternel(yehvah), notre Dieu(eloheinu), nous a révélé sa gloire et sa grandeur, et nous avons entendu sa voix du milieu de la flamme ; nous avons vu aujourd’hui Dieu(elohim) parler à l’homme et celui-ci vivre ! Mais désormais, pourquoi nous exposer à mourir, consumés par cette grande flamme ? Si nous entendons une fois de plus la voix de l’Éternel(yehvah), notre Dieu(eloheinu), nous sommes morts. Car est-il une seule créature qui ait entendu, comme nous, la voix du Dieu(elohim) vivant(‘hayim) parler du milieu du feu, et soit demeurée vivante ? Va toi-même et écoute tout ce que dira l’Éternel(yehvah), notre Dieu(eloheinu) ; et c’est toi qui nous rapporteras tout ce que l’Éternel(yehvah), notre Dieu(eloheinu), t’aura dit, et nous l’entendrons, et nous obéirons.” [+] L’Éternel(yehvah) entendit les paroles que vous m’adressiez, et il me dit : “J’ai ouï la voix de ce peuple, les paroles qu’il t’adresse : tout ce qu’ils ont dit est bien dit. »TO

2ème Révision

◐II Dt18.15-22

« Absolument comme tu l’as demandé à l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), au mont Horeb, le jour de la convocation, quand [1]tu as dit: [2] “Je ne veux plus entendre la voix de l’Éternel(yehvah), mon Dieu(elohay), et ce feu intense, je ne veux plus le voir, de peur d’en mourir; [+]et le Seigneur(yehvah) me dit alors: “Ils ont bien parlé. »TO

Modifications

[1] – ◖ : Ils dirent à Moïse / ◐ : Vous vîntes tous à moi… en disant. / ◐II : Tu as dit. – L’introduction présentant le locuteur varie dans les trois cas pour un même évènement relaté. Il faut bien distinguer la valeur d’une citation directe et rapportée. Des reports corrects et authentiques, à plus forte raison prétendu d’émanation divine, se doit d’être présenté sous la forme : 1- vous avez dit « citation initiale exacte » ; 2 – vous dîtes : « citation initiale exacte » ; 3 – vous vous exprimâtes ainsi : « citation initiale exacte » ; x – dit…prononcé… exprimé… : « citation initiale exacte ». Une autre possibilité consiste en : dit… prononcé… exprimé… QUE fut dit… prononcé… exprimé… le contenu de la citation initiale exacte. Ici, nous sommes confrontés à une série de transgressions lourdes. 1(◖) – Ils dirent : « citation originale de 21 mots en français traduits de 9 en hébreu) » / 2(◐I) – en disant : « citation prétendue originale concrètement ampoulée et modifiée de 117 mots en français traduits de 75 en hébreu) » / 3(◐II) – tu as dit : « citation prétendue originale à nouveau condensée et altérée de 25 mots en français traduits de 16 mots en hébreu».  [2] – Dans chaque version, les propos tenus ne sont pas identiques comme démontré juste avant.  [+] – Cette fois ce sont les propos de Yehvah lui-même qui sont altérés, au sein d’un ajout tardif et absent de la version originale. (◐I) – L’Éternel entendit les paroles que vous m’adressiez, et il me dit : “J’ai ouï la voix de ce peuple, les paroles qu’il t’adresse : tout ce qu’ils ont dit est bien dit.” / (◐II) – et le Seigneur me dit alors : “Ils ont bien parlé.” – Pour bien cerner la déclinaison du message initial vers ce que souhaite obtenir le rédacteur, il suffit donc de redéployer la succesion d’affirmations dissonantes. Affirmation originale : le peuple ne veut plus entendre Yehvah directement de peur de mourir et demande à Moïse d’être intermédiaire. / Première déclinaison : le peuple ne veut plus entendre Yehvah directement de peur de mourir et demande à Moïse d’être intermédiaire. Yehvah plussoie. / Seconde déclinaison : le peuple ne veut plus entendre Yehvah directement de peur de mourir. Yehvah plussoie. Ce sur quoi le rédacteur evince MOîse du role de seul intermédiaire et suggère l’apparition ultérieure de prophètes divers et variés.

Une fois tout prophète suggéré valide à la place d’un Moïse voué à disparaître, le rédacteur notifie le moyen de validation et d’acceptation des futurs modérateurs, modulateurs, modificateurs.

Remplacement de Moïse. 18.18 : « Je leur susciterai un prophète du milieu de leurs frères, tel que toi, et je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. »TO

Validation du prophète. 18.21-22 : « Mais, diras-tu en toi-même, comment reconnaîtrons-nous la parole qui n’émane pas de l’Éternel(yehvah)? Si le prophète annonce de la part de l’Éternel(yehvah) une chose qui ne saurait être, ou qui n’est pas suivie d’effet, cette annonce n’aura pas été dictée par l’Éternel(yehvah)… »TO

Le procédé, de par, sa simplicité se présente comme un moyen incontestable de validation des dires d’un prophète : si ce que le prophète prophétise se réalise, il s’agit d’un prophète authentique.

Du fait que tous les prophètes canonisés ont effectivement annoncé, au futur, des évènements qui se sont tous plus ou moins exactement produits, on ne peut d’après la définition toraïque, remettre en cause leur authenticité ni la valeur de leurs prédictions.

Il existe toutefois trois considérations concernant la prophétie. La première, est celle admise par les croyants : les prophètes sont authentiques car tout ce qu’ils ont prédit s’est réalisé du fait que ce soit écrit et présenté comme tel. La seconde est celui de la post-diction antidatée. Il s’agit simplement, soit de reporter des évènements déjà survenus au futur en situant la date de la prédiction avant les évènements décris.

Un quidam n°0, Q0-« émetteur », écrit par exemple, le 25 août 2000, alors témoin de la météorologie de la semaine précédente et de ses conséquences : « Le 19 août au soir, surviendra un orage terrible qui endommagera les récoltes et effondrera le bassin d’orage, numéro 4, ai-je annoncé le 15 août. ».

Si un quidam n°1, Q1-« témoin » des évènements lit cette déclaration le 26 août 2000, il peut confirmer qu’un orage terrible est survenu le 19 août, endommageant les récoltes et effondrant le bassin d’orage numéro 4, et que les évènements ont été annoncés 4 jours plus tôt, d’après ce qu’il a lu. La date de l’annonce est fausse, pourtant c’est écrit. Il est écrit que l’annonce a été faite le 15 pour le 19. Q1-« témoin » relate les faits, en toute bonne foi d’après ce qu’il a lu, à un autre quidam, Q2-« Relai » : « On m’a rapporté qu’il a été annoncé le 15 août, que l’orage terrible survenu le 19 endommagerait les récolte et emporterait le bassin d’orage numéro 4, ce qui s’est effectivement produit. » Un an plus tard, un quidam supplémentaire, Q3-« Opportuniste », cherchant à tirer un quelconque parti de la déclaration, peut affirmer : « Q2 a rapporté que Q1 avait été témoin des évènements, bel et bien survenus, évoqué par Q0 avant qu’ils surviennent, à savoir que les terres souffriront d’un déferlement des eaux du ciel et de la terre. » Q0 est donc présenté et validé comme un authentique prédicateur. Revenons donc à lui en envisageant qu’il ait brodé son affirmation initiale.

Q0 : «Le 19 août au soir, surviendra un orage terrible qui endommagera les récoltes et effondrera le bassin d’orage, numéro 4, ai-je annoncé le 15 août. J’insiste sur le fait que ce genre d’évènement n’est qu’une résultante d’excès humains, par la faute desquelles, la perturbation d’un tout dans sa globalité sera irrémédiablement sanctionnée de catastrophes. Je n’en reste pas moins qu’un humble annonceur de ce que la conjoncture impose, et que seuls nos actes peuvent infléchir. Il parait inévitable de devoir s’unir d’un même cœur, d’une même voix, d’un même pas et s’en remettre à une gouvernance constructive et dotée d’une autorité et d’une crédibilité incontestable, seule capable de mettre en œuvre et d’accomplir uniquement ce qui est nécessaire au bien de tous.»

Comment, notre opportuniste pourrait transmettre les affirmations de Q0…

Q3 : « Q2 avait pourtant rapporté que Q1 avait été témoin des évènements, bel et bien survenus, évoqué par Q0 avant qu’ils ne surviennent, à savoir que les terres souffriront d’un déferlement des eaux du ciel et de la terre.  Il avait ajouté que ce genre ces catastrophes seront la sanction de nos excès et nos fautes à l’encontre de l’ordre du grand-tout. C’est ce qu’a annoncé l’humble relai de la providence, Q0, si nous ne consacrons pas nos actions au changement. Remettons nos cœurs, nos voix et notre conduite à l’autorité dont on ne peut contester la crédibilité. L’unique, qui soit nécessaire de par ses œuvres et accomplissements, au bien de tous. » A partir de là, chacun peut imaginer les dérives, les associations, les extensions, qu’il est possible de générer au fil des siècles, dans un milieu réceptif et favorable. A plus forte raison dans le cas d’un milieu, sous-éduqué et sous-instruit, menacé de mort et de répression sanglante en cas d’infidélité ou de désobéissance.

Notre démonstration révèle que l’émetteur Q0 est un imposteur et un falsificateur. C’est vrai, si le 26, il prétend qu’il a annoncé le 15 les évènements du 19. On peut toutefois envisager une option à sa décharge. Il aurait, rappelé le 26, ce qu’il a publié le 15. Ce qui signifie, qu’il a bien anticipé les évènements à l’avance. Pour comprendre et entériner cette option, il nous faut remettre Q0 dans son contexte. « Q0, responsable régional des eaux et forêts, et écologiste convaincu des conséquences du réchauffement climatique, signalait la vétusté du bassin d’orage n°4, colmaté à plusieurs reprises. La saison orageuse ayant grandement éprouvé les structures latérales porteuses, son avis d’expert prévoyait la possibilité d’une rupture, ne serait-ce dans le cas d’un orage violent. L’orage en question avait été annoncé par le centre météorologique régional le 15 au soir pour la nuit du 19 au 20. Le type de perturbation est généralement de nature à générer une grêle dévastatrice en plus des précipitations soudaines et considérables à attendre. Les dégats directs sur les récoltes, ont été majorée par la rupture du bassin n°4 et les crues régionales… »

Notre Q0, était compétent dans son domaine et capable de prévisions à court terme.

Prenons le cas d’un conseiller politique d’un roi antique judéen, qui énonce ce qui suit.

« 1La situation est de plus en plus tendue à l’est. Le tout-puissant empire Babylonien est contrarié et exaspéré par nos infidélités et nos provocations. Il mobilise actuellement ses armées et nos informateurs nous transmettent qu’ils sont prêts à nous éradiquer au prochain affront. Le tout-puissant empire a pour coutumes un genre d’exactions défini. 2Le tout-puissant promet donc en cas d’infidélités ou de provocations de commettre à notre encontre son genre d’exactions défini. Il faut donc nous amender, cesser les provocations, et rester fidèle au tout-puissant, sous peine d’être annihiler. »

Selon notre schéma, voici donc les propos avisés et authentiques prévision d’un Q0émetteur. L’histoire se faisant, la prédiction s’avèrera juste. Il suffit donc à un Q3opportuniste de sortir du contexte la partie 2 des prévisions de Q0 : « Le tout-puissant promet… être annihilé. » ; puis à des Qn(n>3) manipulateur(s), de broder en d’en faire des prophéties.

La troisième considération au sujet des prophéties concerne les inventions pures et simples, que l’on réussit à faire admettre de gré ou de force, comme authentiques.

Voici donc le schéma général des principales sous-modalités des prophéties.

Evènement Affirmation Annonce Récit Modalités
réel vraie intégrale antérieur prévision
réel vraie modifiée antérieur prédiction
réel vraie intégrale postérieur post-diction
réel inspirée adaptée postérieur manipulation
inventé fausse modifiée postérieur malversation

Il faut admettre que les prophéties se profilent toutes selon certaines caractéristiques récurentes. Toujours exprimées dans un style littéraire artistiquement flou, elles sont présentées dans un language désuet, obscur ou sybillin qui oblige et/ou permet l’interprétation. Si on devait les comparer à une photographie, ce serait un cliché flou d’ovni, d’extraterrestre ou de yeti, dont on ne connait ni la date, ni l’auteur. Lorsqu’elles présentent un environnement géographique ou situe vaguement un personnage, elles sont exemptes de toute datation précise. Les informations sur les prophètes ne sont fournies que par les histoires qui les mettent en scène. Leur message est constant : obéissez, soyez fidèles… ou soyez punis ou détruits. L’intérêt de leurs prophéties est humainement nul, car ils ne prédisent aucun évènement cohérent ou utile à connaître, ou n’anticipent aucune réalité du futur qu’ils sont censés connaître. Ils ne s’adressent qu’à leur peuple. Enfin, ils disparaissent tous au milieu de l’antiquité au plus tard vers le IVe siècle AEC. Notons qu’on les aura fait exister plus longtemps que les interventions et manifestations divines remarquables et spectaculaires qui disparaîtront peu après la prétendue invasion de Canaan au XVIIIe siècle AEC.

Il faudra seulement retenir que le prophète trouve pleinement sa place dans le schéma gouvernant astérié progressivement mis en place suite à la disparition du divin et du guide spirituel légendaire : roi et prophètes au cotés des prêtres pour une meilleure exploitation du peuple. Si le roi et les moyens militaires qu’il gère, est le bras armé du clergé, les prophètes sont le lien spirituel maintenant l’illusion de l’existence du divin. Accepter, admettre et reconnaitre un prophète, qui se défini comme intermédiaire du divin revient immanquablement et implicitement à maintenir l’existence du divin.

Je citerai ici les dernières « paroles » du dernier prophète, inscrit et répertorié comme tel : Malachie 3.22-24.

«  Souvenez-vous de la Loi de Moïse, mon serviteur, à qui j’ai signifié, sur le Horeb, des statuts et des ordonnances pour tout Israël. Or, je vous enverrai Elie, le prophète, avant qu’arrive le jour de l’Eternel, jour grand et redoutable ! Lui ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je n’intervienne et ne frappe ce pays d’anathème. »

Je conclurai par le commentaire le plus répandu concernant ce genre de laïus dit prophétique : « …on attend encore… ». 

Certains auteurs brillants ont d’ailleurs répertorié jusqu’à 183 fins du monde prédites[39], mais jamais constatées. C’est à se demander pour quoi les prophètes sont payés, ou encore s’ils sont payés, mais plus encore, s’ils existent…

Dt19.1-13 – Villes refuges : nouvelle mouture.

Le rédacteur nous ressert une fois de plus, l’affectation de villes refuges, avec cette fois une autre variante.

Afin de bien cerner, évolutions, variations, contradictions et divergences du concept, un tableau plus synthétique est nécessaire.

Divergences sur l’attribution de villes refuges.

Pour comble et pour le plus grand malheur du rédacteur et de sa crédibilité, rien ne concorde dans l’état actuel des choses. Plus encore, sa négligence manifeste des informations fournies dans d’autres parties vont causer sa perte lorsqu’il se risquera à quelques ambitions territoriales futures.

« Que si l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), élargit ta frontière, comme il l’a juré à tes ancêtres, et te donne la région entière qu’il a déclaré octroyer à tes pères, à condition que tu t’appliques à accomplir toute cette loi que je t’impose en ce jour, d’aimer l’Éternel, ton Dieu, et de marcher constamment dans ses voies, alors tu ajouteras encore trois villes à ces trois-là. »TO

Rappelons qu’il a été juré aux « ancêtres », un territoire s’étendant du Nil à l’Euphrate[40].

Il s’agit là du dernier passage de la torah, évoquant l’affectation des villes refuges. Cette partie semble donc cohérente du fait de l’affectation de 3 villes uniquement en Canaan, dans l’attente de la conquête future du Proche-Orient. Malheureusement, le narrateur Josué va effondrer toute crédibilité à cette partie. Le territoire de la « Terre » promise aux 12 tribus, est affecté et circonscrit. Il ne devrait s’y trouver que 3 villes : 4 seront tirées au sort. Pour le cas, où ce territoire soit celui à étendre dans le futur, il se trouve alors une ville en trop. S’il s’agit du territoire déjà étendu, il manque 2 villes. Dans tous les cas, tant les prétentions des auteurs que la crédibilité du discours s’effondrent.

Un autre détail amusant attire l’attention en 19.3 : « Tu devras en faciliter l’accès et diviser en trois parts le territoire… »TO, ce que la traduction secondaire présente différemment par « Prépare-toi une route et divise en trois parties le territoire… »TS. Le verset original énonce : « תָּכִין לְךָ, הַדֶּרֶךְ, וְשִׁלַּשְׁתָּ אֶת-גְּבוּל אַרְצְךָ », ce qui signifie « prépare-toi la route, et divise en trois la frontière de ton pays. ». Ma maîtrise de la géométrie est mise à dure épreuve et mes lacunes dans cette discipline me permettent mal de visualiser comment un trait peut partitionner simplement un plan en trois parts. Il faudrait alors imaginer des rosaces, des trèfles, des patatoïdes ou des trigonoïdes. L’ordre yehvahique stipule bien « la route » et non « une, les ou des routes », ni une piste ou un chemin. Les explicateurs s’enlisent dans l’exagération en tentant d’enfoncer le clou. Au final, Plus que de se mettre le doigt dans l’œil, c’est leur clou qu’ils s’y enfoncent : « 19.3 une route : Reliant les villes de refuge (Makkoth 9b). Ces routes mesuraient 32 coudées (14,5 mètres) de large (Bava Bathra 100b). ». Selon le texte, seules deux villes sont identifiées en Canaan : Hébron et Sichem. C’est deux villes sont séparées par 80 km à vol d’oiseau. Si nous extrapolons en considérant que ces villes sont approximativement équidistantes et que nous options pour une configuration géométrique minimaliste et théorique, cette route est un triangle de 80km de coté, soit de 240km au total. Cette solution n’est pourtant pas satisfaisante, car l’inscription d’un trigonoïde dont les sommets sont situés à l’intérieur d’un plan, ne permette pas de diviser la frontière en trois. Il faut donc un tracé qui coupe la frontière en deux endroits, tout en passant par les trois points à relier. Ceci nous conduit à envisager un chevron incurvé ou un oméga déformé. Ce tracé partirait d’un point frontalier, passerait par une ville pour atteindre un autre point frontalier, puis irait terminer à un autre point frontalier et traversant deux autres villes. En situant la ville inconnue sur le tracé optimal intégrant Sichem et Hébron et considérant les frontières terrestres de Canaan telles que décrites par le texte, le tracé ne fait pas moins de 179km. Par conséquent, il aura donc fallu aux envahisseurs, construire une route de 179km de long, sur 14,5m de large, dans les terrains rocheux ou sablonneux, ou escarpés et boisés du territoire décrit. Cette performance, relève de l’exploit. Cette prouesse technique n’aura pu que faire pâlir les ingénieurs romains, neuf siècles avant leur première route pavée[41] dont les largeurs atteignaient péniblement 12 mètres.

Tout ceci ne concerne que les villes dites « refuges » et les meurtriers involontaires. Concernant les assassins, les versets suivants apportent à nouveau les précisions concernant leur statut : condamné à mort. Toutefois, un verset suscite une certaine perplexité.

19.13 : « Que ton œil soit sans pitié pour lui ; tu feras disparaître d’Israël le sang innocent, et tu t’en trouveras bien. »TO. La traduction est ici correcte. Il s’agit donc bien de faire disparaître « le sang innocent ». Ce que d’autres faits décrits corroborent comme pratique acquise. En outre, le contexte du verset est celui de la définition de l’assassin. Ainsi, en plus de faire disparaître « le sang innocent », qui n’est autre que celui de l’assassin, il est possible de comprendre ici, que même s’ils sont renvoyés ad pater, les assassins sont donc des innocents.

Dt19.15 – Faux témoins et Talion : la justice par la terreur.

Après un verset qui semble un peu perdu selon toute considération logique, traitant de l’interdiction de déplacer la borne de son voisin (19.4), le texte s’attaque aux faux-témoins. Survolé, le passage tend à faire comprendre que le faux témoin sera puni selon les règles du Talion (Œil pour œil…). En revanche, analysé avec plus d’attention, il révèle des contradictions et des incohérences.

« Un témoignage isolé ne sera pas valable contre une personne, quel que soit le crime ou le délit, quelque faute qui lui soit imputée : c’est par la déposition de deux témoins, ou de trois, qu’un fait sera établi. » TO

Cette version d’un témoignage valide étend les règles récemment citées en Nb35.30 : « Dans tout cas d’homicide, c’est sur une déclaration de témoins qu’on fera mourir l’assassin ; mais un témoin unique ne peut, par sa déposition, faire condamner une personne à mort. »TO ; ainsi qu’en Dt17.6 : « C’est sur la déposition de deux ou de trois témoins que sera mis à mort celui qui encourt la peine capitale ; il ne pourra être supplicié sur le dire d’un seul témoin. »TO.

Alors que plus d’un témoin était exigée dans les situations pénales à pronostic capital, cette règle est finalement étendue à tout crime ou délit. L’énonciation de la révision en première intention, aurait évité des reprises et des pertes de temps. Le verset des Nombres affirme catégoriquement qu’une condamnation à mort exige un témoignage. Si ce genre de lois avaient existé et perduré jusqu’aux temps présent en étant appliqué quelque part, cela invaliderait la valeur d’indices de présences, d’empreinte digitales ou d’analyse ADN comme éléments à charge. Le meurtre serait donc toléré en l’absence de témoins.

Si nous poursuivons, nous croisons le verset 19.16 : « Si un témoin malveillant se présente contre un individu, pour l’accuser d’un méfait… »TO. Ce verset met à défaut le verset qui exige deux ou trois témoins nécessaires à la validation d’une accusation. Il ne peut y avoir un témoin seul ou un témoin discordant parmi deux ou trois, puisque l’accusation se fonde sur deux ou témoins, qui de toute évidence, se doivent d’être en phase avec leur déclaration. Enchaînons sur la suite, 19.19 : « …vous le traiterez comme il a eu dessein de faire traiter son frère… ». Le(les deux ou trois ?) faux-témoin(s) écopera(ont) donc de la peine que risquait l’accusé, s’il la malveillance est démasquée. Cela paraît barbare, mais selon toute logique élémentaire, cela semble équitable. Le passage surenchérit en 19.21 : « … vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied ! »TO. Ceci semble confirmer l’équivalence de peine à infliger au témoin malveillant. Cependant, ceci est déjà induit par le verset 19.19, supra. Si vie pour vie, suggère que le faux-témoin sera condamné à mort pour avoir tenté de faire appliquer cette peine au diffamé, qu’en est-il des autres sanctions. La suite suggère qu’il existerait des peines mutilantes et qu’un coupable pourrait être condamné à perdre œil, dent, pied, main…

En cas de faux-témoignage induisant une condamnation à la mutilation d’un œil, d’une, dent, d’un pied ou d’une main, le faux témoin écope de la peine. Rien jusqu’à présent ne suggère des peines mutilantes, ni aucun délit n’y a été associé dans le texte. Bien plus, toute cette déviance n’aboutit qu’à un irréalisme pratique. Pour comprendre cet état de fait, il nous faut rapporter ici le verset Dt25.11 : « Si des individus ont une rixe ensemble, un homme avec un autre, et que la femme de l’un, intervenant pour soustraire son mari à celui qui le frappe, porte la main sur ce dernier et le saisisse par les parties honteuses, tu lui couperas le poing sans lui accorder aucune pitié. ».

Nous sommes donc confrontés à un cas ou l’application stricte et correcte du Talion, est impossible. En effet, admettons le cas où l’intervention manuelle de la femme n’induit pas seulement une incapacité temporaire réversible, mais bel et bien une action vulnérante définitive. Elle broie à l’aide sa main (quelle force !) ou de son poing (traduction incorrecte de כַּפָּהּ – kafah, « Sa paume »), les parties génitales d’un protagoniste d’une rixe. On ne peut en retour pas lui broyer de testicules, et l’équivalence approchée devant induire une ovariectomie, ne semble pas suggérée. Nous sommes donc dans un schéma ovaires contre testicules qui abouti à main contre testicules. A quoi servait une énumération anatomique régissant le Talion, dès qu’il existe des cas qui le mettent en défaut. Stipuler « l’équivalence la plus stricte possible », aurait été une injonction plus praticable et ainsi le plus parfaitement équitable possible. Envisageons d’autres cas. Les hommes se battent, et cette fois, c’est d’un coup de pied qu’un des adversaires se voit castré. Quelle peine appliquer ? Castration en retour ou amputation du pied ? Continuons… Un cul-de-jatte mord un homme à la jambe. L’infection consécutive de la plaie exige une amputation. Ampute-on au cul de jatte un bras ou procède-t-on à une avulsion dentaire ? Un aveugle se saisit de la chevelure d’une victime et lui verse du vitriol sur les yeux… Cette démonstration carambolesque souligne le non moins grotesque, inapplicable, simpliste, irréaliste, barbare… du Talion.  Le trait avec lequel nous soulignons est ici double et de la largeur d’un arbre qui masque une forêt. Du fait que le Talion, conduit aisément à des impasses logiques et qu’un enfant de 11 ans aurait pu le formuler différemment afin que la loi ne soit pas mise en défaut, la question récurrente est : « Comment considérer une loi, simpliste et inapplicable prétendue édictée par une divinité qu’on voudrait considérer parfaite et supérieure, conduisant à des impasses logiques et pratiques ? »

Dt20 – Préparatifs de bataille : circonscription des cohortes de courageux conscrits circoncis.

Le premier verset du chapitre défini très simplement le thème : « Quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé ; car tu as avec toi l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), qui t’a fait sortir du pays d’Égypte. »TO

Jusque là, tout va bien pour les israélites, puisque Yehvah les accompagne à la guerre. Comment craindrait-on d’aller en guerre avec le tout-puissant créateur et régisseur du monde à ses cotés ? Mieux encore, la suite enjoint « le prêtre », sans toutefois préciser lequel, à exhorter les troupes, en commençant par : « 20.4 Car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis et de vous procurer la victoire. »TO. Yehvah n’est plus sensé se battre avec, mais bien devant ! D’où on peut s’interroger sur l’utilité d’une armée dans ce cas. Il n’est plus question d’armée, mais de bande de fossoyeurs pillards qui passeraient tranquillement après l’éradication de l’ennemi manu divinorum. Malgré tout, vient ensuite l’intervention de préposés qui procèdent à une élimination des exempts et inaptes. Doivent rentrer chez eux : qui a bâti une maison neuve (20.5), qui a planté une vigne (20.6), qui est jeune fiancé (20.7), qui a peur (20.8). Pour les 3 premiers cas, le motif est qu’il risquerait de mourir dans la bataille et de voir un autre bénéficier de son investissement (20.5,6,7).

Rappelons que promesse est faite de voir Yehvah en pointe, combattre pour le peuple. Pour le cas, on se demande comment le peuple en arrière risquerait de mourir. Sauf en cas de défaite ou de débordement de ce dieu tout-puissant, ce qui est pour le moins douteux, dans tous les sens du terme. Le dernier cas, évoque que le lâche craintif, pourrait décourager ses compagnons (20.8). Ce cas aussi est problématique, et à deux titres. D’abord, on se demande toujours de quoi il a peur, puisque son dieu tout-puissant est sensé combattre pour lui. Ensuite, parce que, même s’il devait combattre, il le ferait aux cotés de son dieu tout-puissant. La crainte est alors un désaveu cruel de la capacité yehvahique et de la confiance, pourtant exigée aveugle, que le peuple doit lui porter.

En aparté, rappelons que jusqu’alors, et toujours selon la légende, Israël n’aura entretenu conflits que des opérations d’éradications et plus précisément de femmes et d’enfants innocents et sans défense. Il est en effet facile de se croire tout puissant face à des peuples du désert, mal équipés ou organisés, en cas de victoire. Légende pour légende, les rédacteurs auraient au moins pu inventer des récits épiques et héroïques, plus que de sordides histoires dépeignant des massacres abominables faisant insulte à l’honneur militaire et aux règles de la guerre. Cet état de fait demeure inévitable pour des auteurs qui n’ont pas dans leur vocabulaire le mot honneur et bien moins encore son concept dans leur moralité. Si Israël dans son histoire réelle récente, n’a connu pour toute « guerres » que des escarmouches régionales dont il est sorti tant bien que mal vainqueur, qui laisse croire en sa toute puissance ; on peut ne pas donner cher de la peau d’une petite armée arrogante de réputation surfaite, suréquipée pour du maintient de l’ordre et de la répression disproportionnée, en cas de conflit de haute intensité face à une armée moderne, et non plus des enfants armés de lance-pierres. Avec un oncle prénommé Sam en tant qu’éminence grise géopolitique et des populations voisines plus soucieuses du coût des denrées alimentaires que de celui du pétrole qu’ils possèdent pourtant, il est fort à parier et heureusement (pour nous), que jamais de guerres n’auront lieu.

Hormis, le cas des fiançailles et la crainte éventuelle de se battre par doute viscéral de la capacité yehvahique à assumer quoi que soit, donc très légitime dans ce cas, les autres cas, ne concernent que d’éventuelles campagnes futures et non la conquête de Canaan. Rappelons qu’à ce stade, les israélites n’ont pas encore passé le Jourdain et ne sont qu’un peuple itinérant. Par définition, aucun n’a donc pu construire de maison ni planter de vigne. On peut pinailler sur le sujet, mais l’incongruence des conditions d’aptitudes prête, quoiqu’il en soit à sourire. Rien n’a précisé dans le texte comme pour d’autres consignes, « lorsque vous serez installés » ou « en entrant dans le pays ». L’un ou l’autre, auraient évité tout doute sur la portée de ces commandements. Concernant plus précisément l’invasion de Canaan, on oublierait presque à ce stade, qu’une partie des tribus à refusé d’y rentré pour rester du coté oriental du Jourdain[42] : Ruben, Gad et la moitié de Manassé. Moïse à accordé ce privilège en échange de la promesse de la participation de ses tribus à l’invasion de Canaan. De plus, on nous révèle clairement qu’ils ont bâti juste avant ladite invasion de Canaan « 14 villes fortes et parcs à bétail ». Tout porte à croire qu’une ville est occupée par des maisons. C’est exploit est prétendu avoir été accompli juste avant l’entrée en Canaan. Ainsi, les derniers commandements fixant les règles d’aptitude à la guerre, exempte les deux tribus et demi, Ruben, Gad et Manassé, d’engagement dans la conquête. Soit Moïse s’est fait avoir, soit Yehvah, l’a désavoué, soit le rédacteur est contradictoirement négligent. L’arnaque est totale. Aux échecs, cela ressemblerait de près ou de loin à un « clouage consécutif à attraction ».

Les versets suivants suggèreront de proposer la paix à une ville avant toute éradication (20.13) et prise de femmes, enfants, animaux et tous biens en guise de butin (21.14). Ceci ne concerne pas les peuples résidant en Canaan qu’il faut exterminer (20.17) : « le Héthéen et l’Amorréen, le Cananéen et le Phérézéen, le Hévéen et le Jébuséen. »TO

Peu après sera indiqué la déférence due aux arbres entourant une ville assiégée et les conditions d’abattage.

Dt21 – Le mort inconnu : expiation sanglante du sang.

« Si l’on trouve, dans le pays que l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), te donne en possession, un cadavre gisant en plein champ, et que l’auteur du meurtre soit resté inconnu… »TO.

Rien ne précise systématiquement l’origine de la mort abandonné en pleine nature. Quels moyens et compétences légistes pour l’époque, permettrait de préciser l’origine de la mort pour un individu décédé depuis plusieurs mois, gisant dans le désert, et dévoré par chacals et vautours ? Quand bien même celui-ci aurait été assassiné par strangulation…

Le chapitre poursuit par : « 21.2 …tes anciens et tes juges s’y transporteront, et mesureront la distance jusqu’aux villes situées autour du cadavre. »TO. L’opération s’amorce d’une manière qui semble plus simple qu’il n’y paraît. Comment un groupe d’individus antiques à leur époque peuvent-ils réaliser un centrage géo-localisateur simplement à l’aide de mesures primaires, de moyens terrestres de déplacement, et sans moyens d’orientation précis ni de cartographie, restera un mystère. Imaginons un instant, qu’un individu soit tombé ou ait été projeté le long d’une falaise bordant un plateau rocheux tel que celui de Massada, en plein désert, à plusieurs dizaines de kilomètres de toute ville. L’individu gît depuis un certain temps sur un surplomb rocheux à mi-hauteur et sera aperçu par une patrouille ou des caravaniers. Cela offre de belles perspectives d’exploit sportif et topographique autant que l’impossibilité pratique et technique de toute localisation précise.

Admettons que les anciens citadins réussissent un tel exploit, en l’espèce d’un azimut brutal de quelques dizaines de kilomètres dans un désert escarpé (si le cadavre gisait sur les flancs du mont Hermon[43], s’en serait aussi cocasse), même si le problème ne traite pas de chauve-souris enragée, les injonctions des versets suivants corsent l’affaire.  Il s’agira pour les anciens de la ville la plus proche de venir « briser la nuque »TO/ « Décapiter »TS (21.4) d’une génisse jamais affectée au travail (21.3) dans un « bas-fond »TO/ « fleuve rapide »TS éloigné de tous labours ou semailles (21.4), afin de se laver les mains au-dessus (21.6) et de prononcer une formule d’innocentement (21.7-8), en présence des pontifes (21.5)…

Au sujet des pontifes, le rédacteur ne manque jamais une occasion de les placer pour toujours plus insister sur leur caractère indispensable et sacré : « Puis s’avanceront les pontifes, descendants de Lévi ; car ce sont eux que l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), a désignés pour le servir, pour prononcer les bénédictions en son nom, et c’est par eux qu’est jugé tout débat, tout dommage. »TO.

Il n’en demeure pas moins que le concept reste obscur. Une ville proche d’un cadavre se voit impliquée dans une démarche d’expiation pour ce mort avec lequel elle peut n’avoir aucun lien. Sans compter le sacrifice de la génisse qui dans tous les cas, n’a rien à voir dans l’affaire. Cette habitude de massacrer des animaux pour les fautes des hommes afin de plaire à leur dieu, devient toujours plus navrante.

Dt21.10-14 – Femmes capturées : butin humain abusable.

« Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l’Éternel, ton Dieu, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers[1]; si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu’elle te plaise, et que tu la veuilles prendre pour épouse[2], tu l’emmèneras d’abord dans ta maison; elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive[3], demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère[4], un mois entier. Alors seulement, tu pourras t’approcher d’elle et avoir commerce avec elle [5], et elle deviendra ainsi ton épouse [2]. S’il arrive que tu n’aies plus de goût pour elle, tu la laisseras partir libre de sa personne, mais tu ne pourras pas la vendre à prix d’argent : tu ne la traiteras plus comme esclave [2], après lui avoir fait violence [5]. »TO

[1] : prisonniers – Comme précisé plus avant, les hommes du clan vaincu son tous passés par le fil de l’épée. De fait, les prisonniers sont donc constitués de femmes et d’enfants.

[2] : épouse – On retrouve cette considération deux fois… lorsque désirée. Mais en cas de désintérêt, son statut change. Sa réelle considération et l’attitude à son égard sont enfin révélées : « tu ne la traiteras plus comme esclave ». Soit le statut d’épouse était une façade dans ce cas, soit l’épouse est considérée comme esclave pour ce genre masculin là.

[3] : rasera la tête, coupera les ongles, dépouillera le vêtement de captive – Outre la barbarie du traitement, la question du vêtement de captive est intrigante. Il faudra bien faire porter un vêtement à cette femme rasée aux ongles coupés. Le pyjama rayé était-il à la mode à cette époque reculée ? On ne le saura jamais.

[4] : pleurera son père et sa mère – Induit implicitement que non seulement les hommes sont exterminés, mais que leurs épouses aussi.

[5] : avoir commerce avec elle – Si le jeune marié consomme en effet le mariage, il semble que ce soit de manière plus que douteuse car on nous signale la teneur des rapports en fin de passage : « lui avoir fait violence ». Ainsi la forme du rapport charnel en cas de mariage entre une captive et son maître est le viol. Cela pourrait très bien signifier, in extenso, qu’un époux doit user de violence avec sa femme pour assouvir ses instincts. Vient immédiatement à l’esprit une scène du film Kadosh[44], où un personnage religieux « honore » sa femme pour la première fois. Il faut toutefois supposer qu’il s’agisse d’un acte charnel. Car se déroulant sous un drap, la scène pousse à se demander s’il n’est pas en train de déraciner une souche. On peut toutefois en douter, car selon toute vraisemblance, sa jeune épouse est allongée sur le lit, et on ne voit pas comment une souche d’arbre réussit à se glisser dans le décor. Pour être réaliste, cette scène aurait dû se dérouler dans le noir pour être conforme au dogme.

On retrouvera plus loin, dans l’œuvre cinématographique citée, ce même individu battre sa femme à coups de fouets, ce qui est encore irréaliste car de nos jours, les coups de poings sont plus pratiques et rapides à mettre en œuvre du fait de l’absence de besoins d’accessoires. Les accessoires de cuirs, certes réservés aux hommes ne sont utilisés que pour la prière via l’usage des phylactères[45].

Une dernière remarque qui revient sur le mariage avec la captive : le mariage avec des étrangers n’est-il pas proscrit par la loi ? Serait-ce là, une facilité permissive, pour encourager un contingent pervers à se motiver pour la bataille ? A méditer…

Dt21.15 – Héritage et droit d’aînesse : rappel du statut d’objet de la femme.

Le passage en lui-même ne présente rien de foncièrement émoustillant. Il décrit le cas d’homme marié à deux femmes qui dédaignerait la mère de son aîné et l’obligation qu’il a malgré l’affection supérieure qu’il porte à la seconde de respecter le droit d’aînesse du premier enfant. Seule l’introduction souligne la mentalité machiste du rédacteur : « Si un homme possède deux femmes… »TO. Selon le sens entendu, le terme posséder s’applique en général aux biens inertes voire pour certains, au bétail. Mais comme nous l’avons déjà compris, selon la torah, la femme se possède au même titre qu’un objet ou un animal.

Dt21.18-21 – Fils rebelle : pédagogie du parpaing.

« Si un homme a un fils libertin et rebelle, sourd à la voix de son père comme à celle de sa mère, et qui, malgré leurs corrections, persiste à leur désobéir, son père et sa mère se saisiront de lui, le traduiront devant les anciens de sa ville, au tribunal de sa localité, et ils diront aux anciens de la ville : “Notre fils que voici est libertin et rebelle, n’obéit pas à notre voix, s’adonne à la débauche et à l’ivrognerie.” Alors, tous les habitants de cette ville le feront mourir à coups de pierres, et tu extirperas ainsi le vice de chez toi ; car tout Israël l’apprendra et sera saisi de crainte. »TO.

Je me suis longtemps demandé si je devais où non commenter ce passage illustrant tant la profondeur et l’efficacité de la pédagogie toraïque, que la considération des enfants et de ses marges éducationnelles. Écœuré et navré, j’ai finalement opté pour ne souligner que le fait qu’on ne considère que le cas d’un fils, omettant qu’il puisse y avoir aussi des filles rebelles.

Dt21.18 – Pendaison : lorsque sa justice offense Yehvah lui-même.

« Quand un homme, convaincu d’un crime qui mérite la mort, aura été exécuté, et que tu l’auras attaché au gibet, tu ne laisseras pas séjourner son cadavre sur le gibet, mais tu auras soin de l’enterrer le même jour, car un pendu est chose offensante pour Dieu(elohim), et tu ne dois pas souiller ton pays, que l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), te donne en héritage. »TO

A nouveau, nous sommes confrontés à un édit paradoxal. La justice que Yehvah à commandé, induit donc des potentielles peines de pendaison. Jusque là rien ne choque plus. Mais ces mêmes peines de pendaisons, sont « chose » offensante pour le dieu qui la fait mettre en place. N’aurait-il pas pu simplement bannir la pendaison du panel répressif ? Cela nous permet donc de remettre en évidence le caractère contradictoire et bipolaire de la divinité présentée ici.

Dt22 – Généralités et lois sexuelles.

Le chapitre énonce dans sa première partie des lois concernant la restitution d’objets perdus, l’assistance à animal domestique en difficulté, l’interdit de travestissement, la capture d’oisillons, la mise en place d’un parapet à toiture, divers interdits de mélanges et l’obligation de faire des cordons à franges aux coins des vêtements.

22.13-21- Prise à parti et diffamation d’une épouse : nouvelle absurdité misogyne.

« Si un homme, ayant épousé une femme et cohabité avec elle, la prend en haine, invente contre elle des prétextes d’accusation et répand sur son compte un bruit calomnieux, en disant : “Cette femme, je l’ai épousée ; et en m’approchant d’elle, je ne l’ai point trouvée vierge”, le père et la mère de la jeune femme se nantiront des preuves de sa virginité, qu’ils produiront devant les anciens de la ville, au tribunal. Et le père de la jeune femme dira aux anciens : “J’avais donné ma fille pour épouse à cet homme, et il l’a prise en haine ; et maintenant il invente des prétextes d’accusation, disant : “Je n’ai pas trouvé chez ta fille le signe de la virginité.” Or, voici la preuve de la virginité de ma fille !” Et ils déploieront le drap devant les anciens de la ville. Alors, les anciens de cette même ville se saisiront de l’homme et le châtieront ; Mais si cette accusation était vraie, si la jeune femme n’a pas été trouvée vierge, on la conduira à l’entrée de la maison de son père, et les gens de sa ville la lapideront jusqu’à ce que mort s’ensuive, pour avoir commis une infamie en Israël en se prostituant dans la maison paternelle. Et tu extirperas ainsi le mal du milieu de toi. »TO

Dans la série « Satisfait ou remboursé de son achat » voici la manœuvre « Comment utiliser un produit avant de le retourner sans frais au fournisseur », extrait de notre très pratique Levy and son’s swindling tactics[46], non illustré, en 5 volumes.

Nous nous trouvons dans la situation où un homme ayant essayé la jeune épouse qu’il possède depuis peu, se voit insatisfait de son expérience ou de sa performance. De quels moyens dispose-t-il pour s’en débarrasser à bon compte.

Primo, le coup de pouce de la chance. En effet, il existe certaines conditions physiologiques qui, naturellement, vont engendrer prématurément et ainsi longtemps avant tout rapport sexuel, la rupture de l’hymen. D’autre cas voient la femme naître sans hymen ou avec un hymen naturellement hypotrophié, disposer d’un hymen dit complaisant qui ne rompra pas.

Ce sont des cas pour lesquels tout le monde pourrait être de bonne foi, en particulier la jeune femme, vouée malgré tout d’après une loi primitive et simplette à une funeste et douloureuse fin.

Secundo, le cas de l’homme désireux de se débarrasser de l’épouse. Il lui suffit de se débarrasser d’un drap éventuellement taché et de présenté un drap immaculé. On peut tenter de se mettre dans la tête d’un esprit retord et averti, qui envisagerait différentes variantes à l’encontre d’une jeune vierge antique peu éduquée, (ce qui peut sembler être le cas général, tant le tabou sur la sexualité locale est pesant), pour préserver le drap : faire chevaucher sa partenaire, en comptant sur sa toison pubienne masculine pour circonscrire l’épanchement de tout flux sanguin. Ou encore, toujours en comptant sur l’ignorance de la jeune femme : opter pour un rapport anal ou superficiel fricatif.

Tertio, le cas des parents « prévoyants », il suffit de tâcher suffisamment savamment et précisément un drap d’un sang frais quelconque, ce qui constituerait une contre-preuve en cas de présentation d’un drap blanc par le mari. Vu le niveau supposé de la capacité d’authentification biologique de l’époque, le statut-quo juridique sera inextricable. D’ailleurs ce cas n’est pas traité, au cas où il survienne.

Si, innocente ou non, la femme devait être condamnée, ce serait donc à mort par lapidation. Si l’homme devait être condamné, ce serait à une amende, des coups de fouets et l’interdiction de répudiation de l’épouse. Qui est vraiment puni dans ce cas ? Que sera la vie d’une épouse éternelle, prise d’emblée à parti par son « possesseur », humilié, battu, désavoué et taxé à cause (grâce ?) à elle ? Un peu plus d’équité voudrais que la jeune femme soit libérée, voir que l’homme soit taxé et/ou lapidé. A ce stade on peut tout essayer d’imaginer pour rétablir l’équilibre. Mais c’est sans compter, le point de vue macho-métayiste des auteurs de l’époque pour ne pas suggérer que cela provienne de Yehvah, prétendu édicteur de ces commandements. Toujours dans un souci de parité et d’équité, s’il n’existe aucun moyen de vérifier la virginité de l’homme, de quel droit un moyen plus que douteux imposerait de ne vérifier celle de la femme, plaçant la mort à la clef en cas d’infirmation.

Je note aussi ici, car passé sous silence depuis l’apparition du fait, que le peuple est désigné comme bourreau exécutif, sans que l’on lui demande son avis. On peut s’interroger sur la participation d’enfants au caillassages.

Enfin et pour dernière touche sur le sujet, on remarque que le crime concerne au final, l’acte de « prostitution dans la maison de son père ». Cela suggère que le rapport s’est donc passé dans la demeure paternelle de la femme. C’est faux, car la traduction de לִזְנוֹת בֵּית אָבִיהָ – liznot beit aviah, signifie « prostituer la maison de son père ». Ceci doit faire considérer la lignée familiale paternelle entière et son prestige plus que le bâti matériel. C’est donc l’honneur familial, réduit ici à la réputation paternelle (donc toujours masculine), qu’on lave par une exécution atroce d’une enfant et non un crime sexuel qui n’en est pas un. En effet, rien, n’est criminel dans l’acte sexuel, le reproche ne peut concerner, en cas de rapports antérieurs au mariage, non avoués, qu’une simple tentative de tromperie ou un mensonge. Comment faire dans le cas d’une orpheline. La défense est stipulée mise en œuvre par le père et la mère, sans qu’une autre alternative ne soit proposée s’ils avaient disparus. Qu’on l’admette ou pas, c’est bien une lacune juridique de plus, qui peut engendrer des conséquences significatives pour la vie d’une personne.

Dt22.22 – Adultère : mise à mort amère.

« Si un homme est surpris ayant commerce avec une femme mariée, ils mourront tous deux également, l’homme qui a eu commerce avec la femme, ainsi que cette dernière. Et tu feras disparaître ce mal en Israël. »TO

Gardons-nous ici tant d’interpréter, que d’extrapoler, de faire d’abstraction, d’élargir le sens… de la loi yehvahique supérieure et parfaite par définition. Ainsi, cette loi ne peut être et ne doit être tronquée, interprétée ou appliquer avec précision et négligence. Tout cela afin d’en rire un peu plus avant le commentaire dit « utile ».

Je recommande de se préparer psychologiquement à affronter l’affirmation qui va suivre tant sa simplicité la ridiculise apparemment d’elle-même tout lui confèrent un effet miroir, qui éprouve le caractère apparemment si évident de la loi énoncée. J’insiste sur le fait que le seul et unique but ici, est de suggérer un sourire.

La loi stipule très clairement qu’un homme ayant une relation avec une femme mariée, doit être, tout comme elle, mis à mort. Cela inclut-il lui et sa femme ? Il s’agit bien du cas d’un homme qui a une relation avec une femme mariée ! (Sourire ?)

Cette très mièvre remarque ne prélude qu’à l’interrogation sur la formulation. Le statut marital de l’homme n’est pas précisé. Pourquoi la loi n’est pas formulée comme suit : « Si un homme et une femme mariés… » ? La vrai question, qui ne sera jamais ni posée, ni élucidée par la torah : « Si un homme marié … a commerce avec une femme… ». A qui profite ce vide juridique… ?

La loi considère-t-elle le cas d’une femme qui ne révèle pas à son amant qu’elle est mariée ? Enfin, cette loi intègre t’elle des mesures de clémence pour des adultérins, parents d’enfants, ou encore une femme enceinte ? Bien sûr que non ! Une erreur ou un débordement humain est bien plus grave pour ce dieu que la multiplication d’orphelins et la préservation à tout prix de structures sociales basées sur un verrouillage marital aveugle, toutefois très permissif et regorgeant d’échappatoires à de nombreuses autres occasions (outre ce genre de cas), pour les hommes uniquement.

Dt22.23-27 – Viol d’une fiancée : l’approximation législative continue.

« Si une fille vierge est fiancée à quelqu’un, et qu’un homme, la rencontrant dans la ville, cohabite avec elle, vous les conduirez tous deux à la porte de cette même ville et les ferez mourir par lapidation : la jeune fille, par la raison qu’elle n’a pas crié à l’aide, étant en pleine ville ; et l’homme, par la raison qu’il a abusé de la femme d’autrui. Et tu extirperas le mal du milieu de toi. Mais si c’est dans les champs que l’individu a rencontré la jeune fiancée, s’il lui a fait violence en cohabitant avec elle, cet homme qui a cohabité avec elle mourra seul; et à la jeune fille tu ne feras rien: elle n’a rien commis qui mérite la mort. Car, comme si un homme se jetait sur un autre et le tuait traîtreusement, ainsi s’est passée la chose. »TO

Après le cas de la femme mariée, voici, un cas concernant la femme fiancée. Celui de la femme célibataire (vierge) suivra. La traduction édulcore le sens des rapports. « Cohabiter », traduit ici « Violer ». La première partie du texte condamne donc à mort le violeur et sa victime qui n’aurait pas crié. Rappelons que dans le cas d’une condamnation à mort pour un crime donné, la loi a révélé dernièrement, très formellement, qu’il faut deux ou trois témoins oculaires pour condamner à mort. Les circonstances impliquant donc une condamnation à mort sont ici : le viol d’une jeune fiancée silencieuse devant au moins deux témoins. Cela implique qu’aucun recours ou mise en examen n’est possible sans la présence de témoin, que la victime crie ou pas. Qu’en est-il du cas d’un agresseur qui menacerait sa victime, la bâillonnerait, l’assommerait, la droguerait, l’isolerait dans un sous-sol… La jeune fille serait tout autant lapidée. Quant à l’agression en plein champ, la présence d’au moins deux témoins étant plus que contingente, la sécurité d’une jeune fiancée, n’est aucunement garantie. C’est pourquoi, cette loi comme tant d’autres inapplicable est deplus pauvre en potentiel dissuasif. L’auteur aurait pu toute sa psychopathologie et sa capacité à mettre en avant la barbarie de son dieu en lui faisant dire quelque chose comme « Tout violeur subira les pires tourments de l’enfer. Il sera maudit par la divinité dans la vie, et dans la mort, durant laquelle il subira quotidiennement, éternellement et au centuple ce qu’il a fait subir et pire encore. Deplus, pris sur le fait, ses biens lui seront confisqués au profit de la victime, et ses enfants mâles la serviront à vie comme esclaves (du fait que les fils payent pour la faute des pères sur trois ou quatre générations…), et seront castrés afin de ne pas transmettre une perversité héréditaire. Le violeur sera aussi castré. Il sera enchaîné à perpétuité dans une prison de Gomorrhe, où il sera en plus forcé de travailler jusqu’à sa mort pour indemniser sa victime… Puis dieu purifiera la victime et la rendra à nouveau vierge en plus d’être sainte, veillera sur elle le restant de ses jours et bénira toutes ses œuvres et celles de ceux qui l’aimeront… Ainsi parle et procède dieu de morale et de justice, se souciant plus de préserver la valeur morale de qui pécherait par ses actes et l’intégrité des innocents qui pourraient être victimes, plus que faire lapider ceux qui planteraient des arbustes, même près des autels… Et à tout célibataire pervers et défaillant qui songerait à abuser d’un enfant, je recommande l’isolement et la masturbation, et à tout homme marié, je recommande de se vouer à son épouse…». On peut certes imaginer des tentatives encore plus dissuasives et préventives, tout en continuant à s’inspirer partiellement du style de base.

Dt22.28-29 – Viol d’une enfant : appropriation pédophile à moindre frais – confirmation.

Nous trouvons ici des précisions utiles à propos des modalités de « dédommagements » par rapport à la première évocation du cas, faite dans l’Exode : les auteurs ne peuvent plus se défiler tant l’affirmation nouvelle est claire.

◐Dt22.28-29

כִּי-יִמְצָא אִישׁ, נַעֲרָ בְתוּלָה אֲשֶׁר לֹא-אֹרָשָׂה, וּתְפָשָׂהּ, וְשָׁכַב עִמָּהּ; וְנִמְצָאוּ. וְנָתַן הָאִישׁ הַשֹּׁכֵב עִמָּהּ, לַאֲבִי הַנַּעֲרָ–חֲמִשִּׁים כָּסֶף; וְלוֹ-תִהְיֶה לְאִשָּׁה, תַּחַת אֲשֶׁר עִנָּהּ–לֹא-יוּכַל שַׁלְּחָהּ, כָּל-יָמָיו

« [1] Si un homme, rencontrant une fille vierge non fiancée, la surprend et abuse d’elle et qu’ils soient pris sur le fait, l’homme qui a eu commerce avec elle [2] donnera au père de la jeune fille cinquante sicles d’argent, et [3] elle deviendra sa femme, parce qu’il l’a violée ; [!!!]il ne pourra la répudier de sa vie. »TO

◖Ex22.15

וְכִי-יְפַתֶּה אִישׁ, בְּתוּלָה אֲשֶׁר לֹא-אֹרָשָׂה–וְשָׁכַב עִמָּהּ: מָהֹר יִמְהָרֶנָּה לּוֹ, לְאִשָּׁה. וְכִי-יְפַתֶּה אִישׁ, בְּתוּלָה אֲשֶׁר לֹא-אֹרָשָׂה–וְשָׁכַב עִמָּהּ: מָהֹר יִמְהָרֶנָּה לּוֹ, לְאִשָּׁה

« [1] Si un homme séduit une vierge non encore fiancée et cohabite avec elle, [3] il devra l’acquérir pour épouse. [2]Que si son père refuse de la lui accorder, il paiera la somme fixée pour la dot des vierges. »TO

Divergences

[1] – ◐ : L’homme rencontre, surprend, abuse… et ils doivent être « pris sur le fait ». / ◖ : L’homme séduit et cohabite. Les versions divergent. La nouverse semble insister sur l’impératif de flagrant délit, qui seul peut induire la mise enpratique de la loi développée dans son ensemble. Cela signifie, que tant que l’acte n’a pas été surpris, aucune contrainte ne pet être imposée au violeur. En outre, le cas d’une plainte de la victime n’est pas évoqué. Quel que soit le cas, aucune intervention ou désaprobation divine n’est signalée ici, ne serait-ce même qu’une petite désaprobation. Concernant la divination ou autres imbécilités. Rien ne réclamme une « prise sur le fait ». A contrario, seul « l’état de fait » suffit à pourchasser les pratiquants. Pour le cas du viol d’enfant et pour leurs deux évocations, Yehvah semble un spectateur passif et complaisant. [2] – ◐ : Le violeur donne d’emblée au père de la victime, cinquante sicles d’argent. / ◖ : En cas de refus du père d’allouer sa fille comme épouse au violeur, le bourreau doit s’acquitter d’une « dot des vierges ». S’il faut donc comprendre que la dite dot se monte à cinquante sicles d’argent, l’approbation ou non du père est occultée dans la nouverse. [3] – ◐ : la victime devient la femme du violeur du fait du viol. / ◖ : Le violeur doit « acquérir pour épouse » sa victime.  [ !!!] – Tantôt acquise tantôt épouse de facto, le calvaire de la jeune fille ne s’arrête pas là. Le violeur une fois marié à la victime, écopera d’une terrible punition pour son acte : l’interdiction de répudier la jeune fille. Ici encore, qui est puni ? Il est important de noter que le « il ne pourra la répudier de sa vie » est tiré de – kol yamav, « sa vie à lui » et non à elle. Ceci implique qu’il continue à vivre tout bonant mallant et qu’ainsi, aucune autre mise en cause ou sanction. Notons aussi que contrairement à la jeune vierge fiancé, on ne cherche pas à savoir ici, si elle a crié ou pas.

Mouton, y mène pas large… / Mou! Ton hymen pas large.

Dt23.1 – Chasse gardée de l’épouse du père.

« Dt23.1 On ne doit pas épouser la femme de son père, et découvrir ainsi la couche paternelle. »TO

Un commandement sur le sujet peut paraître superflu. S’il est possible pour un homme d’avoir plusieurs épouse, le contraire est loin d’être avéré. Ainsi, comment une femme pourrait être mariée à un père et un fils à la fois, reste un mystère à ce stade. Si le texte avait été précis ou compréhensible, il aurait pu ajouter au sujet de la femme : « … après qu’elle ait divorcé du père ». Dans l’absolu, une femme divorcée est en droit de se marier avec qui bon lui semble. Si un remariage de ce type paraît inusuel, il ne nous appartient de juger des élans de l’amour. A plus forte raison, lorsque, certaines épouses étaient bien plus jeune que le mari et souvent plus jeunes que les enfants du mari. Le commandement retrouve un peu de cohérence si un père de 65 ans divorce d’une épouse de 13 ou 16 ans, pour laquelle s’entiche un garçon de 15 ou 17 ans de cet homme. A priori, l’appartenance au père et l’attachement à une empreinte familiale génératrice d’un retro-inceste de principe, de la femme répudiée, semble tenir à cœur à l’auteur.

Ce dernier petit point, est anecdotique en regard des 3 précédents. Cependant, les 4 derniers passages convergent tous vers l’admission d’un paradigme ahurissant et du reflet de l’état d’esprit archaïque, primitif, malsain et machiste des auteurs.

On s’aperçoit donc que la loi contre l’adultère vise à accabler la femme mariée et son amant, soit, à préserver « le bien » du mari. L’homme, une fois…

La loi contre le viol d’une fiancée vise à accabler une fois sur deux la fiancée et son agresseur, soit, à préserver « le bien » du futur mari. L’homme, deux fois…

La loi contre(?) le viol d’une fillette vise à permettre à un homme l’acquisition d’un « bien » et de devenir (une fois de plus s’en faut) à nouveau mari. L’homme à tout prix…

La loi contre le remariage d’une épouse au sein d’une même filiation vise à entretenir une appartenance maritale et un marquage marital virtuel sur un « bien » acquis. L’homme toujours…

Le mariage est donc préservé, forcé ou nimbé d’appartenance rémanente fantôme, plus que l’intégrité, le droit et la liberté des individus. Il semble qu’aux yeux de l’auteur cette institution soit si chère qu’il en ramène la femme à un utilitaire. Le but sous-jacent et au regard du verset suivant, ne peut en être qu’un objectif de reproduction basé sur la possession de l’objet reproducteur féminin.

« Dt23.2 Celui qui a les génitoires écrasés ou mutilés ne sera pas admis dans l’assemblée du Seigneur(yehvah). »TO

Le « croissez et multipliez » de la Genèse a donc fait des émules.

Je me prends souvent à imaginer ce qu’aurait été ce texte si écrit par des femmes. Si la version sémite et masculine de la torah est dégoutante, la version amazone aurait pu être désopilante : Ève et Adam au jardin d’Éden, la serpentine et le légume interdit… Sarah, Rebecca et Léa les matriarches… Joséphine, la petite dernière de Léa, vendue en Égypte devenant Vizirette de Cléopâtre… Moïsette ou Myriam libératrice de la femme en Égypte… Josuette conquière Canaan… Davida et Salomé reines de Juda… Les psaumes : comptines pour enfants… Les Proverbes : recettes de cuisine… Pour le panthéon, nous aurions eu Yehvahne… les filles de la race divine… les néphilimettes ou les titanettes… Lilith à la place d’Azazel… un âne à la place de l’ânesse de Balaam qui aurait été la Sybille… et j’en passe.

Au-delà, si on considère que l’homme primitif a réussit à imposer son dictat en vertu de sa supériorité physique toute relative et son infinie bêtise, on comprend mieux de craindre l’espèce bovine, bœuf, taureau voire veaux. Ainsi fut-il banni des adorations et représentations et utilisé comme objet de sacrifice. Le rapport homme/ bœuf seront les critères de la puissance physique et de la bêtise, font du genre bovin, une espèce supérieure à l’homme et potentiellement dominante. Le bœuf étant végétarien, il lui aura certainement manqué l’agressivité carnassière humaine à son encontre pour s’imposer. Pour clore, quitte à décevoir les amateurs de science-fiction : « La Planète des Bœufs », ne sera jamais réalisé car, il n’appartient pas au genre : du fait que nous y vivions en tant qu’acteurs principaux, ce ne serait pas de la science-fiction, mais uniquement un drame mettant en scène la triste réalité actuelle, voire, un simple reality show de seconde zone.

Dt23.3 – Enfants illégitimes : exclusion partiale d’innocents.

« Dt23.3 L’enfant illégitime ne sera pas admis dans l’assemblée du Seigneur ; sa dixième génération même ne pourra pas y être admise. »TO

Il s’agit bel et bien d’une injustice cruelle. Un enfant, ne choisi en rien, son statut de légitimité.

D’un point de vue théorique, il s’agit d’un enfant conçu hors mariage. Cela pose un problème à ceux qui considère que l’acte charnel est l’acte d’union. En effet, si l’acte charnel est l’acte d’union, aucun enfant ne peut être illégitime du fait d’avoir été conçu, hors mariage, puisque le premier coït équivaut au mariage, la cérémonie étant le décorum. C’est le cas de la jeune vierge violée qui concevrait au moment du viol, avant d’être mariée de force à son agresseur. Si le viol est l’union, l’enfant est légitime. Le texte à bien précisé : qu’elle devient la femme de l’homme car elle a été violée. L’acte sexuel intrusif scelle le mariage. Comment, après un divorce, le remariage est-il scellé ? Il faut un protocole et une cérémonie… cette cérémonie étant constante, elle doit donc aussi avoir lieu pour une première union. Le cas de la femme violée qui conçoit impose à l’enfant, le statut d’illégitime. Reste les enfants nés d’adultères. Une femme marié qui aurait une relation avec un autre homme et son mari sans être démasquée, pourrait tomber naturellement enceinte. Le mari intégrerait cet enfant comme le sien. Alors un enfant illégitime entrerait malgré la loi dans « l’assemblée du seigneur… ». Pour les cas, ou elle serait démasquée, prise sur le fait ou enceinte alors que son époux n’a pas eu de rapports avec, la loi la condamne à mort. Le tout est de savoir si elle est exécutée prégnante ou post-partum. Exécuté au moment de la grossesse, l’enfant ne naitra pas, et ne sera pas illégitime. Exécutée après la naissance, l’enfant sera orphelin de mère et illégitime. Le plus dramatique est de ne pas savoir exactement si cette loi l’autorise toutefois à être esclave pour « l’assemblé du seigneur ».

Dt23.4-7 – Exclusion et guerre éternelle aux Ammonites et Moabites.

« Dt23.4 Un Ammonite ni un Moabite ne seront admis dans l’assemblée du Seigneur(yehvah) ; même après la dixième génération ils seront exclus de l’assemblée du Seigneur(yehvah), à perpétuité…  »TO.

Notre vieil ami Yehvah décide donc d’exclure pour des raisons qui lui sont propres, dès à présent et à jamais tout ce qui pourrait de près ou de loin, le risque d’union entre un israélite et un moabite ou ammonite. Telle est la loi de Yehvah. Claire, nette, précise et éternellement immuable…

Pourtant, un peu plus tard dans les écris[47], on nous révélera le mariage d’une certaine Ruth, moabite avec d’abord un des fils d’une certaine Noémie, puis ensuite avec son proche parent, un certain Boaz, en vertu de la règle du lévirat. Faut-il ajouter que Ruth ne sera rien moins que l’arrière grand-mère du roi David, intriquée à la lignée de Perets, bâtard, illégitime, fruit de l’union de Jacob et de sa bru, qui s’était prostituée secrètement pour s’unir à lui[48]. Ce point de détail nous renvoi au rejet de l’illégitime, traité juste un temps plus tôt[49]. Car David, et, de facto le reste de sa lignée ne sera que le prolongement d’un enfantement illégitime et de surcroit, incestueux en regard des lois imposé par un Yehvah contradictoire. Il choisira un berger que ses commandements auraient du disqualifier trois fois. Quoi qu’il en soit, revenant à l’interdiction yehvahique de lier à des moabites, ses commandements sont où bafoués ou interprétés et élargis pour bannir le « mâle » moabite, tout en s’octroyant le droit à la femelle. Ces deux dernières considérations apparaissent très conformes à l’espèce de mentalité permissive tribale, clairement affichée et décrite par les auteurs jusqu’alors.

Dt23.8,9 – Acceptation contradictoire des Iduméens et Égyptiens.

Alors que le texte vient d’exclure Ammonites et Moabites pour des raisons revanchardes très relatives et discutables, il enjoint ici à l’intégration d’Iduméens et d’égyptiens.

« Dt23.8 N’aie pas en horreur l’Iduméen, car il est ton frère ; n’aie pas en horreur l’Égyptien, car tu as séjourné dans son pays. 23.9 Les enfants qui naîtront d’eux, dès la troisième génération, pourront être admis dans l’assemblée du Seigneur. »TO

Si on peut saluer ici une certaine propension yehvahesque au pardon et la tolérance, on constate, à bien regarder les évènements décrits, qu’ils recèlent un certain paradoxe, toutefois très cohérent.

Comme nous l’avons vu, les Ammonites et Moabites ont été exclus pour un motif précisé en 23.5 : « 23.5 … parce qu’ils ne vous ont pas offert le pain et l’eau à votre passage, au sortir de l’Égypte, et de plus, parce qu’il a stipendié contre toi Balaam, fils de Beor, de Pethor en Mésopotamie, pour te maudire. ». Ces faits sont conformes au récit. Cependant, il paraît utile de rappeler le contexte dans le quel ils sont survenus. Les madianites seront anéantis sans pitié peu de temps après. Les cananéens d’Arad ont été éradiqués (21.1-3), les amorréens de Si’hon ont été massacrés (21.21-31), les habitants du Bachan et leur roi Og, ont été exterminés (21.33-35).

Le texte explique donc, que : terrifié par la démarche militaire destructrice, aveugle, surnaturelle et inexorable des israélites, Moab chercha un moyen visant à éviter un engagement militaire se terminant de manière aussi funeste que pour les peuplades environnantes. Deplus, face au descriptif d’une destruction surnaturelle, œuvre d’une divinité cruelle et invincible, la recherche d’une parade surnaturelle apparaît cohérente pour le récit et justifiée dans le principe. Si alors, cette tentative de défense préventive moabite, justifie la vindicte et l’exclusion éternelle de la part de Yehvah, la faveur faite aux Iduméens et Égyptiens est pour le moins curieuse. On ne parle plus de refus de pain ni de manœuvre de survie avortée, dans ce cas. Il s’agit de plusieurs siècles d’esclavage impitoyable, de décret d’extermination des nouveaux nés et de tentative de recapture manu militari de la part des égyptiens. Mais encore, de haine fratricide pour une vieille histoire de spoliation familiale entre Ésaü et Jacob qui influencera l’héritage et le devenir de toute la nation d’Édom.

Nonobstant ces griefs majeurs qui auraient pu être plus sérieusement entretenus et prolongés, Yehvah enjoint à l’intégration d’Égyptiens et d’Iduméens, au sein de son peuple qui, jusqu’alors était soumis à des lois raciales protectionnistes sévères. Lois raciales protectionnistes parfaitement incongruentes avec l’abâtardissement de cette populace à ce stade de l’histoire[50]. Deplus, le récit prétend la destruction de l’Égypte moins de 40 ans plus tôt en ayant laissé comprendre une rupture sans concession avec l’identité et la mémoire égyptienne. Il est facile de comprendre que l’auteur qui a jusqu’alors situé son récit fantasmagorique au XIIIe siècle AEC, doit recomposer les propos tenus dans sa rédaction, dans le but de ménager sa crédibilité face à la réelle situation géopolitique de l’époque qui impose le ménagement des sensibilités étatiques régionales. Il nous faut resituer l’authentique situation historique pour mieux comprendre les nouveaux aménagements du rédacteur.

A propos d’Édom: au XIIIe siècle AEC, « L’archéologie prouve simplement qu’aucun roi ne se trouvait à Édom pour affronter les Israélites. »[51], « D’après les sources assyriennes, Édom ne possédait ni Roi, ni état avant la fin du VIIIe siècle av. J.-C. »[52], « Édom n’a atteint une dimension étatique que sous les auspices assyriennes, au VIIe siècle av. J.-C. »[53].

Rappel sur la rédaction : « Bien, entendu des rajouts furent introduits ultérieurement dans le texte final mais, dans l’ensemble, le deutéronome colle étroitement à tout ce que Josias à décidé de promulguer « pour la première fois », à Jérusalem en 622 av. J.-C. »[54].

Rappel sur la domination égyptienne régionale de l’époque et la fin brutale et tragique de Josias : lors de la bataille de Megiddo en 609 AEC, Josias est éliminé par le Pharaon Nékao II, qui transitait par Canaan pour secourir les Assyriens face aux armées babyloniennes.

Loin des grandes prétentions militaires du texte, le roitelet israélite de l’époque, Josias à fini à l’instar d’une mouche sur le pare-brise d’un camion lancé à vive allure : écrasé. On ne saura certainement jamais, si le pharaon de l’époque avait eu vent des inepties et des provocations, proférées dans le récit qui nous nous concerne, et décidé de remettre les pendules à l’heure. En écrasant, au passage, sans autre forme de politesse, Nékao prouva à l’époque autant aux yeux des affabulateurs qu’aux yeux de l’histoire, plusieurs réalités qui enterre la fable toraïque. La puissance militaire égyptienne de l’époque et son influence régionale méritait une considération certaine. Ainsi, lorsque le récit prétend « Nous avons ravagé, pillé et humilié l’Égypte », alors qu’au même moment un des rédacteurs présumé se fait liquider par ces mêmes égyptiens sensé être ruinés, cela prête à sourire doucement. Il devient difficile de distinguer si l’introduction de contre-affirmations comme « nous tolérerons les égyptiens», ont un but d’atténuation ou de rattrapage. Il en va de même pour des injonctions à la tolérance soudaine d’Édom et des Iduméens, qui sont à l’époque de la rédaction, une petite puissance sous égide Assyrienne, rival sérieux et potentiel du non moins petit royaume tribal israélite. Face aux Iduméens de l’époque, l’intérêt israélite penchait certainement plus en faveur d’une conciliation que d’une confrontation, même s’il était convenu d’imposer une propagande locale démagogue et unificatrice au sein de la communauté d’Israël.

Dt23.10 – Moralité hygiénique militaire.

« Dt23.10 Quand tu marcheras en corps d’armée contre tes ennemis, tu devras te garder de toute action mauvaise. 23.11 S’il se trouve dans tes rangs un homme qui ne soit pas pur, par suite d’un accident nocturne, il se retirera du camp, où il ne rentrera pas. 23.12 Aux approches du soir, il se baignera dans l’eau, et, une fois le soleil couché, il rentrera dans le camp. »TO

S’arrêter au premier verset mène à une figuration quelque peu floue de ce que le commandement suggère : comme peut l’être toute injonction du type « Ne fais pas ça ! ». Quant au « ça », nous sommes bien forcé de lui trouver un sens grâce aux versets adjacents qui semblent en rapport. La suite énonce donc le cas d’un homme qui ne serait pas pur à cause d’un accident nocturne. Quel genre d’accidents nocturne peut rendre impur ? Si l’on s’en remet au genre d’actions mauvaises qui rendent impur, selon les lois édictées jusqu’alors, mais qui sont de survenue nocturne, accidentelle et pouvant être évitée, il risque de falloir un minimum de créativité et d’imagination pour envisager un cas réaliste.

Faut pas pousser / Faux pas : pou sait!

D’après les éléments dont nous disposons il ne s’agit pas de la masturbation. La masturbation peut ne pas être que nocturne. On voit mal comment cela peut être accidentel. En général, c’est un acte d’autosatisfaction volontaire et consenti. Certes, on peut considérer que c’est évitable, mais avec deux autres contre-arguments solides en plus d’être évidents, il n’est donc pas nécessaire de s’étendre et de se confronter au point de vue régressiste de quelques attardés qui voudrait imposer que la masturbation soit un acte mauvais qui rende impur. Il faut trouver autre chose…

Cherchons donc, une mauvaise action nocturne évitable qui induirait un accident affectant la pureté. La consommation excessive et nocturne d’alcool étant un acte nuisible en soi, donc, classifiable dans la catégorie des actions mauvaises, que l’on peut éviter grâce à un peu de bonne volonté. Il nous reste à trouver une impureté accidentelle qui en découlerait. Je propose le fait que la perturbation des sens, due à l’alcool ait conduit à la zone d’abattage des cuisines de campagnes et induit une chute malencontreuse sur une carcasse. Une carcasse étant par définition une charogne, qui elle-même communique une « impureté » en cas de contact, nous avons donc rassemblé tous nos éléments. La loi est donc : « Dans un camp militaire, tu ne te saouleras pas à coté des cuisines. ». C’est tout de suite plus clair. On comprend désormais mieux ceux qui affirment que « le texte sans commentaires n’est rien ». Je plussoie cette dernière affirmation. En effet, si un texte n’est ou ne vaut rien sans commentaires, il ne vaudra pas plus avec.

Mon penchant pour la rigueur et l’exactitude exégétique, même dans le cas d’un texte aussi ridicule que celui sur lequel nous nous penchons pousse à avancer dans le récit pour confirmer ou infirmer le sens potentiellement plus étendu ou circonscrit de la loi.

« Dt23.13 Tu réserveras un endroit en dehors du camp, où tu puisses aller à l’écart ; 23.14 tu auras aussi une bêchette dans ton équipement, et quand tu iras t’asseoir à l’écart, tu creuseras la terre avec cet instrument et tu en recouvriras tes déjections. 23.15 Car l’Éternel, ton Dieu, marche au centre de ton camp pour te protéger et pour te livrer tes ennemis : ton camp doit donc être saint. Il ne faut pas que Dieu voie chez toi une chose déshonnête, car il se retirerait d’avec toi. »TO

Le sens des premiers versets trouve ici une perspective nouvelle. Nous pourrions scinder les règles impératives attachées à la vie dans un camp militaire en deux parties. La première enjoint à (pour exemple non exhaustif) : ne pas se saouler la nuit près des cuisines. La seconde enjoint à : se doter d’un matériel permettant d’enterrer ses déjections. Toutefois il apparaît plausible de relier l’ensemble. Cela impose de ré-estimer la teneur de la mauvaise action. Nous avons cité l’ivrognerie. Celle-ci a été évoquée plus tôt, de concert avec la gloutonnerie. Ces deux actions peuvent être considérées comme mauvaise, vaguement dans l’absolu et précisément d’après le texte. Elles méritent toutes deux la mort par lapidation, particulièrement chez les garçons[55]. Ces derniers éléments, permettent donc de réapprécier le sens de la loi. Grâce à l’inclusion du facteur déjectionnel, nous aboutissons à une synthèse plus précise et efficace des paramètres à considérer : nuit… accident… impureté… évitable… mauvais… excrément. En somme, la loi stipule « Dans un camp militaire, ne te goinfre pas de fruits frais ayant un effet laxatif, au repas du soir, afin de ne pas avoir a exonérer sur toi, une diarrhée accidentelle qui te rendrait impur, en cherchant à creuser un trou d’aisance. » Voici donc, qui ne peut que forcer respect et admiration, envers la précision, la pertinence et la propension à la sainteté, imposées par cette torah. Nous avons donc à faire aux principes les plus judicieux du judaïsme qu’il faut qualifier de « judacieux ». Toutefois, malgré leur utilité incontestable, la réalisation semble plutôt controversée et douteuse d’un point de vue strictement pratique et tactique. Un cas concret doit nous permettre de corroborer ces doutes : Massada.

Nous nous situons en 73 EC, un groupe de juifs est encerclée par l’armée romaine. Nous sommes donc en présence d’un camp militaire israélite, deplus retranché et surélevé. D’après ce que la torah nous a permis de comprendre, à partir de la synthèse de tout ou partie de : nuit+accident+impureté+évitable+mauvais+ excrément ; le soldat en poste devait donc franchir un dénivelé brutal de quelques centaines de mètre, puis les postes des légions romaines (Le commandant romain fit d’ailleurs bâtir un mur pour rendre toute tentative d’évasion, plus ardue), puis creuser pour assouvir ses besoins ou s’immerger dans un bain de purification (très courant dans désert…), puis rentrer au camp. Ce genre d’exploit relève soit de la maitrise parfaite des arts avancés du Ninjutsu, soit de la complaisance ou de l’incompétence des légions Romaines. Ce qui peut perturber la considération de la toute puissance militaire israélite décrite par la torah, lorsque l’on connaît l’issue du chantier de Massada, n’est autre que sa chute. Le terme « chantier » est parfaitement choisi. Plus qu’une campagne militaire, les romains ont du mener à Massada, une campagne de génie civil, ou leur seul défi aura été de construire une rampe permettant l’accès à un plateau rocheux. En complément, les légionnaires auront du se prêter à de simples tâches de fossoyage du fait que les occupants de Massada, se soient simplement suicidés. L’honneur et le suicide étant deux notions clairement et explicitement absentes de la torah. Certains osent donc avancer une attitude héroïque des juifs face à l’oppresseur. Si on admet que le suicide plutôt que le combat à mort est héroïque, comment qualifier l’attitude des Spartiates des Thermopiles. On se demande alors ce que serait le monde aujourd’hui, si on avait fait preuve à Bir Hakeim ou à Stalingrad, du même « héroïsme » qu’à Massada. D’ailleurs, le fait de mourir passivement dans un camp, toutes raisons confondues, alors que d’autres se battent, est étonnamment récurent. Comment apprécier objectivement, un suicide collectif au lieu d’un ultime combat par sacrifice ? Courage, héroïsme, lâcheté, folie… ? Plus sérieusement, et pour clore se passage pitoyable : où étaient le dieu tout-puissant conduisant un peuple invincible, qui d’après son récit aura massacrés sans aucune perte des millions d’occupants d’un pays qu’il aurait conquis après avoir ravagé et ruiné en quelque jour, l’Égypte antique ?

Interlude.

A ce stade du récit, si on le confronte à la réalité, on s’aperçoit rapidement que tout ce qui d’essence juive toraïque, posons ici « judaïque », devient une antinomie. Entre ce que prétend le texte et ce que les évènements ont montré, nous n’aboutissons qu’à contre-sens et contre-réalité. Ainsi on pourrait alors faire équivaloir le préfixe anti- au préfixe judéo-. L’honneur judaïque ou le judéo-honneur, devient anti-honneur. L’héroïsme judaïque ou le judéo-héroïsme, devient anti-héroïsme. Le féminisme judaïque ou le judéo- féminisme devient anti-féminisme. L’humanisme judaïque ou le judéo-humanisme devient anti-humanisme.

 Dt23.16-17 – Recueil d’esclaves étrangers à bon compte.

« Dt23.16 Ne livre pas un esclave à son maître, s’il vient se réfugier de chez son maître auprès de toi. 23.17 Laisse-le demeurer chez toi, dans ton pays, en tel lieu qu’il lui plaira, dans telle de tes villes où il se trouvera bien ; ne le moleste point. »TO

D’après ce texte, on comprend du devoir de laisser un esclave venir se réfugier « dans ton pays », qu’il s’agisse d’un esclave issu d’un autre pays, soit d’un esclave étranger. Si l’on ajoute à cela les différentes règles déjà établies au sujet du commerce, du statut et de l’affranchissement des esclaves locaux, on suppose qu’il vaut mieux être un esclave étranger réfugié chez les hébreux, qu’un hébreu parmi les siens, tout en confirmant que le texte, malgré une traduction douteuse fasse définitivement référence à l’étranger.

Dt23.18 – Interdiction de la « prostitution » : pluri-anecdotique.

« Dt23.18 Il ne doit pas y avoir une prostituée parmi les filles d’Israël, ni un prostitué parmi les fils d’Israël. »TO

A voir ce décret, on ne peut que compatir avec les célibataires en manque d’amour de ce pays. La masturbation étant tout aussi considérée, il ne reste donc aux individus que l’abstinence ou le mariage… mais n’est-ce pas là, le but de tels édits ? En outre, j’appelle l’attention sur le fait que de masturbation, les lois toraïque ne considèrent que l’émission séminale produite par auto-stimulation. Nous n’avons donc pas abordé la masturbation féminine. Elle n’a et ne sera jamais évoqué par les auteurs. Doit-on considérer qu’il s’agit d’une faveur faite aux femmes, d’un tabou absolu, d’une négligence voire d’un constat implicite de l’ignorance fâcheuse des méandres et secrets de la féminité par l’auteur ? La réponse reste en suspens.

Pour revenir à notre sujet, l’auteur condamne la prostitution tant féminine que masculine. Si nous avons tendance à ne pas relever toutes les imprécisions traductionnelles, le verset comporte ici une curiosité.

לֹא-תִהְיֶה קְדֵשָׁה, מִבְּנוֹת יִשְׂרָאֵל; וְלֹא-יִהְיֶה קָדֵשׁ, מִבְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Le terme traduit par « prostitué(e)», n’est autre que קָדֵשׁ/ קְדֵשָׁה- qadesh/qdeshah. Cela ne peut qu’interpeler si l’on sait que la racine trilitère ק.ד.ש. – Q.D.Sh., se rapporte au… sacré ! Comme chacun l’aura compris, ma connaissance de l’hébreu autant que celle du français étant limitées, je dois m’en remettre à des références validées. Commençons par un dictionnaire bilingue. Prostitué(e) ? … : יצאנית, פרוצה, זונה – yatsanit, proutsah, zonah… pas de qdeshah en liste… ( !?) Essayons dans l’autre sens. קָדֵשׁ/ קְדֵשָׁה… ? : …hiérodule ! Qu’est-ce donc qu’un/(une) hiérodule ? Il me faut cette fois un dictionnaire ordinaire. Hiérodule… ? : … homme ou femme attaché au service d’un temple. A ce stade, on ne peut que s’interroger sur le fait que le texte original soit tronqué ou encore que la traduction ait déraillé. En effet, l’auteur se mettrait soudain à interdire les serviteurs du temple et les traducteurs à les confondre avec des prostitués ! J’interromps donc, le sketch que j’ai moi-même lancé. קָדֵשׁ/ קְדֵשָׁה- qadesh/qdeshah, ne signifie rien d’autre que « prostitué(e) sacré(e) ».

Ainsi le verset mieux traduit, signifie « Il n’y aura pas de prostituées sacrées des filles d’Israël ; et il n’y aura pas de prostitué sacré des fils d’Israël. »VR Cela n’exclue donc pas la prostitution en général, ainsi que cela sera indirectement confirmé par un verset suivant. Mais cela peut aussi, ne pas interdire la prostitution dite sacrée, pratiquée par des étrangers. Enfin, rappelons que la prostitution familiale, était une pratique chère et constante chez divers patriarches, mettant en scène brus[56] ou matriarches elles-mêmes[57].

Dt23.19 : Offrandes votives : prostituées = chiennes ?

לֹא-תָבִיא אֶתְנַן זוֹנָה וּמְחִיר כֶּלֶב, בֵּית יְהוָה אֱלֹהֶיךָ–לְכָל-נֶדֶר: כִּי תוֹעֲבַת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, גַּם-שְׁנֵיהֶם

« Dt23.19 Tu n’apporteras point dans la maison de l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), comme offrande votive d’aucune sorte, le salaire d’une courtisane ni la chose reçue en échange d’un chien, car l’un et l’autre sont en horreur à l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha). »TO

Le mot choisi ici pour « prostituée » est זוֹנָה – zonah. Il signifie bien prostituée.

Primo, il est bel et bien différent de קְדֵשָׁה – qdeshah utilisé précédemment pour évoquer une prostituée « sacrée ».

Secundo, זוֹנָה – zonah, qualifie UNE prostituée. Contrairement à ce qui a été évoqué pour les hiérodules, on fait ici abstraction, pour ce qui concerne la prostitution commune, d’une implication masculine dans l’activité. Cela tend à souligner ici, un strict point de vue masculin, qui comme nous l’avons compris, est celui des auteurs.

De toutes manières, ce verset confirme l’existence potentielle de prostitués dans l’environnement israélite. Comme vu précédemment, si on fait interdire par Yehvah, la prostitution sacrée aux « enfants d’Israël », la prostitution ordinaire semble donc intégrée. Tellement bien intégrée que, d’après l’auteur, il faut refuser toute obole qui ait pour origine une activité péripatéticienne. Ceci implique donc que ce genre de revenus existent, donc l’activité générant ces revenus existe, donc ces revenus pourraient être affectés à une offrande. Ceci tord le cou à la légende qui dit que pour un juif, « l’argent n’a pas d’odeur » et qu’il n’existe pas « d’argent sale ». Cela reste vrai jusqu’à ce que l’on décide d’affecter des revenus de la traite d’individus (les prostitués) ou celle de certains animaux (les chiens) à des intentions considérées comme sacrées. Encore une fois, la prostitution autant que la vente de chiens sont acceptés. Plus avant, que penser de la mise sur un pied d’égalité, de la valeur du travail d’une prostituée et de celle de la vente d’un chien. Les prostitués ne disposant pas à ma connaissance de syndicats ou d’associations de défense et de protection, à l’instar des chiens et des animaux en général, la contestation ne peut donc ici que provenir des défenseurs des animaux. Ceux-ci pourraient en effet s’insurger de voir une de leurs espèces domestiques favorites comparée à une prostituée. Particulièrement ceux qui comme nos yahwistes, stigmatisent l’activité volontaire ou non, d’une personne, au détriment du fait qu’il s’agisse d’un être humain. C’est ainsi que les religions et les religieux s’octroient le droit de considérer, de juger et d’exclure, avec simplicité et bêtise, en toute bonne conscience. Ainsi va le monde…

Dt23.20-… – Lois en vrac.

La suite continue d’énumérer des commandements relativement sans intérêt législatif majeur, pêle-mêle, sans rapports, transition ni classification, les uns par rapport aux autres.

23.20-21 : Intérêts. Non exigibles de « ton » frère mais seulement de l’étranger.

23.22-24 : Vœux. Obligation de tenir sa parole ou d’éviter de faire des vœux.

23.25-26 : Tâcheron. Droit pour l’employé agricole de consommer le raisin dans la vigne ou de prélever des céréales à la main.

Dt24.1-4 – Divorce et remariage : femme ballottée.

« 24.1 Quand un homme aura pris une femme et cohabité avec elle ; si elle cesse de lui plaire, parce qu’il aura remarqué en elle quelque chose de malséant, il lui écrira un libelle de divorce, le lui mettra en main et la renverra de chez lui. 24.2 Si, sortie de la maison conjugale, elle se remarie et devient l’épouse d’un autre homme, 24.3 et que ce dernier, l’ayant prise en aversion, lui écrive un libelle de divorce, le lui mette en main et la renvoie de chez lui ; ou que ce même homme, qui l’a épousée en dernier lieu, vienne à mourir, 24.4 son premier mari, qui l’a répudiée, ne peut la reprendre une fois qu’elle s’est laissée souiller, car ce serait une abomination devant le Seigneur(yehvah) : or, tu ne dois pas déshonorer le pays que le Seigneur(yehvah), ton Dieu(eloheikha), te donne en héritage. »TO

On peut d’abord remarquer, que si une femme déplaît à son époux, ce dernier a le droit de la renvoyer après remise d’un libellé de divorce. Le cas inverse, ne vient évidemment pas à l’esprit de l’auteur. Si une femme remarque « quelque chose de malséant » chez son mari, quel est son recours ? Deplus, rien ne précise la manière dont il faut définir « malséant », traduit de עֶרְוַת – ‘ervat. Ce terme est présent à cinq autres reprises dans la torah : Gn9.22-23, traduit par « nudité » (de Cham père de Canaan), à trois reprises ; Gn42.9,12, traduit par « coté faible » (de l’Égypte), à deux reprises ; Lv18.7-19 et Lv20.11,17-21, traduit par « nudité » (à ne pas découvrir), à 31 reprises ; Dt23.15, traduit par « déshonnête ». A 34 contre 4 on peut donc affecter le sens « nudité » à עֶרְוַת – ‘ervat. Le premier verset du chapitre devient : « 24.1 … parce qu’il aura trouvé chez elle quelque chose de nudité… »VR. Ceci rend au final, encore plus obscur les motifs réels et pratiques d’une répudiation. Incapables à ce stade d’éclaircir le cas, il nous faut continuer avec résignation. La suite précise qu’en cas de nouvelle union, au cas où, toujours du point de vue unilatéral du mari, celui-ci la haïsse ou meure, on interdit à la femme de retourner chez son premier mari. Quel en est le motif ? « … elle s’est laissée souiller… »TO. Cette femme, objet de seconde main (on se contentera ici, de la main), qui était valable pour un second époux mais plus pour le premier, l’est-elle pour un troisième. D’ailleurs, souillée pour souillée, si le passage dans la couche d’un homme la souille, pourquoi, tant qu’à faire, ne pas la considérer déjà souillée pour le second et in extenso pour d’éventuels suivants. Bien entendu, l’homme, lui, ne se souille pas. Ce qui a bien regarder, est on ne peut plus logique. La femme est souillée… par l’homme. Donc l’homme est souillant car souillé. Ainsi, selon une logique de préservation absolue d’une certaine « pureté », ne faudrait-il pas interdire aux hommes d’avoir des rapports avec les femmes. Mieux encore, il faudrait interdire aux femmes d’avoir des rapports avec des hommes. Mais puisque cette conception et cette considération de l’impureté ne concerne que les israélites : il faudrait donc interdire aux hommes israélites d’avoir un quelconque rapport avec une femme, toutes origines confondues. Enfin, il faudrait interdire aux femmes israélites des rapports avec leurs congénères masculins et ne recommander que d’autres cultures ou ethnies. Je soumettrai à temps perdu, cette solution au rabbinat, et je ne manquerai pas de reporter leur réaction.

Une dernière remarque ici : si on octroie à l’homme le droit de répudier, selon son humeur, ses épouses, qu’en est-il des enfants éventuels ? Si la femme est objet, les enfants ne sont-ils pas des conséquences fâcheuses et hasardeuses de son usage sexuel par les hommes, qu’il faudrait gérer, au moins, comme une excroissance biologique ? Mais même ce statut n’est pas considéré du fait que ni existence, ni intérêt et encore bien moins devenir d’enfants, n’est évoqué. Alors que pour d’autres cultures, les enfants sont le centre et la raison d’être de la famille et de la société, la torah ne défend principalement que les privilèges de ses prêtres et uniquement ce qui justifie leur absolue nécessité, le service à un dieu jaloux et exclusif.

Dt24.5 – Exemption de services en cas de mariage.

« Dt24.5 Si quelqu’un a pris nouvellement femme, il sera dispensé de se rendre à l’armée, et on ne lui imposera aucune corvée : il pourra vaquer librement à son intérieur pendant un an, et rendre heureuse la femme qu’il a épousée. »TO

Les gens riches peuvent donc, selon la considération d’usage décrite jusqu’à présent, faire l’acquisition annuelle d’une épouse. En effet, les épouses semblent plus s’acheter que se conquérir et se faire aimer, conjointement à une polygamie non-limitative : exemption militaire et constitution de harem se combinent à merveille. D’autant plus que rien ne stipule l’annulation de l’exemption de services en cas de répudiation. De ce fait, la seule formalité du mariage suffit à l’exemption sans qu’il soit forcé de faire perdurer cette union de convenance.

Dt24.6 – Meule en gage et valeur d’une vie : comparaison loufoque.

לֹא-יַחֲבֹל רֵחַיִם, וָרָכֶב: כִּי-נֶפֶשׁ, הוּא חֹבֵל

« 24.6 On ne doit pas saisir comme gage une meule inférieure ni une meule courante, car ce serait prendre la vie même en gage. »TO

La valeur d’une vie est donc équivalente à celle d’une meule. Combien vaut une meule ?

Le verset peut ne pas se traduire ainsi, et de loin… en fait, on ne sait pas vraiment traduire ce verset. Une version brute donnerait : « 24.6 non gagera meule et tracteur ; car âme il est gage »VB.

Parmi la multitude de versets intraduisibles traduits malgré tout ou de versets traduisibles, peu ou prou, mal traduits, il faut bien une fois de temps en temps s’arrêter sur d’autres cas que des cas sérieux.

Deux termes posent problèmes ici : רָכֶב – rakhev, « meule inférieure »TO/ « tracteur »VB et חֹבֵל – ‘hovel, « gage ». Aucun contexte ne peut nous orienter car plus que du coq à l’âne, l’auteur passe du mariage à la meule. Les deux termes n’apparaissent qu’une fois dans la torah et seul רָכֶב – rakhev apparaît une seconde fois dans Isaïe 22.7 où il est traduit par « char »TO. Si la vocalisation du Codex de référence cristallise le mot et verrouille son champ de traduction, le retour aux racines trilitères ouvre d’autres perspectives.

ר.כ.ב. chevaucher greffer vacciner composer combiner unir
ח.ב.ל. blesser endommager en gage concevoir enfanter  

Je ne tenterais pas de proposer une autre traduction qui veillerait à fournir un rapport plus cohérent entre quoi que ce soit d’autre qu’une meule et un quelconque et curieux rapport avec l’âme. Je souhaite bon courage à qui s’y risquerait. Pour clore, si on ne peu en aucun cas trouver un sens cohérent au verset, tant en vertu de sa formulation initiale que de sa traduction fantaisiste, il n’en reste pas moins impossible d’en extraire un tout autre sens étendu et encore moins une extension de sens. Cette remarque est valable pour un grand nombre de passages compilés de manière désordonnée.

Dt24.7 – Enlèvement d’un compatriote : sanction radicale décalée.

« Dt24.7 Si un homme est convaincu d’avoir enlevé quelqu’un de ses frères, un des enfants d’Israël, et de l’avoir traité comme esclave ou vendu, ce ravisseur doit mourir ; et tu extirperas ainsi le mal du milieu de toi. »TO

La sanction pour esclavagisme intracommunautaire est ici sans appel. On est en droit de se demander si la peine capitale n’est pas ici illogique est incohérente. Illogique : la réduction en esclavage y compris intracommunautaire est légalisée depuis « Ex21.16 Celui qui aura enlevé un homme et l’aura vendu, si on l’a pris sur le fait, sera mis à mort. »TO, « Ex21.2Si tu achètes un esclave hébreu… »TO.

Certes, la mise à mort du kidnappeur est induite, mais seulement en cas de flagrant délit. En contrepartie, l’asservissement d’un compatriote est bel et bien légal. Le but du commandement serait donc de parer à l’esclavagisme illégal… En outre, le kidnapping pour esclavagiste devrait être plus justement condamné par de la réclusion accompagnée de réparations au nom d’une gradation pénale cohérente. C’est-à-dire que les peines encourues pour homicides directs et indirects ou viol pédophile sembleraient nécessiter plus de sévérité que le kidnapping. Il en est rien. Pour confirmation, de nombreux passages de l’Exode, pour ne citer qu’eux et que ceux se trouvant dans le voisinage des commandements légalisant l’esclavage avère cette distorsion pénale[58],[59],[60],[61],[62].

Dt24.8-9 – Surveillance de la lèpre : renforcement de mandat d’autorité maquillé.

«  Dt24.8 Observe avec un soin extrême et exécute les prescriptions relatives à la lèpre : tout ce que les pontifes, descendants de Lévi, vous enseigneront d’après ce que je leur ai prescrit, vous vous appliquerez à le faire. 24.9 Souviens-toi de ce que l’Éternel, ton Dieu, a fait à Myriam, pendant votre voyage au sortir de l’Égypte. »TO

Premier constat : on rappelle ici que ce sont les prêtres qui orchestrent les décisions relatives à l’affection citée. Ils sont ainsi gestionnaires des prescriptions yehvahiques. Ceci confirme le court-circuit de l’autorité divine et son appropriation par le clergé : fait démontré depuis nombre de chapitre. Pour mémoire, de lèpre, il s’agit ici d’une atteinte superficielle qui peut affecter tant l’épiderme que des parois ou des tissus. Cela fait plutôt songer à une forme multiple de mycoïde, plus qu’à l’authentique lèpre issue de l’infection par Mycobacterium leprae. En dépit d’un préfixe en « myco », la bactérie ne s’attaque pas aux murs et aux vêtements, jusqu’à preuve du contraire, ce qui ferait se retourner Hansen dans sa tombe. Il faut aussi relever qu’un verset enjoint à se rappeler que cette lèpre fut un moyen punitif. Pour le cas, la sanction frappa Myriam (pour insultes raciste à l’encontre de l’épouse de son frère Moïse : Séphora), qui est loin de pouvoir être considérée comme la dernière des paysannes de la nomenklatura : c’est la sœur de Moïse. Donc, tout ceci nous amène à considérer la lèpre comme une punition divine qui peut frapper les plus grands, de facto, les plus petits. Sa gestion appartient aux prêtres. Ce qui implique que les réparations exigibles de la part de l’affecté, dépendent du bon vouloir des lévites. Le tout concédant un moyen supplémentaire d’extorsion et de contrôle des masses par la peur.

Pour réflexion : si une entité métaphysique supérieure décidait de guider et d’éclairer un peuple, qui plus est destiné à être un modèle régnant sur l’humanité ; quel commandement aurait-on pu attendre au sujet de la lèpre ? « Concernant la lèpre, tu t’attacheras à former des chercheurs et médecins spécialistes et compétents, afin d’identifier, de prévenir et de traiter l’affection. Tu t’enjoindras à communiquer ce savoir à tous les peuples de la terre avec altruisme. Ainsi tu assumeras le rôle de peuple émissaire que je t’ai assigné, que tu devras pourtant assumer avec la plus grande humilité… ». Je m’esclaffe donc en relisant ce commandement utopique, très décalé du style et des intentions des auteurs et de ce qu’ils font porter à leur entité divine. Nota : altruisme et humilité n’apparaissent jamais dans la torah…

Dt24.10-22 – Un peu de charité et d’humanisme pêle-mêle.

La fin du chapitre s’attache à citer quelques règles de charité. Il s’agit de ne pas récupérer le gage d’un pauvre avec insistance Dt24.10-11, voire, de lui rendre avant la nuit (Dt24.12-13). Notons que selon le texte, ce gage est une couverture… !? Ne pas nuire au pauvre, au nécessiteux, à l’étranger à la veuve et à l’orphelin(Dt24.14-15,17) et leur oublier les reliquats de diverses récoltes et moissons(Dt24.19-21). Ces injonctions sont citées à deux reprises comme étant en rapport avec le très célèbre « esclavage d’Égypte ».

Viendra s’insérer sans plus de cohérence ni rapport que jusqu’alors, le verset : «Dt24.16 Les pères ne doivent pas être mis à mort pour les enfants, ni les enfants pour les pères : on ne sera mis à mort que pour son propre méfait. »TO. Il pourrait au prime abord sembler contradictoire avec : « Ex20.5 … je suis un dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième générations… »TO. Il ne l’est pas, dans la mesure où la mort d’un enfant pourrait empêcher la prolongation du châtiment transgénérationnel, plus souhaitable et conforme à l’insanité yehvahique.

Dt25.1-3 – Considérations pénales fumeuses et nébuleuses… à flageller.

« Dt25.1 Si un débat s’élève entre des individus, ils se présenteront devant le tribunal et on les jugera ; on déclarera innocent l’innocent, et coupable celui qui a tort. 25.2 Or, si le coupable a mérité la flagellation, le juge le fera coucher par terre et battre, en sa présence, d’un nombre de coups proportionné à son délit. 25.3 Il lui en infligera quarante, sans plus ; autrement, en dépassant ce nombre, on lui infligerait trop de coups, et ton frère serait avili à tes yeux. »TO

Tenons pour rassurant le fait qu’ici, on innocente l’innocent et condamne le coupable, en regard du nombre conséquent de commandements trouvé jusqu’alors innocentant les coupables, voire, les rétribuant. Au-delà, c’est la première et seule fois que l’existence de la flagellation est mentionnée. Elle l’est, deplus, comme si le sujet avait déjà été traité autant que ces modalités traités. Ce n’est, bien sûr, absolument pas le cas. Nul part ne son cités les délits induisant une peine de flagellation et encore moins leurs correspondances et leurs gradations corrélées au méfait à sanctionner. Le tout induit qu’on le veuille ou pas, qu’on laisserait la teneur du code pénal, au bon vouloir des juges. Ceci étant la moins pire des options. Car si les sanctions pénales ne sont pas clairement définis pour chaque type de délits, pas plus que leur sévérité, le tout tirés soudain et au besoin d’un chapeau (en peau de chagrin ?) : les immenses lacunes pénales de la torah sont donc comblées par de l’invention spontanée et de l’improvisation. Vision catastrophique de la justice. En fin de compte, le texte fait bien de limiter la quantité de coups de fouets infligeables, au cas où cette sentence soit prononcée. Il aurait très sincèrement mieux valu spécifier les types de châtiments légaux et les méfaits induisant leur mise en œuvre : on peut toujours rêver.

Le verset suivant, sans rapport aucun, cite : « Dt25.5 Ne muselle point le bœuf pendant qu’il foule le grain. »TO. Si ce verset souligne une fois encore la manière loufoque selon laquelle sont présentées et classées les thématiques de la loi de Yehvah, le tout ne mène qu’ici à songer à un adage de Rabbi Mosheyllehvitz : « Qui vole un œuf se soucie du pâturage ». Commentaire : 1. Qui vole un œuf vole un bœuf – 2. Qui vole un bœuf met un terme à sa pâture. – 3. Une pâture sans bœuf est plus vive. – C. Le voleur protège le pâturage. CQFD. Si je me ridiculise ici, j’affirme ne pas le faire plus que la torah au regard de sa logique législative et thématique. D’ailleurs si on s’enquiert des thèmes cités dans ce chapitre, on trouvera dans l’ordre : 1. Peine de flagellation ; 2. Non-Muselage du bœuf au grain ; 3. Le lévirat et son refus ; 4. Femme attaquant les parties génitales d’un homme[63] ; 5. Justesse des poids et mesures ; 6. Souvenir d’Amalek[64].

De mon point de vue, je considère que les auteurs de la Torah ne sont ni plus ni moins capables que de faire usage d’une rhétorique cadocienne[65]. Ce qui caractérise ce mode d’expression, c’est avant tout qu’il soit incongru, inopiné, hors de propos et d’un niveau qu’on pourrait qualifier de ras de basse cour. Je citerai quelques-unes de ses répliques devenues légendaires : « Vous rendez la poulette, sinon, c’est plus vous qui donnez à manger aux lapins. », « Faut pas respirer de la compote, ça fait tousser. », « Le caca des pigeons, c’est caca. ». Du même acabit, hormis concernant la dernière citation, on aurait très bien pu lui faire dire : « On ne doit pas saisir comme gage une meule inférieure ni une meule courante, car ce serait prendre la vie même en gage. » ou encore, « Ne muselle point le bœuf pendant qu’il foule le grain. ». Mais s’eut été plagier un comique antérieur…

Dt25.5-10 – Lévirat, suite : théâtralisation.

Comme déjà évoqué, le lévirat consiste pour un cadet à épouser la femme de son aîné en cas de décès de ce dernier. La première mention de ladite tradition fut faite lors de l’épisode de Onan[66]. Le passage que nous traitons présente les modalités cérémoniales de refus du lévirat.

« Dt25.5 Si des frères demeurent ensemble et que l’un d’eux vienne à mourir sans postérité, la veuve ne pourra se marier au dehors à un étranger ; c’est son beau-frère qui doit s’unir à elle. Il la prendra donc pour femme, exerçant le lévirat à son égard. 25.6 Et le premier fils qu’elle enfantera sera désigné par le nom du frère mort, afin que ce nom ne périsse pas en Israël. 25.7 Que s’il déplaît à l’homme d’épouser sa belle-sœur, celle-ci montera au tribunal, par-devant les anciens, et dira : “Mon beau-frère refuse de relever en Israël le nom de son frère, il ne veut pas m’accorder le lévirat.” 25.8 Alors les anciens de sa ville le manderont et l’interpelleront ; et lui, debout, dira : “Il ne me plaît point de l’épouser.” 25.9 Et sa belle-sœur s’avancera vers lui à la vue des anciens, lui ôtera sa chaussure du pied, crachera devant lui et dira à haute voix : “Ainsi est traité l’homme qui ne veut pas édifier la maison de son frère !” 25.10 Et la sienne sera surnommée, en Israël, la maison du déchaussé. »TO

Je tiens à faire remarquer, qu’ici, l’auteur défini formules, accessoires et ordre procédurier et rituel encadrant le refus du lévirat, soit d’un mariage de seconde main. Cinq précieux versets consacrés aux modalités de refus d’un mariage, contre, aucun dans tout le livre qui soit consacré aux modalités du mariage lui-même. D’une part on ne pourra plus prétendre qu’il n’y avait pas la place pour parler du mariage. Car si on trouve la place de traiter avec force détails le refus d’un mariage spécifique, comment ne la trouve-t’on pas pour le mariage commun ? De surcroit, le manque de place a déjà été battu en brèche par le constat de révélations inutiles ou de répétitions, d’ailleurs contradictoires, occupant un cinquième bien tassé du volume.

Les deux versets suivants précisent le sort d’une femme qui saisirait un homme ayant rixe avec son époux, par les parties génitales. Les commentaires sur ce passage ont été livré plus avant.[67]

Dt26- – Prémices et dîmes, suite : théâtralisation.

Plusieurs fois déjà, la livraison des prémices aux lévites a été martelée. Cette dernière fois, on y ajoute quelques formules rituelles à la charge du donateur. Le laïus comprend un rappel de l’esclave et de la sortie d’Égypte ayant conduit vers Canaan, suivi de quelques formules d’hommages et de commentaires d’exécution. Trois passages retiendront ici l’attention.

D’abord, « Dt26.5 Et tu diras à haute voix devant l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha) : “Enfant d’Aram, mon père était errant, il descendit en Égypte, y vécut étranger, peu nombreux d’abord, puis y devint une nation considérable, puissante et nombreuse. »TO.  Pris comme telle, la traduction impose une considération particulière des origines des hébreux. On considère, jusqu’à présent que les hébreux sont les dignes descendants d’Eber. Ceci vient d’être contredit par le dernier verset cité. Penchons-nous sur la généalogie révélée par le texte lui-même au chapitre 10 de la Genèse. Un tableau nous fera gagner en clarté.

Noé et descendants / Noé et des sans-dents…

Il devient donc très clair que si Eber suivi d’Abraham sont prétendus ancêtres des hébreux, ils sont sans rapport avec Aram et les araméens. Ceux-ci, constituent une branche latérale qui au mieux, ne peut les faire considérer que comme de lointains cousins, mais en aucun cas des descendants. Revenant au verset, puisque les hébreux ne descendent pas des araméens, et que ces derniers n’ont alors jamais émigré en égypte pour y constituer de nation : vers où l’auteur dérape-t’il encore ? De manière rétrospective, nous trouvons Adam au jardin d’Éden quelque part en Mésopotamie. Noé s’échouera quelque part en Turquie sur le mont Ararat. Après lui, l’ensemble de l’humanité sera regroupé à Babel. Enfin Abraham issu d’Our, toujours en Mésopotamie, aurait fait un détour par l’Aramie, avant de descendre en Égypte. Rien de tout cela ne justifie un lignage araméen. Tout au plus, certes une errance momentanée via le territoire araméen. Le verset et ce qu’il affirme, n’est même pas approximatif, mais contradictoire voire erroné.

Dt27.1-8 – Inscription de la Loi dès l’arrivée en Canaan : étrangetés…

Si le texte est prétendu rédigé par Moïse et dictée par son dieu, la seule formulation cohérente, d’un point de vue strictement théorique devraient être : « Je (Moïse) transmis ce que dieu dit au peuple : tu feras. ». Dans l’optique ou Moïse serait témoin de l’action et prétendu seul rédacteur, on ne devrait trouver : « Il se produisit… il fut… ». Or, ce n’est pas le cas ici, pas plus qu’ailleurs. Le fait de ne le relever que maintenant, est un prélude tardif, au point d’orgue de ces incohérences rédactionnelles, qui émergera plus loin, avec un évènement aussi illogique que célèbre… suspens…

« Dt27.1 Moïse, avec les anciens d’Israël, exhorta le peuple en ces termes : “Observez toute la loi que je vous impose en ce jour. 27.2 Et quand vous serez arrivés au delà du Jourdain, dans le pays que l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), t’accorde, tu érigeras pour toi de grandes pierres, que tu enduiras de chaux ; 27.3 et tu y écriras toutes les paroles de cette doctrine dès que tu auras passé, pour mériter d’entrer dans le pays que l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), te destine, pays ruisselant de lait et de miel, comme te l’a promis le Seigneur(yehvah), le Dieu(elohei-avoteikha) de tes pères. 27.4 Donc, après avoir passé le Jourdain, vous érigerez ces pierres, comme je vous l’ordonne aujourd’hui, sur le mont Hébal, et tu les enduiras de chaux. 27.5 Tu bâtiras au même endroit un autel destiné à l’Éternel, ton Dieu, un autel fait de pierres que le fer n’aura point touchées. 27.6 C’est en pierres intactes que tu bâtiras l’autel de l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha) : là tu offriras des holocaustes en son honneur ; 27.7 tu y feras des sacrifices rémunératoires et tu les y consommeras, et tu te réjouiras en présence de l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha). 27.8 Et tu écriras sur les pierres tout le contenu de cette doctrine, très distinctement.” »TO Tout d’abord on peut relever une certaine pagaille pronominale qui tend à faire s’interroger sur les tenants et aboutissants du message.

Abstraction faite de la stylistique, le sujet est ici, l’érection de monuments : un autel et des pierres inscrites avec pas rien moins que la torah. L’hébreu du texte est très clair : אֶת-כָּל-דִּבְרֵי הַתּוֹרָה הַזֹּאת, et kol divrei hatorah hazot, « tout le contenu de cette doctrine… »TO.

Donc, au sommet du mont « Hébal », עֵיבָל, ‘eyval, point culminant de Samarie à 923m, sont censé se trouver le Mémorial de la Loi d’Israël et l’Autel de Yehvah. Ces deux éléments désignent ainsi clairement cet endroit comme le lieu de culte principal des Yahwiste. Deux problèmes se posent. Le premier est que pas le moindre gravillon d’une construction mégalithique n’a pu être retrouvé sur le sommet désigné. Il faut rappeler que d’autres constructions du même ordre de grandeur et bien plus anciennes sont toujours visibles et quasi intactes, si l’on songe à Stonehenge, par exemple. Le second est que, pour des raisons politiques basées sur les fantasmagoriques monarchies Davidiques et Salomoniques et sur la réalité des monarchies judéennes, l’histoire aura fini par imposer Jérusalem comme lieu de culte central, au détriment et en contradiction avec ce qu’est sensée imposée la loi de Yehvah. Si l’on demande à n’importe quel juif, quel lieu est désigné par la torah comme lieu de culte principal, il répondra Jérusalem. Si on demande ensuite ce qu’est le mont Hébal, une majorité répondra ne pas connaître et le reste se souviendra des leçons de géographie locale en l’identifiant comme une montagne parmi tant d’autres. Ni Jérusalem n’apparaît dans la torah, ni elle n’est citée comme lieu de culte. Cette affirmation détourné sera le fait d’individus influent situés à Jérusalem et décidés pour des raisons pratiques à valider l’endroit car proche de leur établissement de l’époque. Ce sont des textes ultérieurs qui biaiseront la loi initiale et fabriqueront la sainteté et la centralité de la ville du point de vue cultuel. Ce nom n’apparaîtra qu’avec Josué, comme déjà évoqué plus bas[68].

En d’autre termes, rien n’est d’après la stricte torah, ni saint ni consacrés à Jérusalem. Ce nom apparaîtra très ultérieurement. Pourquoi nous acharner encore, je me le demande. D’autant plus que comble du paradoxe, le mont Hébal se trouve aujourd’hui en territoire palestinien occupé.

Ces histoires de montagnes n’en sont pas encore à culminance car leur fulminance est à suivre. Si les deux versets suivants Dt27.10-11 sont une injonction à l’unité et à l’obéissance d’Israël à son dieu, le rôle de montagnes locales n’a pas fini de surprendre comme va le démontrer la suite.

Dt27.12- – Mont béni et mont maudit : contradictions croisées.

« Dt27.12 Voici quelles tribus prendront position sur le mont Garizim, pour la bénédiction à donner au peuple, quand vous aurez passé le Jourdain : Siméon, Lévi et Juda ; Issachar, Joseph et Benjamin. 27.13 Et les suivantes se placeront, pour la malédiction, sur le mont Hébal : Ruben, Gad et Asher ; Zabulon, Dan et Nephtali. 27.14 Les Lévites prendront la parole et diront à haute voix, s’adressant à tout homme en Israël : 27.15 “Maudit… »TO

Le mont Garizim, plus communément appelé Jebel-el-Tor, est une autre montagne situé en territoire occupé, de 855m de haut. Il est affecté aux bénédictions à prononcer par Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Joseph et Benjamin. Logiquement la seconde montagne, ou plutôt, la première citée, le mont Hébal, est affecté, ô surprise, aux malédictions à prononcer par Ruben, Gad, Asher, Zabulon, Dan et Nephtali. En quoi est-ce surprenant ? Ce mont Hébal est tout de même sensé être porteur de pierres inscrites de la Loi, et de l’Autel de Yehvah. C’est pourtant de là que seront prononcées les malédictions. Au sujet de ces malédictions, ce ne sera pas les 6 tribus cités qui les prononceront, mais seulement les lévites (Dt27.14), contrairement à ce qui est annoncé immédiatement avant. Plus rien ne va plus ! Les lévites, seuls, prononcent depuis le mont Garizim, destiné aux bénédictions… des malédictions ! (Dt27.15). Les malédictions sous forme de « Maudit soit… ! Et le peuple dira : Amen ! », énumérées de Dt27.15 à Dt27.26 sont au nombre de 12 : fabriquer des idoles, mépriser ses parents, déplacer la borne de son voisin, égarer l’aveugle, fausser le droit de l’étranger, la veuve ou l’orphelin, coucher aves l’épouse de son père, s’accoupler avec un animal, coucher avec sa sœur, coucher avec sa belle-mère, frapper son voisin en secret, se laisser corrompre pour accuser un innocent, ne pas respecter la Loi.

Le fait que seulement douze malédictions majeures soit prononcées, dont une circonscrivant les autres et les rendant caduques conduit à s’interroger sur la psychologie et les priorités de l’auteur. On le savait psychopathe, mais cette partie tend à définir sa psychopathologie comme post traumatique. La logique aurait voulu qu’a minima, disposant pour une raison obscure d’un nombre limité de malédictions, l’auteur choisisse d’encadrer à nouveau les dix commandements. A défaut, il aurait pu inclure le meurtre, le vol ou la pédophilie. Il n’en est rien. Il faut supposer que son choix n’est pas motivé par le bon sens, la logique ou un quelconque ordre de priorités légales. Ce sont justement ses priorités décalées, dans la plus pure ligne incohérente tracé depuis le début du récit qui devient une manne d’indices révélant le personnage. En vertu des éléments rassemblés posons donc son profil psychologique. L’auteur serait enfant d’une famille nombreuse plusieurs fois recomposée. Son père pourrait être le dirigeant autant que le prêtre d’une communauté semi-nomade de pasteurs. Un de sa fratrie aurait supprimé sournoisement son père, profité des ses épouses et abusé de ses filles. Cet aîné aurait entre autre été malveillant à l’encontre d’autre propriétaires de la communauté et d’étranger. Il devait en outre apprécier les chèvres, mais en aucune manière à un degré culinaire, ou plutôt au niveau de la première partie de ce degré. Ce, en usant et abusant de son autorité et du culte des dieux cananéens locaux. En conflit avec l’aîné, l’auteur se serait vu vendu à une famille notable et exilé. Il sera de retour au pays, libéré, âgé et instruit et se fixera pour but de reprendre le contrôle de la communauté paternelle, une fois l’aîné inhumé, portant avec lui le texte « sacré » empli de préceptes « divins » qu’il a lui-même écrit. Son texte repris, recomposé et complété, donnera une référence composite qui sera reprise par d’autres comme outils de manipulation et de cohésion de masses primitives. Ce profil psychologique succinct et imprécis pourrait être compléter par n’importe quel psychiatre qui aurait suffisamment de temps à perdre pour « écouter » l’ensemble du récit.

Si nous revenons à nos montagnes et au rapport malédictions/bénédictions, il est important de noter qu’en dépit de ce qui est annoncé, aucune bénédiction ne sera évoquée pour équilibrer ledit rapport.

Dt28. – Nouveau rapport de bénédictions malédictions : la dérive continue.

Nous trouvons ici la reprise étoffée, du chapitre 26 du lévitique. Alors que la rédante proposait 10 versets de bénédictions contre 23 de malédictions, la nouverse aligne 14 versets de bénédictions contre 53 de malédiction. Nous passons donc d’un rapport malédiction/bénédiction de 2,3 à 3,8. Au-delà de la différence qui met en défaut la constance et l’exactitude de répétition de la parole yehvahique, la nouverse tend vers l’aggravation. Pour rappel, la reprise ne devrait être qu’une répétition des paroles yehvahiques prononcées au Sinaï, et en aucun cas une variation, une transformation et encore moins un étoffement. A moins que l’on souhaite nous parler du Sinaï comme d’une montagne jumelle, de fusion inter-dimensionnelle de l’espace et du temps, ou encore de l’invention antique de la stéréo. D’après le texte les propos de la nouverse sont ceux de Moïse et des anciens d’Israël(Dt27.1), alors que ceux de la rédante, sont ceux de Moïse dictant les paroles de Yehvah(Lv25.1). Le droit d’altérer les pourtant théoriquement inaltérables paroles divines s’étend et se dilue toujours plus. Avant de procéder à la comparaison directe des modifications, relevons que la rédante ne contient pas un seul dénominatif divin alors que la nouverse en foisonne.

◐Dt28.16-68

« Dt28.16 … tu seras maudit dans la ville, et maudit dans les champs. 28.17 Maudites seront ta corbeille et ta huche. 28.18 Maudits seront le fruit de tes entrailles et le fruit de ton sol, la progéniture de tes taureaux et les portées de tes brebis. 28.19 Maudit seras-tu à ton arrivée, et maudit encore à ton départ ! 28.20 L’Éternel(yehvah) suscitera chez toi le malheur, le désordre et la ruine, dans toute opération où tu mettras la main; tellement que tu seras bientôt anéanti et perdu, pour prix de tes méfaits, pour avoir renoncé à moi. 28.21 L’Éternel(yehvah) attachera à tes flancs la peste, jusqu’à ce qu’elle t’ait consumé de dessus la terre où tu vas entrer pour en prendre possession. 28.22 L’Éternel(yehvah) te frappera de consomption, de fièvre chaude, d’inflammations de toute nature, de marasme et de jaunisse, qui te poursuivront jusqu’à ce que tu succombes. 28.23 Ton ciel, qui s’étend sur ta tête, sera d’airain, et la terre sous tes pieds sera de fer. 28.24 L’Éternel(yehvah) transformera la pluie de ton pays en poussière et en sable, qui descendront sur toi du haut du ciel jusqu’à ce que tu périsses. 28.25 L’Éternel(yehvah) te fera écraser par tes ennemis : si tu marches contre eux par un chemin, par sept chemins tu fuiras devant eux ; et tu seras un objet de stupéfaction pour tous les royaumes de la terre. 28.26 Et ta dépouille servira de pâture aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre, et nul ne les troublera. 28.27 Le Seigneur(yehvah) t’affligera de l’éruption égyptienne, d’hémorroïdes, de gale sèche et humide, dont tu ne pourras guérir. 28.28 Le Seigneur te frappera de vertige et de cécité, et de perturbation morale ; 28.29 et tu iras tâtonnant en plein midi comme fait l’aveugle dans les ténèbres, tu ne mèneras pas à bonne fin tes entreprises, tu seras opprimé et spolié incessamment, sans trouver un défenseur. 28.30 Tu fianceras une femme, et un autre la possédera ; tu bâtiras une maison, et tu ne t’y installeras point ; tu planteras une vigne, et tu n’en auras point la primeur. 28.31 Ton bœuf sera égorgé sous tes yeux, et tu ne mangeras pas de sa chair ; ton âne sera enlevé, toi présent, et ne te sera pas rendu ; tes brebis tomberont au pouvoir de tes ennemis, et nul ne prendra parti pour toi. 28.32 Tes fils et tes filles seront livrés à un peuple étranger, et tes yeux le verront et se consumeront tout le temps à les attendre, mais ta main sera impuissante. 28.33 Le fruit de ton sol, tout ton labeur, sera dévoré par un peuple à toi inconnu ; tu seras en butte à une oppression, à une tyrannie de tous les jours, 28.34 et tu tomberas en démence, au spectacle que verront tes yeux. 28.35 Le Seigneur(yehvah) te frappera d’une éruption maligne sur les genoux, sur les cuisses, d’une éruption incurable, qui gagnera depuis la plante du pied jusqu’au sommet de la tête. 28.36 Le Seigneur(yehvah) te fera passer, toi et le roi que tu te seras donné, chez une nation que tu n’auras jamais connue, toi ni tes pères ; là, tu serviras des dieux étrangers, du bois et de la pierre ! 28.37 Et tu deviendras l’étonnement, puis la fable et la risée de tous les peuples chez lesquels te conduira le Seigneur(yehvah). 28.38 Tu auras confié à ton champ de nombreuses semences ; mince sera ta récolte, car la sauterelle la dévorera. 28.39 Tu planteras des vignes et les cultiveras ; mais tu n’en boiras pas le vin et tu ne l’encaveras point, car elles seront rongées par la chenille. 28.40 Tu posséderas des oliviers sur tout ton territoire ; mais tu ne te parfumeras pas de leur huile, car tes oliviers couleront. 28.41 Tu engendreras des fils et des filles et ils ne seront pas à toi, car ils s’en iront en captivité. 28.42 Tous tes arbres et les produits de ton sol, la courtilière les dévastera. 28.43 L’étranger qui sera chez toi s’élèvera de plus en plus au-dessus de toi, et toi tu descendras de plus en plus. 28.44 C’est lui qui te prêtera, loin que tu puisses lui prêter ; lui, il occupera le premier rang, toi, tu seras au dernier. 28.45 Et toutes ces malédictions doivent se réaliser sur toi, te poursuivre et t’atteindre jusqu’à ta ruine, parce que tu n’auras pas obéi à la voix de l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), en gardant les préceptes et les lois qu’il t’a imposés. 28.46 Elles s’attacheront, comme un stigmate miraculeux, à toi et à ta postérité, indéfiniment. 28.47 Et parce que tu n’auras pas servi l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), avec joie et contentement de cœur, au sein de l’abondance, 28.48 tu serviras tes ennemis, suscités contre toi par l’Éternel(yehvah), en proie à la faim, à la soif, au dénuement, à une pénurie absolue ; et ils te mettront sur le cou un joug de fer, jusqu’à ce qu’ils t’aient anéanti. 28.49 Le Seigneur(yehvah) lancera sur toi une nation lointaine, venue des confins de la terre, rapide comme l’aigle en son vol ; nation dont tu n’entendras point la langue, 28.50 nation inexorable, qui n’aura point de respect pour le vieillard, point de merci pour l’adolescent! 28.51 Elle se repaîtra du fruit de ton bétail et du fruit de ton sol, jusqu’à ce que tu succombes ; elle enlèvera, sans t’en rien laisser, le blé, le vin et l’huile, les produits de tes taureaux et de tes fécondes brebis, jusqu’à ta ruine entière. 28.52 Elle mettra le siège devant toutes tes portes, jusqu’à ce que tombent, dans tout ton pays, ces murailles si hautes et si fortes en qui tu mets ta confiance; oui, elle t’assiégera dans toutes tes villes, dans tout ce pays que l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), t’aura donné. 28.53 Et tu dévoreras le fruit de tes entrailles, la chair de tes fils et de tes filles, ces présents de l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), par suite du siège et de la détresse où t’étreindra ton ennemi. 28.54 L’homme le plus délicat parmi vous et le plus voluptueux verra d’un œil hostile son frère, sa compagne et le reste d’enfants qu’il aura encore, 28.55 ne voulant donner à aucun d’eux de la chair de ses enfants, qu’il mangera faute d’autres ressources; tellement tu seras assiégé et cerné par ton ennemi dans toutes tes villes. 28.56 La plus sensible parmi vous et la plus délicate, si délicate et si sensible qu’elle n’aurait jamais risqué de poser la plante de son pied sur la terre, verra d’un œil hostile l’homme qu’elle serrait dans ses bras, et son fils et sa fille, 28.57 jusqu’au nouveau-né sorti de ses flancs, jusqu’aux jeunes enfants dont elle est la mère, car, dénuée de tout, elle se cachera pour les dévorer! Telle sera la détresse où te réduira ton ennemi, t’assiégeant dans tes murs. 28.58 Oui, si tu n’as soin d’observer toutes les paroles de cette doctrine, écrites dans ce livre ; de révérer ce nom auguste et redoutable: l’ETERNEL(yehvah), ton Dieu(eloheikha), 28.59 l’Éternel(yehvah) donnera une gravité insigne à tes plaies et à celles de ta postérité: plaies intenses et tenaces, maladies cruelles et persistantes. 28.60 Il déchaînera sur toi tous les fléaux de l’Egypte, objets de ta terreur, et ils seront chez toi en permanence. 28.61 Bien d’autres maladies encore, bien d’autres plaies non consignées dans le livre de cette doctrine, le Seigneur les fera surgir contre toi, jusqu’à ce que tu sois exterminé. 28.62 Et vous serez réduits à une poignée d’hommes, après avoir égalé en multitude les étoiles du ciel, parce que tu auras été sourd à la voix de l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha). 28.63 Alors, autant le Seigneur(yehvah) s’était plu à vous combler de ses bienfaits et à vous multiplier, autant il se plaira à consommer votre perte, à vous anéantir ; et vous serez arrachés de ce sol dont vous allez prendre possession. 28.64 Et l’Éternel(yehvah) te dispersera parmi tous les peuples, d’une extrémité de la terre à l’autre ; et là tu serviras des dieux étrangers, jadis inconnus à toi comme à tes pères, faits de bois et de pierre. 28.65 Et parmi ces nations mêmes tu ne trouveras pas de repos, pas un point d’appui pour la plante de ton pied ; là, le Seigneur(yehvah) te donnera un cœur effaré, mettra la défaillance dans tes yeux, l’angoisse dans ton âme, 28.66 et ton existence flottera incertaine devant toi, et tu trembleras nuit et jour, et tu ne croiras pas à ta propre vie! 28.67 Tu diras chaque matin : “Fût-ce encore hier soir !” Chaque soir tu diras :”Fût-ce encore ce matin !” Si horribles seront les transes de ton cœur et le spectacle qui frappera tes yeux. 28.68 Et le Seigneur(yehvah) te fera reprendre, sur des navires, la route de l’Égypte, cette route où je t’avais dit que tu ne repasserais plus; et là vous vous offrirez en vente à vos ennemis comme esclaves et servantes, mais personne ne voudra vous acheter! »TO

◖Lv26.16-38

« Lv26.16 …à mon tour, voici ce que je vous ferai : je susciterai contre vous d’effrayants fléaux, la consomption, la fièvre, qui font languir les yeux et défaillir l’âme ; vous sèmerez en vain votre semence, vos ennemis la consommeront. 26.17 Je dirigerai ma face contre vous, et vous serez abattus devant vos ennemis ; ceux qui vous haïssent vous domineront, et vous fuirez sans qu’on vous poursuive. 26.18 Que si malgré cela vous ne m’obéissez pas encore, je redoublerai jusqu’au septuple le châtiment de vos fautes. 26.19 Je briserai votre arrogante audace, en faisant votre ciel de fer et votre terre d’airain ; 26.20 et vous vous épuiserez en vains efforts, votre terre refusera son tribut, et ses arbres refuseront leurs fruits. 26.21 Si vous agissez hostilement à mon égard, si vous persistez à ne point m’obéir, je vous frapperai de nouvelles plaies, septuples comme vos fautes. 26.22 Je lâcherai sur vous les bêtes sauvages, qui vous priveront de vos enfants, qui extermineront votre bétail, qui vous décimeront vous-mêmes, et vos routes deviendront solitaires. 26.23 Si ces châtiments ne vous ramènent pas à moi et que votre conduite reste hostile à mon égard, 26.24 moi aussi je me conduirai à votre égard avec hostilité, et je vous frapperai, à mon tour, sept fois pour vos péchés. 26.25 Je ferai surgir contre vous le glaive, vengeur des droits de l’Alliance, et vous vous replierez dans vos villes ; puis, j’enverrai la peste au milieu de vous, et vous serez à la merci de l’ennemi, 26.26 tandis que je vous couperai les vivres, de sorte que dix femmes cuiront votre pain dans un même four et vous le rapporteront au poids, et que vous le mangerez sans vous rassasier. 26.27 Si, malgré cela, au lieu de m’obéir, vous vous comportez hostilement avec moi, 26.28 je procéderai à votre égard avec une exaspération d’hostilité, et je vous châtierai, à mon tour, sept fois pour vos péchés. 26.29 Vous dévorerez la chair de vos fils, et la chair de vos filles vous la dévorerez. 26.30 Je détruirai vos hauts-lieux, j’abattrai vos monuments solaires, puis je jetterai vos cadavres sur les cadavres de vos impures idoles ; et mon esprit vous repoussera. 26.31 Je ferai de vos villes des ruines, de vos lieux saints une solitude, et je ne respirerai point vos pieux parfums. 26.32 Puis, moi-même je désolerai cette terre, si bien que vos ennemis, qui l’occuperont, en seront stupéfaits. 26.33 Et vous, je vous disperserai parmi les nations, et je vous poursuivrai l’épée haute ; votre pays restera solitaire, vos villes resteront ruinées. 26.34 Et vous, je vous disperserai parmi les nations, et je vous poursuivrai l’épée haute ; votre pays restera solitaire, vos villes resteront ruinées. 26.35 Alors la terre acquittera la dette de ses chômages, tandis qu’elle restera désolée et que vous vivrez dans le pays de vos ennemis ; alors la terre chômera, et vous fera payer ses chômages. 26.36 Pour ceux qui survivront d’entre vous, je leur mettrai la défaillance au cœur dans les pays de leurs ennemis : poursuivis par le bruit de la feuille qui tombe, ils fuiront comme on fuit devant l’épée, ils tomberont sans qu’on les poursuive, 26.37 et ils trébucheront l’un sur l’autre comme à la vue de l’épée, sans que personne ne les poursuive. Vous ne pourrez vous maintenir devant vos ennemis ; 26.38 vous vous perdrez parmi les nations, et le pays de vos ennemis vous dévorera.»TO

Dt29-30 – Harangue pour la fidélité à Yehvah par Moïse : contradictions.

« Dt29.1 Moïse fit appel à tout Israël, et leur dit : “Vous-mêmes, vous avez vu tout ce que l’Éternel(yehvah) a fait à vos yeux, dans le pays d’Égypte, à Pharaon, à tous ses serviteurs, à son pays entier ; 29.2 ces grandes épreuves dont tes yeux furent témoins, ces signes et ces prodiges extraordinaires. 29.3 Et jusqu’à ce jour, le Seigneur(yehvah) ne vous a pas encore donné un cœur pour sentir, des yeux pour voir, ni des oreilles pour entendre ! 29.4 Je vous ai fait marcher quarante ans dans le désert, vos vêtements ne se sont point usés sur vous, ni la chaussure de vos pieds ne s’est usée. 29.5 Du pain, vous n’en avez pas mangé ; du vin ou autre boisson forte, vous n’en avez pas bu, afin que vous apprissiez que c’est moi, l’Éternel(yehvah), qui suis votre Dieu(eloheikhem) ! »TO

A l’instar de chapitre précédents, rien ne tient debout dans les affirmations faites ici.

Premier verset : Moïse écrit qu’il fait dire à Moïse que tout Israël a vu ce que Yehvah a fait à Pharaon en Égypte. Faux ! Si on considère qu’à ce moment présent de la veille de l’entrée en Canaan, toute la génération du veau d’or et donc de la dite sortie d’Égypte à été éradiquée.

Second et troisième verset : affirmation est faites que les yeux du peuple furent témoins, alors que le verset suivant proclame que le peuple n’avait ni yeux ni oreilles. C’est donc une double contradiction qui éprouve la possibilité qu’à eu un peuple sourd et aveugle, deplus éradiqué, d’être témoin de quoique ce soit.

Quatrième verset : toujours cocasse, on apprend ici que les souliers et vêtement du peuple ne se sont pas usés. Cela suppose aussi que les matériaux vestimentaires aient été indestructible et/ou auto-réparant voire adaptable. De facto le peuple n’avait pas à en fabriquer ou à en changer. Qu’en est-il des phénomènes de croissances du nouveau-né à l’adulte ? Il aura fallu doter les jeune enfants de souliers pour que ceux-ci se régénèrent et s’adaptent ensuite. Soit ; il aura fallu les fabriquer tout de même. Obscur et anecdotique.

Cinquième verset : il est affirmé ici que ni pain ou vin n’ont été consommés durant l’errance. Pourtant, le service du tabernacle durant l’errance, exigeait des quantités astronomiques de pain de vin et de bétail de surcroit. Notons que le texte affirme que Moïse s’adresse au peuple. Le texte cite donc logiquement Yehvah à la troisième personne jusqu’a ce cinquième verset ou la formulation dérape soudain sans crier gare. Moïse affirme : « Dt29.5 … afin que vous apprissiez que c’est moi, l’Éternel(yehvah), qui suis votre Dieu(eloheikhem) ! »TO. Laissons toutefois ce dérapage de plus pour anecdotique.

La suite des chapitres ne concerne que des rappels à la fidélité, des promesses démagogues, des mises en garde et des menaces.

Dt31.1-3 – Crépuscule de Moïse et Aube de Josué.

On trouve ici la passation de pouvoir officielle de Moïse vers Josué. L’ensemble du chapitre s’inscrit dans la dynamique des deux précédents : lourd rabâchage sur les promesses pour forcer la fidélité ou le repentir et les menaces contre l’infidélité.

Concernant la passation, sa déclaration est faite dans les premiers versets du chapitre.

« Dt31.1 Moïse alla ensuite adresser les paroles suivantes à tout Israël, 31.2 leur disant : “J’ai cent vingt ans aujourd’hui, je ne peux plus vous servir de guide ; d’ailleurs, l’Éternel(yehvah), m’a dit : “Tu ne traverseras pas ce Jourdain.” 31.3 L’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), marche lui-même devant toi ; c’est lui qui anéantira ces peuples devant toi pour que tu les dépossèdes. Josué sera ton guide, comme l’Éternel(yehvah) l’a déclaré. »TO

Dt31.9 – Consignation épistolaire de la loi par Moïse : fin et suite !?…

« Dt31.9 Moïse mit par écrit cette doctrine et la confia aux pontifes, descendants de Lévi, chargés de porter l’arche d’alliance du Seigneur(yehvah), et à tous les anciens d’Israël. »TO

Si, selon la propagande rabbinique entendue, ce texte est entièrement de la main de Moïse, il devrait prendre fin ici. En effet, si on stipule dans un texte que l’on termine sa rédaction pour le confier et le mettre dans une boîte, il devient impossible, pratiquement, d’ajouter ou de compléter quoi que ce soit. Pourtant, il reste encore trois chapitres et demi à suivre ! De qui se moque-t’on ?

Au-delà du non sens, deux versets plus éloignés vont compléter cette affirmation et effondrer une idée reçue.

« Dt31.24 Or, lorsque Moïse eut achevé de transcrire les paroles de cette loi sur un livre, jusqu’au bout, 31.25 il ordonna aux Lévites, porteurs de l’arche d’alliance du Seigneur(yehvah), ce qui suit : “Prenez ce livre de la loi et déposez-le à côté de l’arche d’alliance de l’Éternel(yehvah), votre Dieu(eloheikhem); il y restera comme un témoin contre toi. »TO

Ainsi, d’après le texte lui-même, celui-ci devait placer à coté de l’arche et non dedans. On note que la traduction peut être mésinterprétée une fois de plus : « Dt31.26 … il y restera comme témoin contre toi… ». Jusqu’à preuve du contraire, témoigner contre, n’est jamais de bonne augure. Que ce texte puisse servir de témoin à charge contre le peuple qu’il est sensé édifié peut paraître incongru voire étrange. Ce sera pourtant le rôle qu’il doit jouer comme le préciseront des versets suivants. Lapsus révélateur de la traduction même si le texte d’origine affiche un terme qui, même s’il peut être traduit par « contre », doit être pris au sens de « à coté » : לְעֵד, le’ad.

Dt31.10-13 – Lecture périodique de la loi : théorique et caduque.

« Dt31.10 Et Moïse leur ordonna ce qui suit : “A la fin de chaque septième année, à l’époque de l’année de relâche, lors de la fête des tentes, 31.11 alors que tout Israël vient comparaître devant l’Éternel(yehvah), ton Dieu(eloheikha), dans l’endroit qu’il aura élu, tu feras lecture de cette doctrine en présence de tout Israël, qui écoutera attentivement. 31.12 Convoques-y le peuple entier, hommes, femmes et enfants, ainsi que l’étranger qui est dans tes murs, afin qu’ils entendent et s’instruisent, et révèrent l’Éternel(yehvah), votre Dieu(eloheikhem), et s’appliquent à pratiquer toutes les paroles de cette doctrine ; 31.13 et que leurs enfants, qui ne savent pas encore, entendent aussi, et qu’ils apprennent à révérer l’Éternel(yehvah), votre Dieu(eloheikhem), tant que vous vivrez sur le sol pour la possession duquel vous allez passer le Jourdain.” » TO

La loi requière du peuple entier une écoute attentive de toute la loi tous les sept ans. Pour ma part, je n’ai jamais pu constater la mise en application de cette loi dans la pratique. Au mieux, la lecture intégrale de la torah est compléter annuellement par la lecture hebdomadaire de tronçons nommés parashiot. Encore une loi oubliée. Bien sûr, on pourra toujours arguer que le treizième verset, ne valide ce principe qu’au cas où des ressortissants du peuple d’Israël demeurent en Canaan. Il semblerait que des raisons géopolitiques obscures valident actuellement cet état de fait. Cependant, le commandement reste néanmoins oublié. Il semblerait que nos leaders spirituels s’acharnent à encourager des pratiques déformées et loin de leurs sources théoriques, tout autant que des discours xénophobes égocentriques, mégalomanes et démagogues. En vérité, une seule règle s’applique : la loi n’a aucune importance, seul ce qu’on en fait faire importe à ceux qui sont sensés la faire appliquer.

La suite décrit la convocation de Josué en vue de son intronisation en tant que nouveau guide du peuple.

Dt31.14-15 – Convocation de Moïse et Josué : hallucino-genèse.

« Dt31.14 Le Seigneur(yehvah) dit à Moïse: “Voici que tes jours approchent de leur terme. Appelle Josué, et présentez-vous dans la tente d’assignation, pour que je lui donne mes ordres.” Et Moïse alla, avec Josué, se placer dans la tente d’assignation. 31.15 Le Seigneur(yehvah) apparut dans la tente, par une colonne de nuée, et cette colonne de nuée s’arrêta à l’entrée de la tente. »TO

Ici, le rédacteur est dans le même état que les personnages. C’est à dire souffrant de diplopie hallucinogène due à certaines fumigations. Après leur convocation, les deux acolytes sont visités par une colonne de nuée dont on nous dit qu’elle apparaît dans la tente mais s’arrête à l’entrée de cette dernière. Il faudrait savoir… Il semble en fait que l’inhalation de fumée en l’absence de masque à gaz ait fait voir double. La question des influences qui perturbent l’auteur se pose ici : de quels narcotiques abusent-il pour écrire les inepties compilées dans ce récit. C’est sans compter les textes et narrations décalées et délirantes qui vont composé la suite et la fin du texte.

Dt31.16-18 – Funeste prophétie : born to bill*.

« Dt31.16 Le Seigneur(yehvah) dit à Moïse: Tandis que tu reposeras avec tes pères, ce peuple se laissera débaucher par les divinités du pays barbare où il va pénétrer; et il m’abandonnera, et il brisera l’alliance que j’ai conclue avec lui. 31.17 Ce jour-là, ma colère s’enflammera contre lui, je les abandonnerai, je leur déroberai ma face, et il deviendra la pâture de chacun, et nombre de maux et d’angoisses viendront l’assaillir. Alors il se dira : “En vérité, c’est parce que mon Dieu n’est plus au milieu de moi que je suis en butte à ces malheurs.” 31.18 Mais alors même, je persisterai, moi, à dérober ma face, à cause du grave méfait qu’il aura commis en se tournant vers des dieux étrangers. »TO

*Born to bill que je désire traduire pour ma part, d’un point de vue strictement personnel par « né pour trinquer » au sens de payer l’addition, est un jeu de mot tiré de born to kill. Cette inscription rendu célèbre par les soldats américains, arborée sur leurs matériels personnels (souvent ironique et à double sens) signifie donc : né pour tuer. C’est ce que le récit des massacres et des conquêtes fictives du peuple d’Israël aurait pu inspirer jusqu’alors. Proche de la fin du récit, on apprend que malgré toute la fable génocidaire, sanguinaire et criminelle qui la décrit, l’épopée des hébreux, se bornera à être châtiés et à souffrir. En soi, après les atrocités commises, cet état de fait semble être un juste retour des choses. Yehvah serait-il en train de se mettre à pratiquer la justice ?

Les versets signalent purement et simplement que les Israélites sont viscéralement constitués pour fauter par infidélité. Ceci est affirmé comme inexorable et invariable. C’est donc tout aussi inexorable que le châtiment perpétuel que leur dieu se fera un plaisir de leur administrer. Ce point ne peut qu’encourager les criminels et psychopathes qui auraient éprouvé de la sympathie avec le lot de monstruosité que revendique la torah et son dogme depuis le début, à se convertir. Si ceux-ci sont en plus masochistes et désespérés puisque donc condamnés par leur dogme fétiche, à fauter quoi qu’il arrive et à être perpétuellement punis et corrigés. Tout cela, qu’ils se repentissent ou pas : « Dt31.18 Mais alors même, je persisterai, moi, à dérober ma face, à cause du grave méfait qu’il aura commis… »TO

Pour enfoncer le clou, soulignons que les versets 20 et 21 persistent et signent : « Dt31.20 Quand j’aurai introduit ce peuple dans le pays que j’ai promis par serment à ses pères et où ruissellent le lait et le miel ; vivant dans l’abondance et gorgé de délices, il s’adressera à des dieux étrangers, il les servira, me témoignera du mépris et rompra mon alliance. 31.21 Vienne alors la multitude de maux et d’angoisses qui doivent l’atteindre, le présent cantique portera témoignage en face de lui (car la bouche de sa postérité ne l’oubliera point), parce que je sais ce qu’aujourd’hui déjà son penchant le porte à faire, avant même que je l’aie introduit dans la terre par moi promise ! »TO

Le cantique dont il est question apparaît dans un chapitre suivant.

Le Don Juif

Le passage précédent démontre et illustre parfaitement ce que l’on peut qualifier de « don juif ». On connait peut être mieux le dit « don grec ». Ce terme est très employé aux échecs. Il consiste à sacrifier une pièce mineure pour attirer l’adversaire dans un guet-apens ou on pourra lui soustraire une pièce de plus grande valeur. Par exemple : on sacrifie une pièce de valeur 3 pour capturer une pièce de valeur 5 ou 10.

Le don juif est donc bien pire et plus sournois encore. Dans une situation de faiblesse et de désespoir (l’esclavage en Égypte) est fait un apparent cadeau (le don de la torah, présenté comme synonyme de merveilles et de liberté), soit disant consenti mais octroyé de force (les réfractaires sont éliminés) qui en fait un piège est un engagement inextricable conduisant à une perte similaire (l’esclavage et la destruction pour les adhérents, la destruction après esclavage pour les dissidents).

Cette tactique est le maître outil des usuriers. Un contractant en situation précaire se voit forcer d’emprunter pour survivre. Il n’aura ainsi plus d’autre choix que de rembourser à perte ou d’être saisi à perte. Soulignons que depuis fort longtemps, du moins concernant la langue française : juif est synonyme d’usurier.

Les versets finaux du chapitre concernent l’introduction de son cantique par son compositeur. D’un point de vue logique, ce cantique se situe au-delà de la finalisation rédactionnelle de son texte par Moïse. Le cantique

Dt32- Le cantique de Moïse : rabâchage malsain, délire psychédélique et exploit cognitif.

Exploit cognitif : on précise en cours de chapitre : « Dt31.22 Et Moïse écrivit le cantique suivant, ce jour même, et le fit apprendre aux enfants d’Israël. »TO. Si c’est donc la veille de sa mort, il aura rédigé, en plus de toute la torah par deux fois comme vu plus tôt, un cantique de 43 versets et 426 mots (en hébreu), qu’il aura fait apprendre en un jour à plusieurs millions d’individus. Si cela avait été possible s’aurait été un réel exploit, même avec l’un d’un intranet individualisé digne des romans de science fiction. Cela ne reste qu’une divagation de plus de l’auteur.

Délire psychédélique : la teneur du cantique est complètement décalée tant avec la réalité, mais là, rien ne surprend, qu’avec le dogme lui-même.

« Dt32.1 Écoutez, cieux, je vais parler ; et que la terre entende les paroles de ma bouche. »TO

Moïse ne s’adresse ni plus ni moins qu’au ciel et à la terre en les personnifiant. Il n’y a rien de plus contradictoire avec l’interdiction d’idolâtrie et la vénération exclusive pour Yehvah, jusqu’alors défendu farouchement par le dogme.

« Dt32.15 Yechouroun, engraissé, regimbe… »TO

Voici soudain que Moïse rebaptise Israël d’un dénominatif sorti du diable Vauvert. C’est un terme qui fait son apparition sans préalables logiques ni justification aucune. Le légendaire guide déraille de plus en plus. Le terme Yechouroun sera repris en Dt33.5.

« Dt32.40 Oui, j’en lève la main au ciel, j’en atteste mon éternelle existence… »TO

Ce sont là les paroles de Yehvah lui-même, rapportée par Moïse dans son cantique. Son dieu se met soudain à prêter serment en levant la main « au ciel », ou il est naïvement sensé se trouver. Les figurations sont toujours trop humaines pour être honnêtes, ou plutôt, trop humaines pour être divines…

Rabâchage malsain : sans plus le détailler, le thème général ressasse que Yehvah récompense la fidélité par la prospérité et l’infidélité par de multiples châtiments dont l’assujettissement à divers ennemis cruels.

Le texte précise que c’est en compagnie de Josué, ici nommé à nouveau « Hochéa », que Moïse admoneste le peuple. Rien n’est spécifié concernant la puissance de la sonorisation et la taille des haut-parleurs.

Dt32.48- – Moïse reçoit les dernières directives avant de mourir : cynique Yehvah.

 « Dt33.48 L’Éternel(yehvah) parla à Moïse, ce même jour, en ces termes : 33.49 “Monte sur cette cime des Abarîm, sur le mont Nébo, situé dans le pays de Moab en face de Jéricho, et contemple le pays de Canaan, que je donne aux enfants d’Israël en propriété; 33.50 puis meurs sur la montagne où tu vas monter, et rejoins tes pères, de même que ton frère Aaron est mort à Hor-la-Montagne et est allé rejoindre ses pères. 33.51 Parce que vous avez été fautifs envers moi au milieu des enfants d’Israël, à l’occasion des eaux de Meriba à Kadêch, dans le désert de Cîn, en ne me sanctifiant pas au milieu des enfants d’Israël. 33.52 Ce n’est qu’à distance que tu verras le pays : mais tu n’y entreras point, dans ce pays que je donne aux enfants d’Israël.” »TO

La réplique est déjà tenue dans les Nombres[69].

Le chapitre 33 sera consacré aux bénédictions que Moïse adressera aux tribus et au peuple avant de mourir.

34 – Mort de Moïse et conclusion.

« Dt34.1 Moïse se dirigea des plaines de Moab vers le mont Nébo, et monta au sommet du Pisga qui est en face de Jéricho. Et l’Éternel(yehvah) lui fit contempler tout le pays… 34.5 C’est donc là que mourut Moïse, le serviteur de l’Éternel(yehvah), dans le pays de Moab, sur l’ordre du Seigneur. 34.6 Il fut enseveli dans la vallée du pays de Moab qui fait face à Beth-Peor ; mais nul n’a connu sa sépulture jusqu’à ce jour. »TO

Pour anecdote, Moïse meurt sur la montagne, à l’âge de 120 ans(Dt34.7), mais est enseveli dans la vallée : cocasse…

Le deuil du peuple durera 30 jours (Dt34.8), puis Josué prendra le relai(Dt34.9).

Le final est : « Dt34.10 Mais il n’a plus paru, en Israël, un prophète tel que Moïse, avec qui le Seigneur avait communiqué face à face, 34.11 eu égard à tant de signes et de prodiges que le Seigneur lui donna mission d’opérer en Égypte, sur Pharaon, ses serviteurs et son pays entier ; 34.12 ainsi qu’à cette main puissante, et à toutes ces imposantes merveilles, que Moïse accomplit aux yeux de tout Israël. »TO

La chute indique bel et bien, pour ceux qui voudraient croire autre chose ou qui n’auraient pas compris, que cette histoire est celle de Moïse, son dieu, et de son peuple sorti d’Égypte : Israël.


[1] Deux ans : selon Dt2.14-17, nous nous trouvons à 38 ans d’errance sur 40 annoncés. Les faits doivent donc s’accomplir en moins de deux ans pour garder une quelconque cohérence.

[2]  Corse : De l’Arnon au Hermon, 220km pour une bande latérale d’environs 40km soit 8800km². Corse : 8680km².

[3] Nombres 26.51 : « 601730 hommes. »TO. Nombres 26.2 : « depuis l’âge de vingt ans et au-delà… de tous ceux qui sont aptes au service en Israël. »TO

[4] Nb35.10

[5] Nb35.11

[6] 601350 hommes aptes au service sans compter prêtres, femmes, enfants et anciens forcent une estimation comprise entre 3 et 4 millions d’individus.

[7]  7,4 millions d’habitants en 2010. Source : Israel Central Bureau of Statistics.

[8] Cf. Nb25.14.. – Haro sur Madian : un massacre de plus toujours mal justifié.

[9] 601350 hommes aptes au service sans compter prêtres, femmes, enfants et anciens forcent une estimation comprise entre 3 et 4 millions d’individus.

[10] Cf Dt3.4-5 – Confrontation avec Og – partie II : conquête.

[11] Cf Dt7.1 – Populations à chasser : démesure démographique.

[12] Cf. Dt7.6-8 – Rappel de l’élection et de ses motifs.

[13] 3e commandement du décalogue (Ex20.7 ;Dt5.11) : Ne pas invoquer faussement le nom divin.

[14] Nb 33.1-49 – Récapitulatif des étapes franchies par les hébreux : nouveautés géographiques en perspectives.

[15] Nb 20.25-26 : « Prends donc Aaron avec Eléazar, son fils, et fais-les monter sur le mont Hor… alors Aaron rejoindra ses pères et il mourra là. »

[16] NASA : National Aeronautics and Space Administration, L’agence nationale aérospatiale américaine.

[17] 32.199444, 35.272778

[18] 32.234, 35.2733

[19] Nubie : nom antique de la région du sud de l’Égypte et du nord du Soudan.

[20] Abyssinie : nom antique de l’Éthiopie.

[21] Cf. Exode : 11.6-7 – Règles alimentaires : surprenante classification des espèces.

[22] Cf. Génèse : 23.15 – L’achat de la grotte de Makhpelah : transaction fantasmagorique.

[23] Sources : National Insurance Institute of Israel.

[24] IDH : Indice de Développement Humain = Espérance de vie + niveau d’instruction+PIB réel+PIB par habitant.

[25] Sources : PopulationData.net. [En Ligne]. Disponible sur : http://www.populationdata.net/ . (Consulté le 30.11.2011)

[26] Asla : de l’hébreu אסלה – aslah, « chaise percée ».

[27] Cf. Exode 21.2 – Esclave hébreu : paradoxe effarant.

[28] Cf. Lévitique 23.. – Fêtes et folklore.

[29] GANZFRIED, Chlomo. Kitsour Choulkhan Aroukh. Tome I. Paris : Colbo. Chap. 3, §8, p10.

[30] Ibid., Chap. 80, §91, p418.

[31] Ibid., Chap. 84, §19, p433.

[32] Ibid., Chap. 85, §1, p434.

[33] Ibid., Chap. 91, §11, p461.

[34] Kitsour Choulkhan Aroukh. Tome II. Paris : Colbo. Chap. 165, §1, p801.

[35] Cf. Deutéronome 5.9-10 – Statut des offrandes aux prêtres : la petite bête qui grappille et qui grappille…

[36] Cf. Deutéronome 35 – Attributions de villes aux lévites – avantages fonciers de fonction.

[37] Cf. Nombres 35.. – Attributions de villes aux lévites – avantages fonciers de fonction.

[38] Cf. Deutéronome 5.18-24 – Le peuple terrifié délègue Moïse comme unique médiateur.

[39] MARY, Luc. Le mythe de la fin du Monde, éd. Trajectoire, 2009.

[40] Cf. Exode 15.18 – Description de la « terre promise » à Abraham.

[41] Première route pavée romaine : 312AEC, par Appius Claudius Caecus, entre Rome et Capoue.

[42] Cf. Nombres 32.. – Ruben et Gad se détachent : éclatement anticipé de « l’Unité israélite ».

[43] Mont Hermon : 2814m

[44] Kadosh, film-franco-israélien du réalisateur Amos Gitaï, sorti en 1999, traitant de la réalité paradoxale du monde religieux juif.

[45] Phylactères : boitiers contenant des parchemins annotés de passages de la torah, répartis dans un ordre encore controversé à ce jour, qu’on ajuste au front et au bras à l’aide de lanières de cuir noir. Les boîtiers sont généralement aussi en cuir et les parchemins en peau de bête.

[46] Levy and sons swindling tactics handbook : « Manuel de tactiques d’escroqueries de Levy et fils. »

[47] Cf. Livre de Ruth, cinquième volet du recueil des Hagiographes.

[48] Cf. Exode 38.14 – Thamar : doublement veuve et perverse ou « La famille Tuyau de poil – partie 2 ».

[49] Cf. supra 23.3 – Enfants illégitimes : exclusion partiale d’innocents.

[50] Cf. Genèse 30.. – Origine des 12 tribus : lignée hétéroclite, et Exode 2.15 – Moïse réfugié en Madian : la lignée continue à se diluer.

[51] FINKELSTEIN, Israel. SILBERMAN, Neil Asher. « La Bible Dévoilée », p.108.

[52] Ibid., p. 72.

[53] Ibid., p. 113.

[54] Ibid., p. 416.

[55] Cf. Deutéronome 21.18-21 – Fils rebelle : pédagogie du parpaing.

[56] Cf. Genèse 38.14 – Thamar : doublement veuve et perverse ou « La famille Tuyau de poil – partie 2 ».

[57] Cf. Genèse 12.11-15 – Abram et Saraï en Égypte : problème moral.

[58] Ex21.12-13 – Coups et blessures ayant entrainé la mort : amnistie elohimique. 89

[59] Ex21.18-19 – Coups et blessures ayant entraîné une invalidité : amnistie yehvahique ou elohimique. 89

[60] Ex21.20-21 – Agonie provoquée d’esclave : impunité. 89

[61] Ex21.22-24 – Avortement par suite de coups : exempté après amende. 89

[62] Ex22.15 – Viol d’une enfant : appropriation pédophile à moindre frais – prélude. 90

[63] Cf. Dt19.15 – Faux témoins et Talion : la justice par la terreur.

[64] Cf.  Ex17.8 – Amélec : l’ennemi héréditaire.

[65] Rhétorique cadocienne : manière qu’a de s’exprimer le personnage « Cadoc » de la série télévisée Kaamelot®, d’Alexandre Astier.

[66] Gn38.8

[67] Cf. Dt19.15 – Faux témoins et Talion : la justice par la terreur.

[68] Cf Dt12.11,13 -14 – Centralisation du culte : site non désigné.

[69] Nb27.12 – La contemplation de Moïse : comment faire saliver un désireux.

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